
par E. Michael Jones
Et si c'était Dieu qui ne voulait pas d'un cessez-le-feu ?
Le mardi 7 avril, à 19 h, une heure avant que Trump ne menace de mettre fin à la "civilisation perse" (selon ses propres termes), son administration a accepté un cessez-le-feu avec l'Iran. Ce fut l'un des revirements les plus spectaculaires de la politique étrangère de l'histoire récente, et cela coïncidait de manière troublante avec la période où débutait la Semaine Sainte et qui s'est terminée deux jours après le dimanche de Pâques :
les 24 heures les plus folles de la géopolitique du Moyen-Orient depuis des décennies, dont la plupart des gens ont manqué la moitié. L'Iran a gagné une guerre contre les États-Unis et a obtenu le contrôle du détroit d'Ormuz en guise de tribut dû au vainqueur. Les termes du cessez-le-feu prévoient 2 millions de dollars par navire transitant par le détroit... soit 100 milliards de dollars par an. TOUTES les sanctions américaines contre l'Iran levées... et 40 ans de guerre économique qui sont terminés. [En acceptant le cessez-le-feu], Trump a ignoré tous les faucons bellicistes qui l'entouraient et il a pris la sortie de secours, créant ainsi son propre récit en termes de "victoire". La Chine est devenue le plus grand gagnant stratégique sans avoir àeu déployer un seul soldat. Les États du Golfe sont sur le point de normaliser leurs relations avec l'Iran ; l'ordre régional s'effondre. L'équilibre des pouvoirs d'Israël au Moyen-Orient vient de subir son plus gros revers de l'histoire moderne. Le Hezbollah est en passe d'en sortir plus fort qu'il ne l'a été depuis des décennies, et tout cela en une seule journée. (1)
Le 1er avril, Franklin Graham a pris la parole lors d'un service de prière à la Maison Blanche alors que l'implication militaire américaine en Iran montait d'un cran dans l'escalade. (2) Graham a commencé sa prière en citant le Livre d'Esther, affirmant que "les Perses, les Iraniens, voulaient tuer tous les juifs, femmes [et] enfants, et le faire en une seule journée. Mais tu as élevé Esther pour sauver le peuple juif, Père, et nous te rendons grâce."
Comme on pouvait s'y attendre de la part des sionistes chrétiens et de leur interprétation de la sola scriptura, Graham a extrapolé à partir du Livre d'Esther, pour l'appliquer à la situation géopolitique actuelle en disant au Tout-Puissant : "Aujourd'hui, les Iraniens (le régime malfaisant de ce gouvernement) veulent tuer tous les Juifs et les détruire par un feu atomique. Mais tu as suscité l'avènement du président Trump. Tu l'as hissé au sommet pour un moment comme celui-ci. Et Père, nous prions pour que tu lui donnes la victoire." Graham a ensuite prié pour "la défaite du régime iranien et pour la liberté du peuple iranien." (3)
L'évêque Robert Barron, qui était également présent à ce même service de prière, a prié de manière moins partisane
"Père céleste, Dieu tout-puissant et éternel, Seigneur providentiel de l'histoire, nous nous présentons aujourd'hui devant toi dans une attitude d'humble gratitude. Nous te rendons grâce, Seigneur, pour cette occasion d'être ensemble en communion fraternelle, pour la foi qui nous unit, et pour les bénédictions qu'offre la liberté dont nous jouissons en tant qu'Américains. Mais nous sommes surtout reconnaissants, en cette semaine la plus sainte de l'année, pour le don de ton Fils Jésus-Christ, qui est Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ; qui est le "Oui à toutes les promesses faites à Israël ; qui est l'Agneau immolé mais immortel ; qui est l'Alpha et l'Oméga ; qui est le Lion de Juda ; qui est le désir des collines éternelles ; et qui est le Verbe fait chair.":
De nombreux catholiques ont reproché à Barron d'avoir participé à ce qui s'apparentait à un rassemblement en faveur des crimes de guerre. Barron a répondu sur Instagram en accusant ses détracteurs de "calomnie" :
En ce qui concerne l'événement à la Maison Blanche, je n'avais absolument aucun contrôle sur ce que les autres ministres ont dit. Ma propre contribution était centrée sur Jésus et les événements de la Semaine Sainte - et j'ai prié pour le pays et pour que le président gouverne selon la volonté de Dieu. En conclure que je suis un partisan aveugle du mouvement MAGA est une calomnie.
