Les États-Unis ont attaqué des infrastructures civiles majeures en Iran, quelques heures après que le président américain, Donald Trump a menacé, lors d'une allocution télévisée en prime time, de bombarder le pays "pour le ramener à l'âge de pierre".
Donald Trump s'est vanté de la destruction du pont B1, qui relie Téhéran à la ville de Karaj, lors d'une seconde frappe, quelques heures seulement après une première attaque qui a fait au moins deux morts et plusieurs blessés parmi les civils, jeudi.
"Le plus grand pont d'Iran s'est effondré, il ne sera plus jamais utilisé - et ce n'est que le début !", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.
La seconde frappe a eu lieu alors que les secours portaient encore assistance aux victimes de la première attaque, aggravant ainsi la crise humanitaire.
Cette attaque témoigne d'un élargissement des cibles de l'armée américaine et pourrait constituer un premier pas vers d'autres attaques contre les infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.
Selon Axios, citant un responsable militaire anonyme, d'autres ponts seront probablement visés. Donald Trump lui-même avait cité les ponts comme cibles prioritaires dans la guerre terroriste menée contre l'Iran.
"Nous allons frapper des ponts, j'en ai quelques-uns en tête. Mais s'ils acceptent de négocier, ce sera bien", avait-il dit.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a condamné ces actions, soulignant que de telles tactiques ne contraindraient pas l'Iran à capituler.
"Frapper des infrastructures civiles ne fera pas reculer les Iraniens", a écrit Abbas Araghchi sur X, ajoutant : "Chaque pont et chaque bâtiment sera reconstruit, plus solide. Ce qui ne se remettra jamais, c'est l'atteinte portée à la réputation des États-Unis."
Le responsable américain qui se serait exprimé auprès d'Axios a défendu l'attaque, prétendant que le pont était utilisé par les forces iraniennes pour transporter des pièces de missiles et du matériel militaire.
Ce mensonge éhonté a encore davantage indigné les Iraniens, dont beaucoup avaient vu des ingénieurs iraniens construire le pont lors de leurs déplacements dans le nord du pays, une destination prisée pour les week-ends, et qui attendaient avec impatience son achèvement imminent afin de raccourcir leur trajet.
La veille, le président américain avait déclaré que les États-Unis frapperaient l'Iran "extrêmement dure" pour le contraindre à un accord. "Nous allons les ramener à l'âge de pierre, là où est leur place", avait-il osé dire.
À mesure que les revers de Donald Trump s'accentuent, ses propos hypocrites et bienveillants envers les Iraniens se sont mués en railleries et insultes, culminant avec ses récents messages les qualifiant de "nation iranienne de fous".
La mission iranienne auprès des Nations Unies a déclaré que les États-Unis ciblaient délibérément les infrastructures civiles : "Ils menacent ouvertement de bombarder nos infrastructures énergétiques et de ramener l'Iran à l'âge de pierre."
L'Iran a également condamné l'attaque américano-israélienne contre l'Institut Pasteur, l'une des plus anciennes institutions de santé publique du pays, la qualifiant d'"atteinte barbare aux valeurs humaines fondamentales".
L'Institut Pasteur d'Iran est un pilier centenaire de la santé mondiale et membre du réseau international Pasteur.
Cet institut est un organisme de recherche, de production, de services et d'enseignement créé dans le but de garantir la santé publique.
Tout au long de son histoire centenaire, il a joué un rôle essentiel dans la lutte contre de nombreuses maladies infectieuses, tant dans le pays que dans le monde. Depuis 1920, il est l'un des pionniers et des centres névralgiques de la production de vaccins dans la région.
Par ailleurs, des missiles américano-israéliens ont frappé une autre grande entreprise pharmaceutique, Tofigh Daru, à Téhéran, mardi matin, détruisant entièrement ses unités de production de matières premières et son unité de recherche et développement.
