Jacques-François BONALDI
Dans la logorrhée que souffre évidemment (entre autres maux) le sinistre personnage de la Maison-Blanche, surtout quand il est dans son avion présidentiel (on a l'impression qu'il rentre dormir dans sa villa de Miami à la fin de sa "journée de travail" à Washington !) et que la presse est ravie de répercuter urbi et orbi, Cuba est revenue abondamment ces derniers jours. Ci-dessous les derniers exemples :
Trump estime pouvoir conclure un accord avec Cuba "très bientôt"
Par Le Figaro avec AFP
Cuba a confirmé vendredi être en pourparlers avec les États-Unis et a libéré des prisonniers politiques dans le cadre d'un accord avec le Vatican.
Donald Trump a déclaré dimanche [15 mars] que Cuba souhaitait conclure un accord avec les États-Unis, qui selon lui, interviendra "très bientôt". "Cuba souhaite également conclure un accord, et je pense que très bientôt, soit nous parviendrons à un accord, soit nous ferons ce qu'il faut", a déclaré le président américain à des journalistes à bord d'Air Force One.
"Nous sommes en pourparlers avec Cuba", a-t-il encore dit, tout en soulignant que "nous allons nous occuper de l'Iran avant Cuba". "Je pense qu'il va se passer quelque chose à Cuba très bientôt", a-t-il ajouté. Cuba a confirmé vendredi être en pourparlers avec les États-Unis et a libéré des prisonniers politiques dans le cadre d'un accord avec le Vatican, un médiateur historique entre ces deux ennemis idéologiques.
Donald Trump, qui multiplie les déclarations offensives contre Cuba, assurait depuis mi-janvier que des négociations étaient en cours avec de hauts responsables de l'île mais La Havane avait jusque-là démenti de tels contacts.
Washington impose depuis janvier un blocus énergétique de facto à Cuba, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine cette île située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Mardi17 mars LE FIGARO
Donald Trump menace de s'emparer de Cuba, le président Miguel Diaz-Canel promet une "résistance indestructible"
Par Le Figaro avec AFP
Lundi, le président américain a dit "croire" qu'il "aura l'honneur de prendre Cuba", sans préciser exactement ses propos. Il a également parlé de la "libérer".
Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a promis mardi une "résistance indestructible" face aux menaces de Donald Trump de s'emparer de l'île communiste. "Face au pire scénario, Cuba a une certitude : tout agresseur extérieur se heurtera à une résistance indestructible", a déclaré sur X le chef de l'État.
Lundi, Donald Trump a dit "croire" qu'il "aura l'honneur de prendre Cuba", sans préciser exactement ses propos. Il a également parlé de "libérer" le pays.
"Presque tous les jours, les États-Unis menacent publiquement Cuba de renverser par la force l'ordre constitutionnel. Ils utilisent un prétexte révoltant : les dures restrictions d'une économie affaiblie qu'ils ont agressée et tenté d'isoler depuis plus de six décennies", a accusé le président cubain, en référence à l'embargo américain en vigueur depuis 1962. Ils "annoncent des plans pour s'emparer du pays, de ses ressources, des biens, et même de l'économie, la même qu'ils cherchent à étouffer pour nous faire capituler", a poursuivi Miguel Diaz-Canel au moment où Washington exerce une pression maximale sur l'île, en empêchant toute livraison de pétrole à destination de l'île. "Ce n'est que de cette manière que l'on peut expliquer la féroce guerre économique appliquée comme châtiment collectif contre tout le peuple."
Donald Trump multiplie depuis des semaines les déclarations offensives contre Cuba et ses dirigeants, tout en assurant que l'île, en pourparlers avec Washington, souhaite "conclure un accord" avec les États-Unis. Cuba a confirmé vendredi être en pourparlers avec son voisin et a libéré des prisonniers politiques dans le cadre d'un accord avec le Vatican, un médiateur historique entre les deux ennemis idéologiques.
LA JORNADA MEXICO mardi 17 mars 2026
Trump : J'aurai l'honneur de "prendre" Cuba
AFP, Reuters et The Independent
17 mars 2026 06:57
Washington. Le président américain Donald Trump a déclaré hier aux journalistes à la Maison-Blanche qu'il croyait avoir "l'honneur" de prendre Cuba, réitérant que l'île est un "État en faillite" et à un moment où le New York Times (NYT) rapportait que Washington avait dit à La Havane que, pour faire des progrès significatifs dans les négociations, le président Miguel Díaz-Canel devait démissionner, selon des sources proches des pourparlers.
Trump a répété qu'il a le droit de faire "tout ce qu'il veut" avec Cuba, alléguant que l'île est un "État défaillant", qui n'a "rien" ; il a réitéré que le pays caribéen sera le prochain adversaire à affronter après l'Iran.
Lors d'une cérémonie de signature d'un décret, un journaliste a interrogé le magnat sur Cuba. Il a répondu qu'il pouvait "prendre le contrôle" de toute l'île et a ajouté qu'il aurait probablement "l'honneur" de le faire d'une manière ou d'une autre.
"Je pense que j'aurai l'honneur de prendre Cuba. Ce serait bien. C'est un grand honneur", a déclaré le magnat.
"Prendre Cuba ?" a demandé Peter Doocy, journaliste de la Maison Blanche de Fox.
"Prendre Cuba." D'une certaine manière, oui", a confirmé Trump. "Prendre Cuba".