Le soutien tacite de Barron à la politique étrangère de Trump a occulté un bras de fer entre les catholiques et les sionistes chrétiens au sein de l'administration Trump. À peu près au moment où Mgr Barron réprimandait ses détracteurs, l'affaire de la tentative de l'administration Trump pour intimider l'ambassadeur du Vatican aux États-Unis a éclaté.
En janvier 2026, le sous-secrétaire à la Défense chargé du volet politique, Elbridge Colby, a convoqué l'ambassadeur du Vatican, le cardinal français Christophe Pierre, nonce apostolique du Vatican aux États-Unis, à une réunion à huis clos au Pentagone, peu après que le pape Léon XIV eut prononcé un discours sur "l'état du monde" critiquant la politique étrangère américaine sous l'administration Trump. (4) Au cours de cette réunion, Colby a déclaré au cardinal Pierre que les États-Unis disposaient d'une puissance militaire écrasante et que "l'Église catholique ferait mieux de se ranger de leur côté" sous peine d'en subir les conséquences, qu'il a décrites en faisant allusion de manière détournée aux papes d'Avignon, à la période (1309-1418) durant laquelle la monarchie française exerça un contrôle significatif sur l'Église, notamment en transférant en Avignon le siège de Pierre et en nommant sept antipapes français. Dans une tournure de phrase chargée de sens à l'époque, la papauté d'Avignon en vint à être connue sous le nom de "captivité babylonienne de la papauté" après que Pétrarque, le poète et humaniste italien, eut visité Avignon et l'eût décrite comme la "Babylone de l'Occident" dans ses lettres et ses écrits, critiquant ce qu'il percevait comme le caractère mondain, le luxe et la corruption de la cour papale qui s'y trouvait.
L'utilisation de ces références par Colby "a été largement interprétée par les responsables du Vatican comme une tactique d'intimidation - laissant entendre que les États-Unis pourraient exercer une pression similaire ou imposer sa volonté au Saint-Siège s'il ne s'alignait pas sur les intérêts américains." (5) Cette menace a provoqué la colère du Vatican, qui a perçu l'allusion à Avignon comme une menace voilée d'action militaire ou coercitive contre le Saint-Siège. En réaction à cette menace, le Vatican a annulé la visite du pape aux États-Unis prévue en juillet pour célébrer le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance. Le vice-président J. D. Vance s'est retrouvé pris entre deux feux par un journaliste -se tenant sur le tarmac à Budapest- qui voulait connaître sa position dans ce conflit. Vance a affirmé ne pas être au courant de l'incident après avoir déclaré n'avoir jamais entendu parler du cardinal Christophe Pierre, mais la fracture entre catholiques et sionistes chrétiens au sein de la coalition MAGA est devenue trop importante pour être ignorée lorsque le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a annoncé un service de prière du Vendredi saint, réservé aux protestants au Pentagone.
À un moment donné entre la messe de la Cène du Seigneur le Jeudi saint et le service de prière du Vendredi saint, où les sionistes chrétiens de l'administration se sont rassemblés pour demander la bénédiction de Dieu sur la guerre israélo-américaine immorale contre l'Iran, un F-15E Strike Eagle était abattu au-dessus d'une zone reculée et montagneuse du sud de l'Iran, près d'Ispahan, déclenchant une mission CSAR (recherche et sauvetage au combat) pour récupérer les pilotes abattus, opération qui a mobilisé 150 appareils et entraîné la perte de deux avions de transport C-150 Hercules contenant des hélicoptères, des véhicules terrestres et 150 soldats de combat, ce qui a conduit de nombreux observateurs à en conclure que le véritable objectif de la mission était la confiscation de 400 kilos d'uranium dans des tunnels secrets près d'Ispahan. Le but de cette mission était de fournir à Trump l'occasion d'une capture à la vénézuélienne qui lui permettrait de crier victoire et de sortir d'Iran par une issue de secours bricolée à la hâte, pour mettre fin à une guerre que les États-Unis étaient en train de perdre lamentablement.
Mais voilà qu'au lieu de cela, Trump a eu droit à une étrange répétition de l'opération Eagle Claw, qui s'était déroulée les 24 et 25 avril 1980 lors d'une tentative ratée de sauvetage de 53 otages américains détenus à l'ambassade américaine à Téhéran après leur capture en novembre 1979. L'échec de l'opération Eagle Claw avait scellé le sort de la présidence de Jimmy Carter, et la débâcle près d'Ispahan menaçait de faire d'en faire autant pour la présidence de Donald Trump.
