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 Après une salve de roquettes du Hezbollah, Israël s'acharne sur le Liban (Vidéos)

04/03/2026 ismfrance.org  6min #306588

 Après une salve de roquettes du Hezbollah, Israël s'acharne sur le Liban (Vidéos)

Jour 4 : Israël bombarde le Liban, les autorités ordonnent à l'armée de ne pas riposter

Al Akhbar, 3 mars 2026.- La confrontation s'est intensifiée mardi, de nouveaux développements sur le terrain soulignant le risque d'une escalade plus importante. Un char Merkava israélien a progressé de Tal al-Mahafir vers la ville de Rubb Thalathin, près d'Adaisseh, au Sud-Liban. La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a déclaré que ses Casques bleus avaient observé des soldats israéliens franchir la frontière libanaise près de Markaba, Al Adeisseh, Kfar Kela et Ramyah avant de repartir au sud de la Ligne bleue. La FINUL a ajouté qu'elle restait en contact permanent avec les parties libanaise et israélienne, ainsi qu'avec le Comité du mécanisme, afin de contenir l'escalade.

Le Hezbollah a annoncé avoir bombardé l'avant-poste de Ma'ayan Baruch, en Haute Galilée [nord d'Israël], à l'aide d'une salve de roquettes, en réponse à la poursuite des avancées et des bombardements israéliens.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des avions israéliens ont ciblé des installations médiatiques et de communication affiliées au Hezbollah, notamment des stations de télévision et de radio dans la banlieue sud de Beyrouth, après avoir visé les réseaux économiques du Hezbollah. En frappant hier les institutions financières de la résistance, en particulier les succursales d'Al Qard Al Hasan à travers le pays, Israël cherche à affaiblir la capacité de la résistance à soutenir les civils déplacés et à accroître les pressions internes.

La résistance a repris les hostilités après près d'un an et demi de politique de retenue. Pendant cette période, les attaques israéliennes se sont poursuivies sur le territoire libanais par voie terrestre, maritime et aérienne. Environ 500 personnes ont été tuées, les violations quotidiennes se sont poursuivies et les forces israéliennes se sont massivement massées le long de la frontière. Le silence et la soumission "diplomatiques" de l'État libanais n'ont fait qu'engendrer davantage de destructions et de violations du cessez-le-feu.

Lors de la réunion d'urgence du Conseil des ministres qui s'est tenue hier à Baabda, la classe dirigeante libanaise a durci le ton contre le Hezbollah, et non contre Israël. Le gouvernement a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah. Cette décision a été présentée comme une affirmation de l'autorité exclusive de l'État sur les armes, malgré sa soumission aux pressions extérieures et à l'agenda US-israélien. Cette réunion, qui a duré cinq heures, a été la plus tendue depuis la formation du gouvernement. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont maintenu une position commune : les actions militaires du Hezbollah risquent d'entraîner le Liban dans une guerre dévastatrice.

Aoun est même allé jusqu'à ordonner à l'armée d'éviter tout engagement en cas d'incursion israélienne.

Les ministres du Hezbollah, Rakan Nassereddine et Mohammad Haidar, ont imputé l'entière responsabilité de l'escalade à Israël. Ils ont affirmé que les tirs de roquettes vers Israël étaient une riposte directe aux attaques israéliennes répétées. Nassereddine a remis en question l'efficacité de quinze mois de diplomatie. Le Hezbollah avait cédé la zone située au sud du fleuve Litani, y compris ses infrastructures, et s'était abstenu de riposter aux attaques. Malgré cela, les violations israéliennes n'ont pas cessé. Au contraire, la concentration des troupes le long de la frontière s'est accrue.

Des tensions sont apparues entre le Premier ministre Salam et le commandant de l'armée, le général Rodolphe Haykal. Ce dernier a souligné que tout plan de sécurité exigeait coordination et réalisme. L'armée est déployée sur de multiples fronts avec des ressources limitées. Le chef d'état-major a mis en garde contre le risque d'entraîner les soldats dans une confrontation qui pourrait fracturer l'institution militaire et déstabiliser le pays. Mais Salam a maintenu sa position et a insisté sur le fait que la décision du gouvernement devait être appliquée par tous les moyens disponibles. Les désaccords se sont étendus au positionnement des troupes dans le cadre du mécanisme existant.

Beyrouth bombardée par l'aviation israélienne, 2 mars 2026.  VIDEO

Au sein du gouvernement, les représentants du mouvement Amal n'ont pas bloqué la décision, malgré les tentatives d'en atténuer le sens. Le fossé entre les alliés, Amal et le Hezbollah, était donc très marqué.

Par ailleurs, après la diffusion de rumeurs concernant un éventuel ciblage le visant, le député Mohammad Raad a réagi publiquement. Il a déclaré qu'il n'y avait aucune justification à s'en prendre aux citoyens libanais qui rejettent l'occupation, alors que l'État ne parvient pas à mettre fin aux agressions israéliennes répétées. "Les actions du Hezbollah témoignent de son refus de se soumettre et de considérer un accord avec Israël comme la seule voie vers la sécurité", a déclaré Raad dans un communiqué.

Du côté israélien, les préparatifs d'une offensive dans le nord sont en cours depuis des mois. Le cabinet de sécurité avait déjà évoqué une opération parallèle contre le Hezbollah, avant même l'éclatement du front iranien. Un plan, définissant une nouvelle zone cible, avait d'ailleurs été élaboré en début d'année. Sa mise en œuvre a été retardée par la guerre avec l'Iran. Environ 110.000 réservistes ont été mobilisés, dont une grande partie déployée sur le front nord face au Liban et à la Syrie. Deux divisions sont positionnées le long de la frontière.

Les évaluations militaires israéliennes indiquent qu'elles se disent confiantes dans leur capacité à mener une opération terrestre rapide pour s'emparer de toute la frontière. Une telle opération impliquerait la destruction des zones résidentielles restantes dans les villages de la ligne de front et l'empêchement du retour des habitants, le tout combiné à une présence militaire permanente. Les ordres d'évacuation émis pour 53 villes du sud confortent ce scénario. Selon les estimations israéliennes, l'arsenal du Hezbollah comprend environ 25.000 roquettes, 1.000 drones et 3.000 combattants d'élite Radwan. Toutes les options restent envisagées, y compris une invasion terrestre. Le chef d'état-major, Eyal Zamir, a déclaré que la guerre ne prendra pas fin tant que la menace du Hezbollah ne sera pas éradiquée du Liban et a confirmé que les opérations sont entrées dans une phase offensive, en prévision de combats prolongés.

Au niveau régional, la crise s'aggrave. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a averti que les risques de prolifération nucléaire augmentent et pourraient devenir incontrôlables.

Parallèlement, le Croissant-Rouge iranien a fait état de 787 morts suite à l'agression israélo-américaine contre l'Iran, soulignant le lourd bilan humain de l'extension du conflit.

Ali Larijani a déclaré que les négociations avec Washington sont terminées. Benjamin Netanyahu a affirmé que la guerre prendra du temps. Donald Trump a averti Téhéran que d'autres "surprises" sont à prévoir et a indiqué que les pertes US dans la région vont augmenter. Les ambassades US dans plusieurs capitales arabes ont exhorté leurs ressortissants à quitter le pays et ont suspendu leurs activités à Riyad et à Amman.

Beyrouth est officiellement entrée en guerre lundi.

Article original en anglais sur  Al Akhbar / Traduction MR

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