En mettant en lumière la continuité des objectifs à travers les financements sous les administrations Trump et Biden, cet article illustre la dialectique hégélienne évoquée par Icaros, dans le domaine des politiques de santé publique. La thèse proposant un gouvernement mondial sous la tutelle de l'OMS pour répondre aux menaces sanitaires, l'antithèse montrant un repli national pour lutter contre des ennemis désignés, la synthèse étant le projet technocratique en cours vers une société de surveillance de type transhumaniste.
Selon Statnews qui a rapporté la nouvelle, les États-Unis s'apprêtent à quitter l'OMS avec une dette de près de 278 millions de dollars de contributions obligatoires impayées. À cela s'ajoutent des promesses de financements volontaires avoisinant 500 millions de dollars pour des programmes spécifiques notamment liés à la réponse aux urgences sanitaires, à la lutte contre la tuberculose et à l'éradication de la polio.
Si une résolution du Congrès américain de 1948 conditionne théoriquement ce retrait au paiement intégral des obligations financières et à un préavis d'un an, l'administration Trump ne montre aucune intention de s'y conformer.
Du côté de l'OMS, les responsables juridiques examinent les marges de manœuvre possibles, sans réelle illusion sur leur capacité à contraindre Washington. Les experts estiment que de toutes façons seul le Congrès pourrait bloquer la procédure, mais le manque de soutien politique à l'OMS au sein de la majorité républicaine rend ce scénario hautement improbable.
Le comité directeur de l'OMS devra fournir un rapport sur les conséquences de ce retrait lors de la prochaine Assemblée générale en mai à Genève.
Toujours dans ce journal, de nombreux critiques s'étonnent à présent du fait que l'administration Biden ait quitté le pouvoir sans non plus avoir réglé la contribution obligatoire états-unienne de 2024, un montant de 130 millions de dollars qui représente 22% du budget de l'OMS « alors même que le retour de Donald Trump et un retrait renouvelé de l'Organisation mondiale de la santé étaient largement anticipés ».
En réalité, il n'y a pas de quoi s'étonner. Comme nous l'avions déjà rapporté il y a près de 2 ans, face à l'éventualité d'un échec du traité pandémie, le gouvernement américain avait déjà préparé un plan B avec une feuille de route. Celle-ci devait permettre aux grands acteurs économiques et industriels de la pandémie de poursuivre leurs projets, en particulier l'innovation technologique par l'IA et la vaccination ARN.
En avril 2024, 6 mois avant les dernières élections, la Maison Blanche avait annoncé un plan quinquennal intitulé « Stratégie de renforcement de la sécurité sanitaire mondiale«, dans lequel les États-Unis comptaient prendre le leadership mondial dans le domaine de la « réponse sanitaire » en concluant des partenariats bilatéraux avec une centaine de pays.
Ce plan B des Américains incluait « des efforts visant à transformer les institutions financières internationales » (encore une confirmation du lien étroit entre « la réponse à la pandémie » et la faillite de l'économie américaine, fort bien expliqué par Catherine Austin Fitts dans le cadre du procès contre Bill Gates et Albert Bourla aux Pays-Bas) et l'accélération de « la fabrication, l'approvisionnement et la livraison » de contre-mesures médicales telles que les vaccins.
En janvier 2025, avec le retour de Trump à la Maison Blanche, le scénario a changé, mais les objectifs de fond sont restés. Trump a annoncé la sortie de l'OMS et le même jour, il s'est engagé à financer le projet Stargate avec 500 millions de dollars, un vaste programme d'innovation centré sur l'IA et les technologies ARNm dans le domaine de la santé.
En somme, les fonds anciennement gérés par l'OMS ont été directement redirigés vers des programmes nationaux, permettant de consolider la position des États-Unis sur le marché de la santé et de poursuivre les projets transhumanistes liés à « la santé par l'IA » avec l'industrie pharmaceutique et la Silicon Valley, sans devoir partager les profits liés à ces nouveaux brevets (le partage des bénéfices liés à l'innovation, entre autres la fabrication accélérée de vaccins ARNm issue du brevetage de nouveaux pathogènes étant l'argument principal de l'échec du traité pandémie).
Un an plus tard, cette trajectoire se confirme. Car, malgré toutes les critiques émises envers les mesures sanitaires et les responsables de l'époque par Robert Kennedy Junior et son entourage, le département de la Santé américain et la FDA ont validé les technologies ARN en remplaçant les autorisations d'urgence pour les nouveaux vaccins par une autorisation officielle de mise sur le marché.
Jim O'Neil, le numéro 2 de la santé après Kennedy, aujourd'hui à la tête des politiques vaccinales au CDC, est un spécialiste du bioterrorisme et des pandémies. C'est un technocrate partisan des idéologies transhumanistes, investisseur de la Silicon Valley et proche de Peter Thiel qui dirige le géant mondial de la surveillance Palantir. Il promet l'innovation par l'IA et l'accélération des technologies innovantes, un projet auquel Kennedy semble forcé d'adhérer.
En somme, si les scénarios diffèrent entre la nécessité d'unir la planète sous la tutelle de l'OMS et du traité pandémie pour lutter contre les virus de pangolin et celle de combattre la Chine ou la Russie et leurs laboratoires bioterroristes, c'est toujours la soupe de la menace, de la surveillance et du contrôle des individus que l'on prépare en brassant des centaines de millions de dollars.
Article avec des scénarios possibles pour le retour des vaccins ARNm:
Senta Depuydt est une journaliste indépendante, titulaire d'un diplôme en communication de l'Université Catholique de Louvain, en Belgique. Elle s'intéresse au domaine de la santé et s'engage pour la protection de l'enfance et la défense des libertés fondamentales. Vous pouvez aussi la suivre sur Lettre de Senta sur Substack.
