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 L'Otan a commis une « erreur stupide » en ne soutenant pas le Pentagone : Trump

04/04/2026 ssofidelis.substack.com  7min #309995

 L'Otan a commis une « erreur stupide » en ne soutenant pas le Pentagone : Trump

L'Otan, ce racket parrainé par Washington, ne disparaîtra qu'avec le déclin de l'impérialisme américain

Par Strategic Culture Foundation, éditorial du 3 avril 2026

L'OTAN ne s'effondrera que lorsque l'impérialisme américain cessera d'être une menace pour le monde.

Cette semaine, le président américain Trump a de nouveau menacé de quitter l'OTAN. Il a qualifié l'alliance militaire de "tigre de papier" et déclaré que le retrait des États-Unis du bloc serait "inconcevable".

Il est extraordinaire de voir un président américain manifester un tel mépris envers ce qui est censé être un pilier de l'ordre occidental. Il est également amusant de voir comment les vassaux européens paniquent, craignant que "papa" ne les abandonne.

Une rupture historique est en effet en train de se produire au sein de l'alliance transatlantique qui définit les relations américano-européennes depuis huit décennies. Cette rupture est le signe avant-coureur de l'affaiblissement des puissances impérialistes occidentales avec ses luttes intestines et ses querelles. Toutefois, il est un peu tôt pour sonner le glas de l'OTAN. En effet, le bellicisme américain s'appuie sur ce bloc comme sur une arme, tant sur le plan militaire que politique.

Le mépris de Trump pour l'OTAN remonte à son premier mandat (2017-2021), lorsqu'il a pour la première fois annoncé retirer les États-Unis de l'alliance transatlantique. Aujourd'hui, il semble déterminé à mettre sa menace à exécution. Dans des interviews accordées au Daily Telegraph britannique et à Reuters, Trump  a indiqué être prêt à se retirer.

De nombreux responsables européens  estiment que Trump ne plaisante pas et que l'OTAN risque de se désintégrer. Diplomates et commentateurs des deux côtés de l'Atlantique s'accordent à dire que l'alliance est confrontée à la pire crise de ses 77 ans d'histoire.

Cette  flambée de violence résulte de la guerre imprudente menée par Trump contre l'Iran. Après cinq semaines de conflit dévastateur, le président américain semble dépassé par les répercussions auxquelles il ne s'attendait pas. Dans un  discours télévisé à la nation cette semaine, il s'est vanté d'une "victoire" sur l'Iran. Mais malgré ses fanfaronnades, la victoire est loin d'être acquise. L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz depuis cinq semaines et continuera de le bloquer tant qu'il en aura le contrôle, interrompant ainsi l'approvisionnement mondial en pétrole, et provoquant le chaos dans l'économie internationale, y compris aux États-Unis. La cote de popularité de Trump est en chute libre.

Le président américain fulmine face au refus de ses alliés européens de l'OTAN de se joindre aux attaques militaires américaines et israéliennes contre l'Iran. Il a qualifié les dirigeants européens de "lâches" et accuse l'OTAN de trahir les États-Unis. "Nous étions là pour eux en Ukraine, mais ils ne sont pas à nos côtés contre l'Iran", s'est-il lamenté cette semaine.

Des proches de Trump, comme Marco Rubio, l'ancien secrétaire d'État Mike Pompeo et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, ont repris ces doléances, affirmant que les nations européennes exploitent les États-Unis et l'OTAN comme un "service à sens unique".

Les crises de rage et le narcissisme de ce président prennent une telle ampleur dans leur incohérence que sa dissonance cognitive avec la réalité est désormais criante. Pourquoi menace-t-il de bombarder l'Iran pour le renvoyer à l'âge de pierre dans les prochaines semaines, alors que l'Iran serait, selon lui, déjà vaincu ? Si les États-Unis ont à ce point "éviscéré" l'Iran sur le plan militaire, pourquoi le président supplie-t-il l'OTAN et d'autres pays d'intervenir pour forcer l'ouverture du détroit d'Ormuz, un jeu d'enfant selon lui ?

Trump et ses affidés, comme beaucoup d'Américains qui croient encore au mythe de la puissance bienfaitrice des États-Unis, sont d'avis que leur pays protège et défend ses "alliés". Ils avancent que les États-Unis contribuent à hauteur de 60 à 70 % du budget total des dépenses militaires de l'OTAN et affirment : "Vous voyez, c'est notre générosité qui protège ces ingrats".

