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Vestige romain à Tyr, au Sud-Liban. [Photo d'illustration]
Le Liban a obtenu la protection renforcée de 39 nouveaux sites auprès de l'UNESCO. Cette démarche vise à limiter les destructions et à engager des recours juridiques en cas d'attaque. Malgré cela, le patrimoine reste gravement menacé par les frappes israéliennes en cours.
Face à des frappes israéliennes quasi ininterrompues depuis plus d'un mois, le Liban a intensifié une offensive diplomatique auprès de l'UNESCO afin de protéger un patrimoine menacé d'effacement.
Réunie en session extraordinaire le 1er avril, l'instance chargée de la protection des biens culturels en cas de conflit armé a validé l'inscription de 39 nouveaux sites libanais sous protection renforcée provisoire, portant leur total à 73, un record mondial. Cette décision, obtenue à la demande de Beyrouth, vise à dissuader les frappes et à ouvrir la voie à d'éventuelles poursuites pour crimes de guerre en cas de destruction.
La guerre de la mémoire
Sur les cartes présentées, l'étendue du danger est manifeste : de Tyr à Tripoli, en passant par Saïda, Baalbek ou encore Byblos, c'est toute la mémoire du pays qui vacille. Sites archéologiques, centres historiques, musées et lieux de culte figurent désormais sous le symbole du bouclier bleu, censé marquer leur valeur universelle.
Mais au-delà de la protection juridique, les responsables libanais insistent sur l'urgence : les frappes à proximité provoquent des dégâts structurels invisibles mais durables, fragilisant des vestiges millénaires.
Cette reconnaissance internationale s'accompagne d'une aide d'urgence pour sécuriser les sites, documenter les dommages et soutenir les équipes locales. Parallèlement, un suivi satellitaire permet d'évaluer l'impact des bombardements en temps réel. Déjà, des dégradations ont été confirmées, notamment à Tyr. Dans ce contexte, le Liban s'appuie sur le droit international comme dernier rempart face à une guerre qui dépasse ses capacités de protection.
Au-delà des pierres, c'est une bataille pour la mémoire qui se joue. En cherchant à préserver des lieux comme la Bibliothèque nationale du Liban ou le musée Sursock, Beyrouth tente d'empêcher l'effacement de son identité culturelle. Car si les bombes ne s'arrêtent pas, l'inscription de ces sites rappelle qu'ils appartiennent aussi à l'humanité, et que leur destruction engagerait des responsabilités.