
par Pierre Duval
Ce ne sont pas seulement les pays du Moyen-Orient qui sont touchés par des bombardements avec la guerre d'Israël contre l'Iran, mais aussi le sol de l'Union européenne. Et les décideurs politiques de l'UE sont en train de s'engager dans une nouvelle guerre en parallèle de celle qui se déroule en Ukraine.
Contrairement à l'attaque menée par les États-Unis contre le Venezuela, l'Iran est un os dans la gorge de Trump. Suite au décès du Guide suprême Ali Khamenei, les dirigeants iraniens ont mobilisé tous les moyens à leur disposition pour riposter. L'attaque a ciblé non seulement les monarchies du Golfe, considérées comme des havres de paix au Moyen-Orient, mais aussi les alliés européens des États-Unis. Le calcul est que le coût politique d'une campagne militaire prolongée sera trop élevé pour Donald Trump qui finira par annuler l'opération militaire, même si, comme le rapporte Observateur Continental, les États-Unis déclarent être officiellement prêts à mener une opération militaire plus longue contre l'Iran.
C'est encore une fois l'UE et la France qui se retrouvent engagées dans cette guerre. Les populations de la France et des autres pays de l'UE, comme l'Allemagne, sont les victimes des guerres soutenues par leurs responsables politiques : la guerre en Ukraine contre la Russie, la guerre d'Israël contre l'Iran.
Cet engrenage au Moyen-Orient vient de commencer avec la France qui a décidé d'envoyer des forces militaires à Chypre. " La France va envoyer des systèmes de défense et une frégate à Chypre", continue Observateur Continental. C'est que l'Iran a bombardé le sol de l'UE. Ainsi, la France va déployer à Chypre des systèmes antimissiles et antidrones ainsi qu'une frégate afin de renforcer ses capacités de défense. L'Allemagne, par son chancelier allemand, elle aussi, décide de soutenir Israël : "Merz réaffirme l'engagement de l'Allemagne envers la sécurité d'Israël".
Chypre n'est cependant pas un État régional comme les autres. Membre de l'Union européenne, elle en assure la présidence tournante pour les six mois à venir. Chypre abrite une base britannique et est membre de l'OTAN. Des frappes iraniennes ont perturbé une réunion des commissaires européens prévue les 2 et 3 mars à Nicosie, consacrée à l'élargissement de l'UE. En attaquant Chypre, l'Iran défie tous les alliés européens de Washington, malgré leurs efforts pour éviter une confrontation armée.
"Le Conseil des affaires générales à Nicosie a été annulé - un timing malheureux pour le ministre allemand Gunther Krichbaum, qui était déjà arrivé", rapporte Euractiv.
Chypre a pris la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne le 1er janvier 2026 pour un mandat de six mois, succédant au Danemark. Le bombardement iranien brise la routine de la machine de l'UE.
"Aujourd'hui, avec les missiles qui tombent sur les bases britanniques souveraines qui [se trouvent à Chypre, la présidence chypriote] est vraiment confrontée à une situation difficile", avertit Euractiv qui souligne : "En raison de la menace iranienne, quatre avions de combat F-16 grecs sont arrivés à Chypre et deux frégates grecques sont attendues prochainement".
Klaus Welle, un initié de longue date à Bruxelles qui conseille désormais le commissaire à la Défense Andrius Kubilius, a déclaré : "Chypre montre que tout le monde peut être touché, pas seulement les pays de l'Est". Le Conseil informel de la culture prévu jeudi à Nicosie a également été reporté après que des bombardements en Iran ont perturbé les vols vers Chypre. Les réunions de la présidence se dérouleront en ligne ou seront reprogrammées. En plus, le site d'information européen spécialisé dans les politiques de l'UE signale : "La France est confrontée au plus grand défi logistique, avec plus de 400.000 ressortissants dans la région. La plupart des gouvernements de l'UE exhortent leurs citoyens à rester sur place tout en donnant la priorité aux cas urgents".
Observateur Continental note que "Trump a pris ses alliés au dépourvu en frappant l'Iran" et que, dans un premier temps, "les principaux alliés européens de l'OTAN ont adopté une position prudente, mais globalement pro-américaine, sur la guerre au Moyen-Orient". Une déclaration commune de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la France appelle à la "reprise des négociations". D'une position prudente à engagée contre l'Iran, la France a fait le pas en quelques heures : la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a déclaré : "Le Mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités et est responsable de la mort de milliers de civils. On ne peut que se satisfaire de sa disparition".
Et, la France se dit prête à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie. Ainsi, la France est aussi entrée en guerre contre l'Iran. Au-delà de la France, c'est l'UE qui lance une guerre contre l'Iran, comme si la guerre en Ukraine n'était pas assez.
Le 1er mars, après qu'un missile iranien a frôlé Chypre et qu'un drone a attaqué la base navale française d'Abou Dhabi, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont publié une nouvelle déclaration : "La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se disent prêts à des actions défensives pour détruire les capacités militaires de l'Iran".
Cette déclaration laisse entendre qu'ils sont prêts à attaquer l'Iran. Comme l'indique clairement le communiqué, les trois pays n'hésiteront pas à recourir à des "actions défensives nécessaires et proportionnées face aux ripostes iraniennes afin de détruire à la source les capacités militaires de Téhéran". En clair, l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran pourrait se transformer dans les prochains jours en une opération conjointe OTAN-Israël. Les dirigeants iraniens démontrent désormais qu'ils n'ont plus rien à perdre. L'administration Trump, quant à elle, affiche la même détermination à se battre jusqu'au bout.
source : Observateur Continental