06/03/2026 dedefensa.org  13min #306892

 Quand l'Apocalypse s'invite dans l'armée américaine : « Trump avait été oint par Jésus pour allumer le feu du signal en Iran afin de provoquer l'Armageddon »

A la recherche de la Fin des Temps

 Bloc-Notes  

• Outre d'être terrible et monstrueuse, cette guerre lancée contre l'Iran est une étrange aventure. • Décidément, il est fort possible qu'elle marque la fin de l'épopée américaniste, exactement comme l'avait craint Abraham Lincoln (dont le porte-avions du même nom est dans l'expédition). • Une nouvelle dimension est en train de s'affirmer, qui lie les deux pays aventuriers : la dimension religieuse, entre juifs sionistes et chrétiens "dispensationalistes évangélistes". • Cette dimension nouvelle rend la GrandeCrise encore plus complexe.

Il y a donc une nouvelle dimension à l'œuvre, dans la guerre contre l'Iran comme dans la crise américano-sioniste, - autre moyen, mais justifié plus qu'aucun autre, de relier les deux pays qui attaquent l'Iran. Il s'agit de la dimension du fanatisme religieux dont il apparaît qu'il ne se trouve pas seulement dans la direction israélienne, mais aussi dans la direction américaniste : les juifs sionistes et les chrétiens "dispensationalistes évangélistes".

Nous en disions un mot  avant-hier et nous y étendions un peu  plus longtemps hier :

"Pour entendre ce que Carlson, visiblement remué après son interview de l'ambassadeur US à Jerusalem Mike Huckabee lui assurant qu'Israël avait le droit de mener les guerres qu'il mène selon le traité de stratégie nommé"la Bible", a à dire sur cet aspect de la guerre, voyez son podcast ' Religious War'. Et sachez également, en consultant ce segment de la chaîne TYT ('The Young Turks'), que l'on trouve dans les rangs et sur les plus hauts échelons de l'U.S. Army et des autres armes, d'éminents"dispensationalistes évangélistes"."

Sorte de "chrétiens sionistes" ?

Aujourd'hui, nous découvrons un podcast de Pascal Lottaz, professeur de sciences politiques, de nationalité suisse et détaché à l'Université"de Tokyo. Sa chaîne 'Neutrality Studies' (Français) est à l'image de l'homme : sérieuse, mesurée, se gardant des emportements que l'on trouve chez certains, figurant une bonne référence dans la presse alternative, excellemment placée dans le peloton des commentateurs antiSystème qu'il est nécessaire de consulter régulièrement pour disposer d'une immunité également sérieuse, plus que le Covid, par rapport au piètre simulacre de la presseSystème et des autorités installées dans les positions de direction dans l'Occident-compulsif.

Dans sa dernière édition de ce 6 mars 2026 ,"C'est une guerre sacrée", Lottaz s'intéresse à cet aspect du conflit, à cette résurgence du courant des"chrétiens sionistes", - ou des"talibans occidentaux", si l'on veut, - qui embrassent les mêmes projets radicaux et eschatologiques que les juifs sionistes.

"... Nous devons parler d'un problème peut-être encore plus grave avec la guerre en Iran que ce que nous pensions au départ. Alors que nous discutions tous des raisons de cette guerre, qu'il s'agisse d'un changement de régime, de freiner le programme nucléaire ou si le programme nucléaire n'est qu'un prétexte pour un changement de régime. La plupart d'entre nous pensent désormais que le véritable objectif de cette tragédie est bien le changement de régime.

"Mais il est en réalité possible que ce soit encore une ruse destinée à dissimuler une situation plus inquiétante. Que les personnes menant cette guerre du côté américain soient des théologiens religieux, des fanatiques., en somme la version chrétienne occidentale des Talibans qui considèrent ce conflit comme une guerre sainte et pas au sens rhétorique, métaphorique ou figuré mais bien littéralement, notamment parce qu'ils ont tué l'Ayatollah Khamenei qui était bien sûr le chef de l'islam chiite."

Le Secrétaire à la Guerre et sa guerre

Lottaz cite documentaire de Tucker Carlson (' Religious War') qui commence à constituer une référence de base à cette nouvelle approche de la guerre en Iran. Avec son aide ou par ses propres recherches, il désigne et cite des personnages importants de l'administration Trump, développant publiquement des discours emphatiques qui n'auraient pas intéressé grand monde s'ils étaient restés dans leurs positions originelles, mais qui changent évidemment l'éclairage de la situation lorsqu'on les découvre dans les positions où ils se trouvent.

