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Le porte-parole de l'armée yéménite, Yahya Saree. [Capture d'écran]
Les rebelles houthis du Yémen ont officialisé, le 28 mars, leur entrée dans le conflit opposant Israël et les États-Unis à l'Iran en revendiquant une attaque de missiles contre l'État hébreux, dans un communiqué au ton offensif qui confirme une coordination avec la république islamique et ses alliés régionaux.
Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont revendiqué le 28 mars des tirs de missiles balistiques contre des "sites militaires sensibles" en Israël, marquant leur première intervention directe depuis le début de la guerre opposant l'Iran à une coalition menée par Washington et Tel-Aviv. L'armée israélienne a affirmé avoir intercepté au moins un projectile.
Dans un communiqué lu en vidéo par leur porte-parole militaire, les forces yéménites ont présenté cette opération comme une "première intervention militaire directe" en soutien à l'Iran et aux "fronts de la résistance" au Liban, en Irak et en Palestine. Elles évoquent une riposte à "l'escalade militaire", aux "frappes contre les infrastructures" et aux "massacres" dans ces pays.
Le texte précise que l'attaque a été menée "à l'aide d'une salve de missiles balistiques" visant des positions israéliennes dans le sud du territoire, et qu'elle s'inscrit dans une action coordonnée avec "les opérations héroïques" conduites par les forces iraniennes et le Hezbollah libanais. Les Houthis affirment que l'opération "a atteint avec succès ses objectifs".
Ils préviennent que leurs actions se poursuivront "jusqu'à ce que l'agression cesse sur tous les fronts", confirmant leur volonté de s'inscrire durablement dans le conflit régional.
Un risque d'embrasement régional et maritime
Cette escalade intervient alors que la guerre, déclenchée depuis le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, entre dans sa cinquième semaine. Elle a déjà fait des milliers de morts et provoqué des perturbations majeures sur les marchés de l'énergie.
L'entrée en scène des Houthis renforce les craintes d'un élargissement du conflit, notamment sur le plan maritime. Le groupe a déjà démontré sa capacité à frapper des cibles éloignées et à perturber les routes commerciales en mer Rouge.
Un point de tension majeur pourrait être le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique vers le canal de Suez. Cette menace intervient alors que l'Iran a déjà entravé le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part essentielle des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures.
بيان القوات المسلحة اليمنية بشأن تنفيذ عملية عسكرية استهدفت أهدافاً عسكرية حساسة للعدو الإسرائيلي جنوبي فلسطين المحتلة وذلك بدفعة من الصواريخ الباليستية. pic.twitter.com/OKuGCAk5MQ- العميد يحيى سريع (@Yahya_Saree) March 28, 2026
Washington confiant malgré des tensions avec ses alliés
Avant l'attaque, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait estimé que les opérations militaires étaient "dans les temps", évoquant une issue possible "en quelques semaines". Il a appelé les partenaires internationaux à contribuer à la sécurisation des voies maritimes stratégiques.
Mais le conflit met à l'épreuve les alliances occidentales. Le président Donald Trump a critiqué le manque de soutien de certains alliés, laissant entendre que cela pourrait affecter l'engagement des États-Unis au sein de l'OTAN.
Washington affirme pouvoir atteindre ses objectifs sans déploiement massif de troupes au sol, tout en maintenant une posture militaire flexible. Des contingents de Marines et des unités aéroportées d'élite sont en cours de déploiement dans la région.