
Par Larry Johnson, le 2 mars 2026
La frappe israélo-américaine de samedi a tué l'ayatollah Khamenei alors qu'il se trouvait en réunion avec des officiers supérieurs de l'armée iranienne. Cette frappe était-elle un heureux hasard ou s'agissait-il d'un dispositif délibérément planifié ? Les États-Unis ont-ils envoyé un message à Khamenei pour lui proposer une rencontre afin de discuter d'une proposition américaine en vue de la réunion prévue lundi à Genève, désormais annulée ? Quelle que soit la raison qui a rassemblé ces hauts responsables iraniens, cette frappe a été une victoire à la Pyrrhus pour l'Occident et ses maîtres sionistes. L'assassinat de Khamenei n'a pas incité les opposants iraniens à la République islamique à envahir les rues de Téhéran pour exiger le renversement des mollahs. Non, c'est plutôt l'attaque qui a rallié le peuple iranien au soutien sans réserve au maintien au pouvoir des mollahs.
Selon les déclarations publiques de Donald Trump, celui-ci s'enorgueillit des succès militaires américains dans l'élimination d'Iraniens. Cependant, de nouveaux rapports suggèrent que Trump est pris de panique et cherche un moyen de déclarer la victoire et de mettre fin à la guerre. Il aurait demandé à l'Italie de servir de médiateur pour proposer un cessez-le-feu immédiat à l'Iran, à la suite des récentes frappes militaires américano-israéliennes contre des cibles iraniennes (y compris l'assassinat du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, fin février 2026).
Selon plusieurs médias, les responsables américains, par l'intermédiaire de la médiation italienne (impliquant probablement le gouvernement ou les réseaux de la Première ministre Giorgia Meloni), auraient proposé un cessez-le-feu immédiat afin de désamorcer les tensions et de permettre un retour éventuel aux négociations. Cette initiative est une tentative de conclure rapidement la campagne militaire, dont les objectifs clés ont été atteints (comme affaiblir le leadership et le potentiel de l'adversaire).
Bien tenté, Donald... Vous avez perdu le peu de crédibilité qui vous reste. L'Iran a répondu aux États-Unis d'aller se faire voir. L'assassinat de l'ayatollah Khomeini par les États-Unis et Israël a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Selon moi, ils n'ont aucun intérêt à conclure un cessez-le-feu. Les Iraniens savent qu'ils sont en position de force pour affaiblir les États-Unis et Israël, en leur faisant perdre leurs systèmes militaires de défense et en contraignant les États-Unis à une retraite humiliante.
Si les États-Unis étaient vraiment sur le point de remporter une victoire majeure sur l'Iran susceptible de provoquer un changement de régime à Téhéran, pensez-vous que Donald Trump envisagerait un cessez-le-feu et un retour aux négociations ? Certainement pas. Trump a commis une erreur stratégique majeure en cédant aux pressions d'Israël et en tentant de provoquer un changement de régime en tuant le père spirituel de l'Iran, ainsi que plus de 100 écolières.
Base militaire américaine à Erbil en Irak...La Base n'existe plus.
Bien que l'Iran subisse d'importantes pertes, il inflige également des dommages considérables, voire supérieurs, à Israël et aux États-Unis. Outre la destruction des infrastructures militaires américaines aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, au Bahreïn et en Arabie saoudite, le blocus du détroit d'Ormuz par l'Iran va porter un coup important à l'ordre financier occidental. L'Iran dispose d'énormes réserves de missiles balistiques et de croisière, et sera en mesure de mener une campagne d'usure contre Israël et les États-Unis pendant au moins deux mois. C'est pourquoi Trump cherche désespérément à obtenir un cessez-le-feu et à "remettre le dentifrice dans le tube". Mais l'Iran s'en moque.
Les États-Unis et Israël vont probablement supplier l'Iran de mettre fin à ses tirs de missiles d'ici le 15 mars. La mort de Khamenei a éliminé un modéré de la chaîne de commandement iranienne. L'accord conclu le 25 juin 2025 par les autorités iraniennes pour mettre fin aux tirs de missiles contre Israël avait reçu la bénédiction de l'ayatollah. De nombreux dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) s'y étaient opposés, mais ils ont respecté la décision de Khamenei. Aujourd'hui, ils ont été vengés. Les États-Unis ne sont pas un partenaire de négociation crédible ou fiable. D'après moi, la campagne ne prendra fin que lorsque Israël acceptera de retirer son armée de Gaza et de Cisjordanie. Sinon, l'Iran continuera à détruire les infrastructures économiques, scientifiques et militaires d'Israël. Et enfin, toutes les sanctions économiques contre l'Iran devront être levées.
Les promesses électorales de Trump de 2024 en faveur de la paix le hanteront jusqu'à la fin de son mandat. Beaucoup de ses partisans MAGA ne lui pardonneront pas cette trahison. Au cours de sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump a maintes fois souligné son opposition aux "guerres sans fin" (également appelées "guerres éternelles" ou "guerres permanentes") et s'est présenté comme le candidat capable d'éviter de nouveaux engagements militaires à l'étranger, pour se consacrer aux priorités de l'"America First" et à la paix par la force.
Au cours de la campagne de 2024, il s'est souvent opposé à son adversaire démocrate, Kamala Harris, qu'il a qualifiée de "candidate des guerres sans fin", se présentant lui-même comme le "candidat de la paix". Il a vanté son bilan en matière de politique étrangère, affirmant avoir été, pendant son premier mandat, "le premier président de l'ère moderne à ne pas avoir déclenché de nouvelles guerres". Il a réitéré cette affirmation lors de la Convention nationale républicaine (RNC) en juillet 2024, où il a déclaré que sa politique étrangère "apportera la stabilité au monde". Lors de divers rassemblements, notamment lors des primaires de l'Iowa en janvier 2024, il a promis de "tourner définitivement la page de ces jours insensés et stupides de guerres sans fin" et a critiqué les administrations précédentes pour les conflits prolongés qui ont épuisé les ressources des États-Unis. Il a répété une phrase devenue son credo : "Je ne déclencherai pas de guerre. Je vais mettre fin aux guerres". Cette phrase est apparue dans de multiples contextes, notamment dans ses discours de victoire et ses attaques contre ses adversaires. Dans son discours après sa victoire électorale en novembre 2024, il a réitéré : "Je ne déclencherai pas de guerre. Je vais mettre fin aux guerres", soulignant ainsi la nécessité de réorienter les ressources vers les enjeux intérieurs plutôt que vers les conflits extérieurs.
Trump a trahi celles et ceux qui, comme moi, ont naïvement cru à ses mensonges. Il a déclenché une guerre que les États-Unis ne peuvent pas gagner. Au fur et à mesure que les corps des Américains tués dans cette guerre inutile et illégale seront rapatriés à Dover, dans le Delaware, sa popularité va s'effondrer. Je m'attends même à ce qu'il soit destitué et condamné avant la fin de son mandat. Il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même. Il aurait pu conclure un accord avec l'Iran garantissant que ce pays ne se doterait pas d'armes nucléaires. Mais il a choisi la guerre, et elle pèsera lourd sur son mandat désastreux.
Traduit par Spirit of Free Speech