Carlson cite notamment l'actuel secrétaire à la guerre de Trump, Pete Hegseth. Justement Hegseth vient de faire une communication remarquée à Washington (ce matin pour nous). Hegseth tient de très nombreuses "conférences de presse" pour la presse accréditée depuis le début de la guerre. Il part chaque jour au quart de tour pour évoquer les lendemains qui chantent de sa guerre, et l'intervention d'hier a évidemment fortement renforcé Lottaz dans ses craintes :

"L'ampleur des bombardements sur l'Iran et surtout Téhéran est massive et comme vous pouvez le voir, c'est en plein centre-ville. Manifestement, non seulement ils acceptent qu'il y ait des victimes civiles, mais ils visent en réalité les civils. Et le secrétaire à la défense, pardon, le secrétaire à la guerre, défend tout cela avec les mots suivants. Je vous montre cela simplement pour souligner l'état d'esprit de ces gens. Ensuite, nous reviendrons à l'aspect religieux de la question. Mais écoutez simplement comment il justifie cela ce matin.

" "Mettre fin et neutraliser leurs dirigeants et leurs chefs militaires. Survoler Téhéran. Survoler l'Iran, survoler leur capitale. Survoler les forces des gardiens de la révolution. Les dirigeants iraniens levant les yeux et ne voyant que la puissance aérienne américaine et israélienne chaque minute de chaque jour jusqu'à ce que nous décidions que c'est terminé et l'Iran ne pourra rien y faire. Des B-2, des B-52, des B-1, des drones 'Predator', des chasseurs contrôlant le ciel, choisissant leurs cibles, la mort et la destruction venues du ciel toute la journée.

" "Nous jouons pour gagner. Nos combattants disposent d'une autorité maximale accordée personnellement par le président et par moi-même. Nos règle d'engagement sont audacieuses, précises et conçues pour libérer la puissance américaine, non pour la restreindre. Il n'a jamais été question d'un combat équitable et ce n'en est pas un. Nous les frappons alors qu'ils sont à terre exactement comme il se doit"... ""

Or, si l'on revient à Carlson, comme Lottaz fait, on s'aperçoit que Hegseth ne fait nullement cette sorte de performance par hasard, par opportunité, pour plaire au patron. Contrairement à ce qu'on a l'habitude de penser et de juger, Trump n'est pas entouré que de "béni-oui-oui" qui ont trouvé un bon fromager à déguster. Chez lui, chez Hegseth, c'est une conviction de marbre. La chose vient de loin et elle est pleine de conviction, d'une conviction littéralement "sacrée", de la sorte qu'on ne garde pas dans la sphère privee mais qu'on établie hautement pour justifier les actions publiques qu'on suscite.

"Maintenant, écoutez cet extrait du monologue de Tucker Carlson où il passe la parole à Pete Hegseth, le secrétaire à la guerre en 2018. Écoutez simplement la façon dont il parle de lui et comment il est surpris de découvrir que Hegseth est en réalité un sioniste chrétien aussi fervent.

" "Mais voici Pete Hegseth, un joueur de football américain de Princeton qui en parle d'une manière laissant penser qu'il y a beaucoup réfléchi. C'était en 2018.

" "'Aujourd'hui, Jennifer et moi avons eu l'occasion d'aller voir le mur occidental du Mont du Temple, les tunnels du mur occidental et une grande partie de la vieille ville. En se tenant là, on ne peut s'empêcher de contempler le miracle qui s'offre à nous. Et cela m'a fait penser à un autre miracle que j'espère que vous ne considérez pas comme trop lointain. Car 1917 [la déclaration Balfour] fut un miracle, 1948 [la fondation d'Israël] fut un miracle. 1967 [l'annexion de Jerusalem et du Mur des lamentations] fut un miracle. la déclaration de Jérusalem comme capitale fut un miracle et il n'y a aucune raison pour que le miracle de la réédification du temple sur le Mont du Temple ne soit pas possible. Je ne sais pas comment cela se produira. Vous ne savez pas comment cela se produira mais je sais que cela se produira'"."