"Je veux dire, que je la libère ou que je la prenne... Je pense pouvoir faire ce que je veux avec elle, pour être honnête avec eux", a ajouté le président américain.
Un autre journaliste lui a demandé si une action militaire éventuelle sur l'île serait plus proche de la stratégie appliquée contre l'Iran ou de la politique envers le Venezuela. "Je ne peux pas te le dire", a-t-il répondu.
Les menaces de Trump contre Cuba interviennent dans la foulée d'un avertissement public du sénateur Lindsey Graham, qui a fortement soutenu la campagne militaire du président contre l'Iran. Le républicain de Caroline du Sud a déclaré avec jubilation que le président attaquait les régimes autoritaires un par un et que Cuba serait la prochaine cible.
Selon Washington, Cuba, située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride, représente une "menace exceptionnelle" en raison de ses relations étroites avec la Russie, la Chine et l'Iran.
Le NYT a noté que l'administration Trump pousse à ce que Diaz-Canel quitte le pouvoir, selon quatre personnes proches de ces conversations.
Indépendamment du départ de Díaz-Canel, 65 ans, arrivé au pouvoir en 2018, le gouvernement cubain actuel resterait en place, a rapporté le Times.
"Selon ces sources, les Américains ont informé les négociateurs cubains que le président devait partir, mais ils laissent la décision de poursuivre les événements entre les mains des Cubains", a déclaré le journal new-yorkais.
Diaz-Canel a rapporté vendredi que les deux gouvernements sont en négociations, bien qu'il ait peu révélé sur leur nature.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Trump s'en prend aux dirigeants de gauche en Amérique latine.
Comme on peut le constater, ces dernières informations reposent sur des insinuations à la presse, des "confidences" de gens impliqués, mais rien de sérieux ni de fondé. De toute façon, quand on connaît la Révolution cubaine et sa politique, on sait que cette invitation à "larguer" Díaz-Canel pour que les conversations puissent se dérouler ou aboutir n'aura jamais aucun écho ni aucune suite ici ! On s'étonne d'ailleurs que le New York Times, un journal sérieux, puisse colporter de telles sornettes. Que ces vœux, qui resteront pieux, puissent passer par la tête des hauts fonctionnaires étasuniens, c'est assurément logique, mais, vus d'ici, ils apparaissent comme ce qu'ils sont : de la poudre de perlimpinpin, pour donner l'impression qu'ils maîtrisent la situation et tirent les ficelles. Je plains les pauvres "négociateurs" cubains qui vont devoir "converser" avec leurs homologues étasuniens ! Avec de pareilles conditions préalables, les choses ne vont guère avancer. À commencer par le premier écueil : la Révolution cubaine a affirmé haut et fort, des lèvres tant du président que du ministre des Relations extérieures, que les "conversations" ne peuvent porter que sur les problèmes des relations bilatérales, en aucun cas sur les questions intérieures de l'un et l'autre pays, ou sur les structures politiques ou économiques nationales, sur les thèmes idéologiques, tels que les droits de l'homme, etc. Bref, ces "conversations" sont mal engagées si la Maison-Blanche veut imposer ce genre de conditions. La Révolution cubaine, tout au long de son existence, a mené des conversations ou des négociations d'égal à égal, jamais en acceptant la position de force de l'adversaire, et ce ne sera pas aujourd'hui que ça commencera...
Je repose donc ma question d'il y a quelques jours : cette Maison-Blanche-là est-elle capable de "converser" sérieusement avec la Révolution cubaine ?
On en a vu passer des énergumènes à la Maison-Blanche depuis la fondation des Etats-Unis, mais le dernier en date, question taré, l'emporte haut-la-main ! Sous l'Ancien Régime, des gars de ce genre, on les envoyait à Charenton ! Un con, qui se prend pour un génie, et qui, fort de cette illusion, se croit en droit de mépriser le reste du monde et de ses "semblables", et s'adresse aux gens comme il doit s'adresser à ses laquais, est un pur danger pour l'humanité, d'autant qu'il possède des armes maléfiques, si personne ne lui rabat le caquet et ne lui met des bâtons dans les roues ! Alors, merci à l'Iran de le faire !
Ici, en attendant, on "résiste", malgré les conditions défavorables. Et même contre la Nature ! En effet, alors que le pays mise en hâte et en grand sur l'énergie solaire, et que l'installation de centrales photovoltaïques se poursuit et s'accélère dans tout le pays pour atteindre cette année-ci une capacité de 2 000 mégawats, et que toujours plus de particuliers et d'entités publiques mettent en place des panneaux solaires pour pouvoir continuer de fonctionner malgré les coupures de courant, ne voilà-t-il que depuis hier (mardi) et aujourd'hui mercredi, le ciel est résolument plombé à cause d'un front froid qui traverse tout le pays depuis le Golfe du Mexique !! ! Et alors, justement, que le réseau électrique national, qui s'est effondré lundi à 14 heures, a été reconnecté hier dans la soirée. Un bon gros soleil comme on en a tout au long de l'année n'aurait pas été plus mal !
Le gouvernement cubain a annoncé la libération de 51 détenus. Aussitôt, la presse que l'on connaît les transforme en "prisonniers politiques" sur la foi d'une ONG contre-révolutionnaire ! En France, pour ne citer qu'un exemple, les "casseurs" qui brisent des devantures et incendient des voitures et des motos au cours de manifestations violentes ou qui dégénèrent deviennent-ils par hasard des "détenus politiques" ?
Jacques-François Bonaldi (La Havane), 18 mars 2026