Lorsqu'il est devenu évident que la mission visant à dérober l'uranium iranien avait échoué, Trump a tweeté un message le dimanche de Pâques qui avait le ton dérangé d'un homme à court d'options : "Mardi sera Le Jour des Centrales électriques et Le Jour des >Ponts, tout en un, en Iran. Il n'en restera rien! ! ! Open the Fuckin' Strait, you crazy bastards Ouvrez ce putain de détroit, bande de salauds fous, ou vous allez connaître l'enfer - Vous allez voir ! Gloire à Allah. Le président DONALD J. TRUMP."
L'utilisation du mot "fuck" par Trump le dimanche de Pâques a suscité de nombreuses critiques. Tucker Carlson a qualifié ce message d'"ignoble à tous les niveaux" et l'a décrit comme une "profanation" de Pâques, le premier pas vers une guerre nucléaire, et une menace de crime de guerre en ciblant des infrastructures civiles (centrales électriques et ponts) en Iran. (6)
Carlson a présenté cette rhétorique comme une escalade vers un conflit plus large, a exhorté les chrétiens à prendre conscience de la direction dans laquelle Trump menait le pays, et a suggéré que les responsables et le personnel du gouvernement devraient refuser les ordres illégaux ou immoraux. Il a également lié cela à une critique plus large de certaines personnalités évangéliques (comme Paula White) et de ce qu'il considérait comme de la corruption ou une utilisation abusive du christianisme dans les cercles politiques. (7)
Le matin du mardi 7 avril, Donald Trump a franchi une étape décisive dans l'escalade lorsqu'il a déclaré à l'Iran : "Une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais renaître. Je ne veux pas que cela arrive, mais cela arrivera probablement." (8)
Le même jour, le pape Léon a dénoncé la menace de Trump comme étant "véritablement inacceptable". Le pape a ensuite évoqué "des questions de droit international ici, mais plus encore une question morale pour le bien de l'ensemble de la population... Je voudrais inviter chacun à réfléchir sincèrement dans son cœur aux nombreuses personnes innocentes, tant d'enfants, tant de personnes âgées, totalement innocentes, qui deviendraient également victimes de cette escalade de guerre." (9)
Quatre-vingt-dix minutes avant l'échéance de mardi à 20 h, Trump a annoncé une suspension de deux semaines des frappes américaines prévues, à condition que l'Iran accepte de rouvrir pleinement, immédiatement et en toute sécurité le détroit. Revenant sur l'appel à la "capitulation inconditionnelle" qu'il avait lancé au début du conflit, Trump acceptait le plan de paix en dix points de l'Iran :
- Engagement des États-Unis à la non-agression - Une garantie fondamentale que les États-Unis (et Israël) n'attaqueront plus l'Iran, avec des assurances de sécurité contre de futures frappes.
- Maintien du contrôle/rôle de supervision de l'Iran sur le détroit d'Ormuz - Reconnaissance de l'autorité de l'Iran ou de son rôle de coordinateur principal sur la voie navigable, y compris la mise en place d'un protocole de transit sécurisé ou d'un mécanisme officiel pour la navigation.
- Acceptation de l'enrichissement d'uranium par l'Iran - Reconnaissance explicite, par les États-Unis et la communauté internationale, du droit de l'Iran à enrichir de l'uranium pour son programme nucléaire.
- Levée de toutes les sanctions primaires américaines contre l'Iran.
- Levée de toutes les sanctions secondaires (contre les entités étrangères ou les pays faisant des affaires avec l'Iran).
- Abrogation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU visant l'Iran.
- Abrogation de toutes les résolutions de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) ou décisions du Conseil des gouverneurs concernant le programme nucléaire iranien.
- Fin de tous les conflits régionaux et des attaques contre les alliés de l'Iran - Cela inclut la cessation des frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban, ainsi que la fin plus générale des hostilités impliquant l'"Axe de la résistance" (par exemple, en Irak, au Yémen, au Liban).
- Retrait des forces militaires américaines des bases et des points de déploiement dans l'ensemble de la région du Moyen-Orient.
