03/03/2026 reseauinternational.net  4min #306517

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

Trump a pris ses alliés au dépourvu en frappant l'Iran

par Philippe Rosenthal

Les Européens admettent leur impuissance à arrêter le locataire de la Maison-Blanche dans ses plans guerriers au Moyen-Orient. Une division est manifeste parmi les alliés européens des États-Unis. Certains ont soutenu Trump, tandis que d'autres l'ont condamné.

En Europe, où les attitudes envers la République islamique d'Iran et envers Trump sont presque aussi complexes l'une que l'autre, les réactions à l'opération américaine sur l'Iran sont également mitigées. Certains condamnent les États-Unis, tandis que d'autres les soutiennent. Le président finlandais, Alexander Stubb, par exemple,  a accusé Trump de violer le droit international. Il  a souligné que de telles opérations devraient être menées avec l'aval de l'ONU ou, à tout le moins, avec l'accord des alliés de l'Amérique.

La ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braže, au contraire,  a soutenu Trump. "Le monde ne versera aucune larme sur la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, assoiffé de sang", a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

Les principaux alliés européens de l'OTAN ont adopté une position prudente, mais globalement pro-américaine, sur la guerre au Moyen-Orient. Une déclaration commune de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France appelle à la "reprise des négociations". Emmanuel Macron  a assuré que "n'a été ni prévenue, ni impliquée". Puis, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon,  a déclaré : "Le Mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités et est responsable de la mort de milliers de civils. On ne peut que se satisfaire de sa disparition". Et, la France  se dit prête à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie.

Au final, Paris, Berlin et Londres  sont prêts à des "actions défensives" pour "détruire" les capacités militaires de l'Iran. Le soutien de la France à Israël est totalement visible.

Toutefois, ce communiqué s'adresse uniquement aux autorités iraniennes. Il condamne les frappes iraniennes contre des pays du Moyen-Orient. Il souligne également que l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France ne participent pas aux frappes américaines et israéliennes, tout en maintenant des contacts étroits avec ces pays, ainsi qu'avec d'autres partenaires de la région. Il convient de noter que ce communiqué a été publié le 28 février, avant le tir d'un missile iranien sur Chypre, État membre de l'UE qui abrite également une base militaire britannique. Cet incident influencera vraisemblablement les discussions lors de la réunion des commissaires européens à la sécurité, qui se tiendra prochainement.

Trump a pris ses alliés au dépourvu en frappant l'Iran, car la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne sont focalisés sur l'aide militaire totale à l'Ukraine, ce qui est mis en danger en raison de la nouvelle intervention de Trump en Iran pour soutenir Israël. C'est que le président ukrainien s'est dit " préoccupé" d'un manque à venir de munitions pour ses systèmes de défense aérienne en Ukraine en cas de prolongation de la guerre au Moyen-Orient. La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions sur le conflit ukrainien et sur la position de l'UE dans l'aide à Kiev.

Pour les États-Unis, Israël passe avant l'Ukraine. Zelensky a également déclaré qu'il espérait toujours la tenue de pourparlers Ukraine-Russie-États-Unis entre le 5 et 8 mars, en dépit de la guerre au Moyen-Orient. Mais ces discussions ne sont pas une priorité pour Trump. En outre, la guerre entre l'Iran et Israël menace directement les capacités industrielles de l'UE. Observateur Continental  a fait savoir que "le gaz européen s'envole de 40% après l'arrêt de la production de GNL par QatarEnergy" en raison d'un bombardement iranien.

source :  Observateur Continental

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