
Par Al Mayadeen English, le 8 avril 2026
Quelques heures seulement après la conclusion d'un accord d'arrêt des hostilités, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé mercredi que son gouvernement soutient la décision américaine de suspendre les frappes contre l' Iran pendant deux semaines, mais a immédiatement violé l'accord en déclarant qu'il ne s'étend pas au Liban.
Dans une déclaration publiée sur le compte X du bureau du Premier ministre israélien, M. Netanyahu a déclaré que le régime israélien valide les efforts de Washington visant à garantir que l'Iran "ne représente plus une menace nucléaire, balistique et terroriste", et a reconnu que les États-Unis ont fait part de leur engagement à atteindre ces objectifs lors des prochaines négociations.
Cependant, une clause d'exclusion unilatérale était dissimulée à la fin de la déclaration : "Le cessez-le-feu de deux semaines n'inclut pas le Liban".
Israel supports President Trump's decision to suspend strikes against Iran for two weeks subject to Iran immediately opening the straits and stopping all attacks on the US, Israel and countries in the region.
Le régime israélien a déjà violé le cessez-le-feu avant même que l'encre ne soit sèche, en prenant pour cible une ambulance dans le sud du Liban et en bombardant plusieurs villes du Sud.
Les forces d'occupation israéliennes bombardent une ambulance, tuant 4 personnes
Les attaques suivantes ont eu lieu peu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Les forces israéliennes ont lancé leur offensive post-cessez-le-feu en prenant pour cible une ambulance dans la ville d'al-Qleileh, dans le district de Tyr, au Sud-Liban, tuant quatre personnes, selon le correspondant d'Al Mayadeen.
Dans la région de Ras al-Ain, notre correspondant a rapporté qu'une frappe aérienne israélienne a touché un autre véhicule, blessant plusieurs personnes. Un drone israélien a également frappé une moto à Qana, faisant des blessés.
L'armée israélienne a fbombardé al-Rayhan et Nabatieh al-Fawqa, dans le sud, tandis que l'artillerie israélienne a frappé une série de villes du district de Bint Jbeil, telles que Touline, Jmeijmeh, Baraachit, Majdal Selm et Shaqra. La ville de Hadatha a été attaquée à deux reprises aux premières heures du matin.
Dans la Bekaa, une frappe aérienne a visé la ville de Yohmor.
Contradiction directe avec le médiateur pakistanais
Cette déclaration est en contradiction directe avec l'annonce faite par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a négocié l'accord.
Sharif a déclaré que
"la République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique, ainsi que leurs alliés, ont convenu d'un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMÉDIAT".
I warmly welcome the…
Les médias israéliens, notamment Ynet et Maariv, ont rapporté que le cessez-le-feu englobe le Liban. La chaîne israélienne Channel 12 a en outre cité une source sécuritaire confirmant que les Iraniens "ont spécifié que le cessez-le-feu inclut également le Liban".
Les exigences de l'Iran tout au long des négociations ont explicitement inclus la fin des hostilités sur tous les fronts, dont le Liban.
La population israélienne réagit avec fureur
L'annonce du cessez-le-feu a déclenché une vague de frustration dans les médias israéliens. La chaîne israélienne Channel 11 a rapporté que les colons restent dans les abris alors même que la trêve est déclarée. D'autres médias ont qualifié l'accord de "plus grand échec de l'histoire d'Israël depuis le 7 octobre".
Maariv s'est montré particulièrement critique, écrivant que les États-Unis et Israël ont abandonné la plupart de leurs objectifs de guerre, créant ainsi une nouvelle réalité régionale. Le média a déclaré que l'Iran a réussi à entraîner les deux parties dans un accord équivalant à une capitulation de part et d'autre, et qu'après 41 jours de combats et 5 000 bâtiments détruits, le résultat est une victoire décisive de l'Iran, favorisant l'émergence d'un Hezbollah plus fort.
L'Iran et ses alliés, conclut Maariv, semblent être les seuls à sortir victorieux de cette confrontation.
Les commentateurs ont remis en question la logique de l'accord, une plateforme demandant sarcastiquement : "Quarante jours et une nation entière confinée chez elle pour un cessez-le-feu ?"
Trump n'a pas été épargné non plus, plusieurs médias le qualifiant de "risée du monde" et d'"homme faible incapable de résister à la pression".
Traduit par Spirit of Free Speech