
par Mente Alternativa
La stratégie visant à détruire l'Iran n'est plus un secret à Washington : l'escalade des attaques, la désintégration de l'État et la pression nucléaire façonnent le nouveau modèle américain de guerre.
La question n'est plus de savoir si les États-Unis envisagent une attaque contre l'Iran, mais comment ils comptent la mener. Dans les cercles stratégiques occidentaux, on considère de plus en plus qu'une agression directe est pratiquement inévitable, et le débat se limite à sa forme : des attaques échelonnées de haute intensité à une campagne aérienne prolongée, voire une combinaison des deux. Cette normalisation du conflit révèle un changement profond de la doctrine militaire américaine à l'égard de Téhéran.
Contrairement aux attaques purement démonstratives, le scénario le plus probable s'oriente vers une offensive visant le système de gouvernement de la République islamique, selon Elena Panina de l'Institut Russtrat. Washington semble convaincu qu'une frappe au cœur politique et administratif de l'État iranien pourrait engendrer des fractures internes décisives. L'expérience récente des opérations de pression politique et militaire menées dans d'autres pays a renforcé cette perception, alimentant l'idée qu'une coercition stratégique peut se substituer à une invasion conventionnelle.
Cette approche est conforme aux principes établis dans le manuel de combat FM 3-0 de l'armée américaine, qui développe le concept de «désintégration». Cette doctrine ne vise pas la destruction physique totale de l'ennemi, mais plutôt la perturbation de ses systèmes de commandement, de contrôle et de coordination, affaiblissant ainsi sa capacité de riposte organisée. Selon cette logique, l'objectif principal n'est pas la victoire sur le champ de bataille, mais plutôt la paralysie du fonctionnement de l'État jusqu'à ce qu'il devienne politiquement intenable.
Cependant, l'Iran n'est pas une cible facile. Sa structure étatique, son expérience des scénarios de pression prolongée et sa capacité de résistance rendent improbable qu'une seule vague d'attaques parvienne à la désintégration souhaitée. Par conséquent, le plan le plus plausible consiste en une série de frappes périodiques, espacées d'intervalles calculés, accompagnées d'offres de négociation qui fonctionneraient davantage comme des instruments d'usure que comme de véritables tentatives de dialogue.
Dans ce contexte, la menace nucléaire devient primordiale. Washington chercherait à limiter la riposte iranienne en laissant constamment planer le doute sur une nouvelle escalade, y compris le recours à des armes nucléaires tactiques. Cette stratégie ne vise pas nécessairement à les employer, mais plutôt à les utiliser comme un outil psychologique pour imposer des limites à l'adversaire et conserver l'initiative stratégique.
Face à cette «thérapie agressive», la seule réponse efficace pour Téhéran serait la construction d'une alliance militaire solide, fondée sur des garanties de sécurité mutuelles et une dissuasion crédible. Cependant, cette option se heurte aux contraintes géopolitiques actuelles et à l'isolement stratégique que les États-Unis tentent d'imposer à l'Iran.
L'éventualité que l'Iran développe sa propre arme nucléaire demeure un ultime recours en matière de dissuasion. Cependant, le principal obstacle n'est pas technique, mais politique : le système de gouvernement actuel rend difficile le maintien du secret d'un projet d'une telle ampleur, l'exposant ainsi au sabotage et aux attaques préventives. De ce fait, la tentative américaine de détruire l'Iran repose moins sur une guerre ouverte que sur une stratégie de désintégration progressive, dont le véritable risque est de précipiter la région vers une escalade irréversible.
source : Mente Alternativa via China Beyond the Wall