La Foi de la pasteur(e) Paula White-Cain

Passons à un autre personnage de cette"Galerie des monstres", - ou cette"Galerie des Illuminati", si l'on en tient pour ce complot-là. Encire une fois, Carlson + Lottaz ne vont pas les chercher à l'asile du coin, ni dans la Cour des Miracles des 'Gangs of New York' ; ni dans un cirque des monstres à côté de l'homme à la tête d'éléphant. Le (La ?) pasteur(e?) Paula White-Cain"travaille"en Floride ; elle est une proche de Trump, elle a monté son cirque télé-évangéliste et rassemblé les $millions/$millards habituels pour se  payer un jet privé. Elle a d'ailleurs, - dommage que nous ne travaillions pas avec des images, - fort belle allure, dans le genre super-blonde aux dents acérées que l'on voit avec Trump, notamment amie de Pat Bondi, c'est dire ; elle n'aurait pas déparé une visite à à l'île polissonne de Jeffrey Epstein, - bien sûr, il est de tous les coups, lui, - ni une réception dans un des châteaux des Rothschild, section Suisse, encore et toujours avec l'ami Jeffrey venu proposer à la maîtresse des lieux et de la section Suisse (sa très-chère Aude de Rothschild) une affaire juteuse en Ukraine post-Maidan..

Dans l'entretemps, Paula White-Cain s'est rangée pour occuper un poste stratégique à la Maison-Blanche et elle participe elle aussi à la guerre contre les méchants d'Iran. Lottaz nous y ramène :

"Et vous savez, cela rejoint la manière dont certains fanatiques religieux, encore une fois aux États-Unis, considèrent désormais cette question et en débattent. Je veux dire, écoutez ceci.

"Donc celle-ci, c'est Paula White-Cain. Si vous ne connaissez pas Paula White-Cain, allez sur la page d'accueil de la Maison Blanche et cherchez son nom. Il y a une annonce là-bas. Le président Trump annonce des nominations au bureau de la foi de la Maison Blanche en février de l'année dernière. La pasteur Paula White-Cain est retournée à la Maison Blanche en tant qu'employée spécial du gouvernement et conseillère principale auprès du nouveau Bureau de la Foi de la Maison Blanche. Je ne savais pas qu'il existait un Bureau de la Foi à la Maison Blanche, mais il y en a un maintenant et la pasteur Paula White-Kane, c'est cette femme ici et elle parle de l'Iran, de Téhéran, et de la mort et de la destruction qui s'y sont abattues dans les termes suivants :

""Frappe et frappe et frappe et frappe et frappe et frappe et frappe et frappe et frappe, encore et toujours !...Jusqu'à ce que tu sois la victoire pour chaque ennemi qui se dresse contre toi. Que nous frappions le sol car tu nous donneras la victoire de Dieu. J'entends le bruit d'une abondance de pluie. J'entends le son de la victoire. J'entends le son des cris et des chants. J'entends le son de la victoire. J'entends le bruit d'une abondance de pluie. J'entends le son de la victoire. J'entends le bruit d'une abondance de pluie."

"Donc je veux dire cette personne dirige le Bureau de la Foi comme si un seul vrai cinglé ne suffisait pas."

"See You in Hell, brother!"

C'est vrai, l'Amérique n'a jamais manqué de ces fous, dont les Puritains extrémistes fuyant les Anglicans et les Luthériens hollandais jusqu'à la Terre Promise, étaient pleins jusqu'au fourmillement. Mais jusqu'ici, on les tenait écartés. Au mieux, cela donnait des Elmer Gantry, ce personnage de Sinclair Lewis qui devient le bonimenteur au nom de Dieu d'une Illuminée dont il (Gantry) tombe malencontreusement amoureux, - pour être chassé avec une douceur de sainte par elle, car rêve-t-on de faire œuvre de chair avec la Vierge-Marie ou une des saintes qu'elle a enfantées, jusqu'à cette Sœur-Anne dont Gantry fait la promotion ? ! Au moins, tout de même, Gantry, interprété par Burt Lancaster et ses dents éclatantes, termine le film tiré du roman avant de disparaître par cette apostrophe lancée cyniquement mais pas méchamment à un journaliste sceptique qui a suivi tout ce cirque :

"See You in Hell, brother!" ("On se revoit en enfer, vieux frère !")

Mais ici, dans notre cas présenté par Lottaz, ce n'est pas le cas... Hegseth et Wright-Cain sont des personnages décisionnaires de la Maison-Blanche, des dirigeants de l'hyperpuissance que vous savez. Faut-il en dire plus ? Ce ne sont pas des Elmer Gantry et leur projet de faire une guerre avec Israël revient bien à manipuler Israël, et non pas à se faire manipuler par Israël... Ainsi soit-il, - complot déjoué !