En réalité, l'OTAN a été créée en 1949 par Washington et Londres, ainsi que par dix autres États européens, pour militariser l'Europe et fournir aux États-Unis un prétexte plausible pour maintenir une vaste emprise militaire sur le continent. Cette présence a alimenté le complexe militaro-industriel américain, moteur du capitalisme américain dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. La propagande officielle prétendait que l'alliance défendait l'Europe contre l'Union soviétique. En réalité, l'OTAN a été conçue comme un système de racket parrainé par Washington, qui a donné aux États-Unis un droit de veto sur le développement politique et économique européen, et a notamment entravé les relations entre l'Europe et la Russie.

La frustration de Trump tient à son intention d'intensifier ce racket, d'où ses menaces grossières de type mafieux. "Payez, ou on démolit la boutique". D'une certaine manière, il a réussi. Les nations européennes dépensent désormais 20 % de plus pour leur armée, principalement pour acquérir du matériel militaire américain, comme l'avion de chasse F-35, au détriment de leur propre développement socio-économique.

Peu de médias occidentaux osent demander pourquoi 70 000 soldats américains sont déployés sur le sol  européen, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Scandinavie, en Espagne, dans les Balkans, etc. Et il ne s'agit pas seulement de troupes américaines, mais aussi de bases aériennes, d'avions de chasse et d'armes nucléaires. Pour défendre l'Europe ? Contre quoi ? Contre l'agression russe ? Quelle farce digne d'un conte de fées ! Tout comme la présence de 70 000 soldats américains au Japon et en Corée du Sud pour prétendument les défendre contre la Chine.

Après l'effondrement de l'URSS en 1991, l'OTAN, dominée par les États-Unis, a doublé le nombre de membres pour compter aujourd'hui 32 nations. L'alliance aurait dû être dissoute, conformément à sa propre définition officielle fondatrice. L'expansion constante du bloc et son ingérence aux frontières de la Russie témoignent du véritable objectif de l'alliance : servir de bras armé à la puissance militaire américaine et constituer une menace pour la Russie (dans le prolongement de la menace contre l'Union soviétique).

La vision narcissique et simpliste de Trump considère le conflit ukrainien comme une affaire européenne où les États-Unis viendraient, en preux chevaliers blancs, au secours de l'Europe. C'est une aberration. Les États-Unis ont déclenché une guerre par procuration contre la Russie en Ukraine en instrumentalisant l'OTAN, au moins depuis le coup d'État de la CIA à Kiev en 2014.

L'OTAN a toujours constitué un outil politique, de propagande et de logistique au service de la violence impérialiste et du bellicisme américains ces huit dernières décennies. Les membres de l'OTAN ont rejoint les États-Unis dans leurs guerres illégales en ex-Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan et en Libye, entre autres agressions, conférant ainsi à ces guerres criminelles un vernis de "consensus international". Aujourd'hui encore, l'agression criminelle de Trump contre l'Iran est soutenue par les vassaux européens de l'OTAN qui fournissent des bases logistiques aux avions de combat américains et offrent un soutien politique à Trump en condamnant l'Iran pour agression, dédouanant ainsi Washington (et Tel-Aviv) de la barbarie de ses violations de la Charte des Nations unies et du droit international.

Les menaces de Trump sur le retrait des États-Unis de l'OTAN ne sont que des élucubrations ridicules sur la nature du bellicisme américain et du racket qu'est l'OTAN. Il n'a visiblement pas conscience de la finalité systématique de l'OTAN, couverture de l'impérialisme américain que les États-Unis ne peuvent ni ne veulent abandonner, quelles que soient les récriminations et les pleurnicheries de Trump.

Ce président mégalomane rageux peut bien momentanément jeter ses jouets loin du bac à sable, déclarer que les États-Unis quittent l'OTAN, dénigrer ses soi-disant alliés et prétendre faire cavalier seul, mais l'État profond impérialiste ne permettra pas le démantèlement de sa machine de guerre transatlantique.

L'OTAN ne s'effondrera que lorsque l'impérialisme américain cessera d'être une menace pour le monde. D'ici là, l'OTAN demeurera un instrument du bellicisme américain et un racket au service du capitalisme militariste.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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