25/02/2026 dedefensa.org  6min #305947

Le 'Ford' encalminé dans des Sargasses fécales

 Bloc-Notes  

• "Sargasses" ? On parle de cette sorte d'algues brunes qui encombre la Mer du même Nord, dans l'Atlantique, au nord des Anrilles jusqu'à entraver la navigation. • Ce n'est pas de ces sargasses-là qu'on parle à propos du porte-avions USS 'Gerald R. ? Ford' dont les égouts et les toilettes sont bouchées et ont nécessité une escale d'urgence en Grèce. • Ce géant des mers et marque de la puissance navale s'avère aussi fragile qu'une demoiselle et dépendant aussi bien des aventures technologiques quedes lassitudes humaines. • L'hégémonie US est épuisée..

Le 'Ford' bloqué dans la merde de technologies avancées. Il faut prendre au mot près cette observation un peu leste. En 1945, au large d'Okinawa, les porte-avions de l'US Navy devaient se battre contre les plus puissantes attaques des Kamikaze japonais de la guerre. En 2026, le USS 'Gerakd R. Ford', le plus puissant porte-avions de la flotte (100 000 tonnes) doit se battre contre  un encombrement massif des conduits d'évacuation des égouts et des toilettes conduisant à des débordements tout aussi massifs d'eaux souillées dans les coursives. Littéralement, le 'Ford' pue.

Les Kamikaze sont remplacés par les excréments ("merde" dans le langage courant). Pourtant le système d'évacuation est d'une technologie hyper-sophistiquée, adaptée des systèmes développsé pour les paquebots de croisière hyper-luxueux...  Que d'hypers" dans tout cela !

"Le porte-avions américain USS 'Gerald R. Ford', deuxième appareil déployé au Moyen-Orient en vue d'une éventuelle mission contre l'Iran, serait confronté à d'importants problèmes d'assainissement.

"Environ 4 000 membres d'équipage stationnés à bord font face à une pénurie de toilettes et à des systèmes d'égouts obstrués..."

Conséquence : s'ils souffrent moins pour leurs vies que les marins de la IIème Flotte au large d'Okinawa en 1945, les marins du 'Ford' subissent une pression peu glorieuse qui ajoute la honte du dérisoire que leur offrent la modernité technologique et la piètre folie des guerres de la " politiqueSystème" au malaise bien réel des besoins naturels et quotidiens. Écoutons-les avec compassion, et jusqu'au moindre détail :

"Les marins de l'USS Gerald R. Ford, qui se mobilise en vue d'une possible opération contre l'Iran, doivent attendre jusqu'à 45 minutes pour accéder aux sanitaires.

" Le manque de toilettes et les problèmes d'égouts signalés ont aggravé les difficultés rencontrées par le personnel à bord, tandis que les préparatifs se poursuivent.

"Initialement intégré à un dispositif naval plus large soutenant les actions américaines en Amérique latine, notamment les frappes ayant contribué à la capture de l'ancien président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier, le porte-avions a vu son déploiement en mer se prolonger bien au-delà du cycle habituel de six mois. En temps de paix, un déploiement sur porte-avions dure généralement six mois, mais l'équipage est désormais en mer depuis au moins huit mois et la mission pourrait s'étendre jusqu'à onze mois, selon un contre-amiral de l'US Navy à la retraite.

" Ce déploiement prolongé a mis à rude épreuve les marins et les systèmes du porte-avions. Avec un équipage d'environ 4 600 personnes, le système d'évacuation des eaux usées par aspiration, adapté des technologies utilisées sur les navires de croisière, a subi des pannes répétées tout au long de cette mission.

"Des rapports indiquent que le système de collecte, de stockage et de transfert par aspiration (VCHT) se bouche fréquemment, obligeant les équipes de maintenance à travailler de longues heures pour le remettre en service. Les pannes ont été fréquentes : un courriel du service technique a recensé 205 demandes de maintenance sur une période de quatre jours, et le navire a fait appel à une assistance extérieure à plusieurs reprises.

" Le problème sous-jacent est lié à la conception du système. Initialement signalés par le Government Accountability Office (GAO) comme étant sous-dimensionnés et mal adaptés aux besoins d'un équipage de porte-avions, les étroits tuyaux du VCHT sont sujets à des obstructions dues à divers matériaux. Ces pannes répétées ont engendré des difficultés opérationnelles et un inconfort pour les marins."

Les chefs de l'US Navy et leurs services de relations publiques ont précisé que ces problèmes n'affectaient absolument pas les capacités opérationnelles du porte-avions et de de son groupe d'attaqua. Cela a été dit après que la Navy ait tenté pendant 24 heures de dissimuler la cause du retard pris par le porte-avions et son escale inattendue en Grèce, - pas exactement le chemin de l'Iran, - en arguant que cette cause était couverte par le"secret militaire". Les marins, affectés de pressions intestinales répondant à la dépression des sanitaires, n'ont pas le moral, et leur mission avec...

"Certains marins font état d'une frustration croissante, exacerbée par la durée du déploiement et l'éloignement de leurs familles et de leurs habitudes quotidiennes.

"La situation à bord de l'USS Gerald R. Ford met en évidence les difficultés liées au maintien de missions de projection de puissance prolongées en mer, même pour des navires technologiquement avancés, et souligne la pression que les déploiements de longue durée peuvent exercer sur le personnel et les systèmes essentiels du navire."

Le glas de l'US Navy

Peut-être l'IA va-t-elle être chargée de cette question délicate : comment réduire le volume de matières fécales et autres merdes en temps prolongé de crises enchaînées les unes aux autres. Il faut reconnaître qu'il serait tentant d'ironiser sur cette étrange et odoriférante aventure de l'hyperpuissance-bouffe qui éclabousse l'hégémon dans un imbroglio digne des pieds-nickelés. Ajoutera-t-on que peu de temps auparavant le 'Ford' avait heurté sans le faire exprès un navire de commerce qu'il n'avait pas vu, du haut de son pont d'envol ? On n'ajoutera pas...

Il paraît que le mot d'ordre qui circule dans l'équipage épuisé et violemment agressé dans ses tripes résume assez bien sa situation psychologique : "Téhéran n'est pas Caracas" et personne n'a jamais fait l'hypothèse que le Venezuela disposait de missiles hypersoniques, au contraire de l'Iran. C'est dire et mesurer le degré de préparation au combat qui habite leurs esprits, et par conséquent leur efficacité dans la tâche difficile de faire fonctionner une masse pareille, bourrée de technologies d'une incroyable fragilité et de moins en moins fiables, à mesure de l'effondrement du technologisme.

Sans trop sourire, il faut comprendre que cette mission contre l'Iran, qui se complique affreusement des affrontements et des haines contradictoires qui, couronnées par un roi fou, déchirent Washington D.C. - prend une allure crépusculaire. Certains en concluent que cette mission, - qui s'avère de plus en plus ratée avant, non seulement d'avoir commencé mais d'avoir été décidée, - pourrait bien constituer le glas fatal des grands porte-avions d'attaque qui sont les rois des mers depuis 1942-1943 ; un glas qui sonnerait tragiquement, - cette fois, il ne s'agit plus d'une  tragédie-bouffe, - pour l'US Navy qui fonde toute sa puissance globale sur les sept mers depuis trois-quarts de siècle sur cette sorte d'unité... Et, partant de l'US Navy qui maintient une hégémonie de puissance essentielle, un glas crépusculaire pour la puissance générale des États-Unis.

Mis en ligne le 25 février 2026 à 17H15

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