"Les sionistes chrétiens sont exactement comme ça. Ils ne veulent pas de l'État juif pour lui-même. ls veulent l'État juif afin de construire le 3è temple pour provoquer l'Armageddon où les chrétiens iraient au paradis et les juifs en enfer, n'est-ce pas ? C'est toute l'idée.

" Je veux dire, ils ont simplement besoin de ce partenaire de mise en œuvre. Ils ont besoin des juifs pour faire cela afin que la fin des temps puisse arriver. Donc si c'est la logique selon laquelle ils opèrent, si c'est ainsi que les décisions sont prises dans les plus hautes sphères..."

On pourrait emprunter un autre extrait du podcast de Pascal Lottaz pour exprimer une dernière réflexion qui ne vaut pas pour les seuls acteurs de l'événement, mais qui vaut pout l'entièreté de l'événement du monde, du"spectacle du monde"si l'on veut. Car nous sommes arrivés dans une occurrence où le"spectacle"justement dénoncé par Debord devient une sorte de complicité avec la perception de ceux qui se doutent de quelque chose, pour mieux apprécier les simulacres, les fantasmes des êtres placés dans les phalanges des élitesSystème et qui, dans des positions de pouvoir, confondent absolument leurs rêveries, les bavasseries de leurs imaginations saccagées, avec les réalités sur lesquelles ils pourraient avoir un peu d'influence en même temps que beaucoup d'humilité.

Ces remarques que nous détachons de son discours général mesurent le désarroi de Lottaz lui-même, comme le désarroi de tout esprit qui espérerait progresser dans la compréhension rationnelle des événements en cours. Lorsque la situation conduit à ce degré de désordre où se mêlent une sorte d'hypnose ahurie, une perception complètement déformée qui est proposée comme simulacre de réalité auquel on est invité à souscrire sans trop sourire d'ironie, mais qu'on peut également ridiculiser en quelques remarques d'évidence ironique, il apparaît assuré que nous sommes au bout du chemin de cette civilisation complètement épuisée, de cette modernité qui s'est transformée en une horrible caricature d'elle-même.

Arrivés à ce terme, on comprend que Lottaz soit inquiet ("Donc c'est quelque chose de très très inquiétant pour moi."), mais on comprendra également que nous ne le sommes pas vraiment. Hormis une catastrophe qu'un stupide humain de la stupide humanité modernisée est encore capable d'activer par inadvertance, - mais alors, à Dieu vat ! - nous sommes désormais, et complètement, dans les mains de forces qui nous dépassent et nous emportent, et sont nécessairement plus assurées et plus maîtresses du monde que la colossale stupidité, dans le vice, le stupre et l'effarement de l'esprit, où nous a plongés notre ambition du progrès sans fin et notre admiration sans fin pour nous-mêmes et ce que nous avons fait de nous.

"C'est extrêmement inquiétant parce que encore une fois cela signifie que toutes nos approches rationalistes et réalistes ne s'appliquent même plus, n'est-ce pas ? Cela n'a même plus de sens de réfléchir à ce qui est bon ou non pour les États-Unis puisque ce n'est pas une question des États-Unis, c'est une question de christianisme, c'est une question de croyance religieuse, c'est une question de Bible et cela signifie que nous devons complètement repenser ce que pourrait être une issue possible si la guerre elle-même en tant que guerre est le but.

"Nous quittons donc le domaine du réalisme clausewitzien, n'est-ce pas ? Celui où la guerre n'est qu'une continuation de la politique par d'autres moyens, n'est-ce pas ? Nous ne sommes plus dans ce paradigme-là. Nous sommes dans le paradigme où le bien combat le mal littéralement. Et cela se fait dans le but de provoquer la Fin des Temps. Oui, c'est donc une guerre nécessaire. Dans ce cadre, ce n'est pas une guerre inutile. Ce n'est pas une guerre sans fin. Ce n'est pas un bourbier, c'est l'outil même pour atteindre l'objectif final qui n'a plus rien à voir avec la nation. Donc c'est quelque chose de très très inquiétant pour moi."

Donc, c'est bien cela : ou bien l'on accepte avec une certaine sérénité le déluge qui nous est promis pour balayer ces cosmiques écuries d'Augias, - ou bien, à Dieu vat !

Mis en ligne le 6 mars 2026 à 20H15

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