- Indemnisation/aide à la reconstruction et déblocage des avoirs gelés - Paiement intégral ou mise en place de mécanismes (via des droits de transit ou autres) pour les dommages de guerre et la reconstruction en Iran, ainsi que le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger. Certaines versions mentionnent également une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU visant à officialiser l'accord. (10)
Le pape Léon XIV a salué le cessez-le-feu de Trump en Iran et a appelé à un dialogue prolongé pour mettre fin au conflit : "Après ces dernières heures de grande tension au Moyen-Orient et dans le monde entier, j'accueille avec satisfaction et comme un signe d'espoir profond l'annonce d'une trêve immédiate de deux semaines. Ce n'est que par un retour aux négociations que la guerre pourra prendre fin. Je vous invite à accompagner ce moment de travail diplomatique délicat par la prière, dans l'espoir que la volonté de dialoguer puisse devenir l'instrument permettant de résoudre d'autres conflits à travers le monde. Je renouvelle mon invitation à tous à se joindre à moi pour la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, dans la basilique Saint-Pierre, le samedi 11 avril." (11)
Qu'est-ce qui a fait changer d'avis Trump ? Selon Mike Adams :
La réponse réside dans la mission secrète désastreuse qui constituait son dernier pari désespéré. Des rapports indiquent que la Maison Blanche "envisageait sérieusement une opération terrestre visant à s'emparer des stocks d'uranium enrichi de l'Iran". Cette mission était une tentative pour créer une "issue de secours" - afin d'éliminer physiquement le prétexte nucléaire de la guerre et déclarer victoire. Le plan a échoué de manière spectaculaire. L'Iran a abattu des avions de chasse américains, dont un F-35, et l'opération s'est soldée par des appareils détruits et des soldats morts. Cet échec a privé Trump de sa dernière option militaire crédible. La pression interne l'a alors contraint à agir. Plus de 100 experts juridiques basés aux États-Unis ont qualifié les frappes contre l'Iran de "crimes de guerre potentiels". Les appels à la destitution se sont intensifiés. Sans voie viable vers la victoire sur le terrain et face à l'effondrement politique chez lui, Trump n'avait d'autre choix que de chercher un accord depuis une position de profonde faiblesse. Son report de la date limite au 6 avril n'était pas un signe de progrès, mais la reconnaissance d'un désastre imminent. Le mythe de l'invincibilité militaire américaine dans le golfe Persique s'est effondré. (12)
L'autre facette de cette histoire, c'est J.D. Vance, celui qui a convaincu "Trump de refuser de s'engager dans l'escalator menant à l'enfer. Sans lui, cela ne se serait pas produit. Aujourd'hui, Trump a prouvé son courage au monde entier, mais surtout au peuple américain qui lui a accordé sa confiance." (13) Selon un responsable de l'un des pays médiateurs, J.D. Vance a joué un rôle crucial dans la négociation de l'accord de dernière minute entre les États-Unis et l'Iran, avec l'aide de la Chine qui a contribué à rallier l'Iran à la cause. Politico rapporte que :
Vance a participé activement aux pourparlers indirects par l'intermédiaire de médiateurs, notamment en prenant contact avec les dirigeants militaires et politiques pakistanais (par exemple, le général Asim Munir) alors qu'Islamabad faisait circuler des propositions de cessez-le-feu. Il a été décrit comme étant "en attente" pour dialoguer directement avec les responsables iraniens si les progrès des négociations parallèles (menées initialement par l'envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner) le justifiaient. Trump a publiquement confirmé l'implication de Vance dans la "négociation". Vance "a aidé à définir deux voies possibles pour l'Iran : la négociation et l'intégration dans le commerce mondial, ou la poursuite de la confrontation." (14)
Le principal enjeu était la crédibilité. En nommant Jared Kushner et Steve Witkoff comme envoyés spéciaux, Trump avait détruit toute sa crédibilité auprès des Iraniens, qui savaient que les Juifs n'avaient aucun scrupule à mentir à leurs partenaires de négociation et, pire encore, étaient prêts à utiliser les négociations comme une occasion pour les faire assassiner. Le catholicisme de Vance lui conférait la crédibilité morale qui faisait défaut aux Juifs et qui était essentielle à toute issue favorable. Vance était considéré comme un soulagement bienvenu par rapport au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, qui imposait un test religieux décisif aux généraux menant cette guerre malheureuse, licenciant ceux qui refusaient de se rallier à sa lecture apocalyptique et sioniste chrétienne de l'actualité.
Le cessez-le-feu a marqué un glissement du contrôle sioniste chrétien de l'administration Trump vers un contrôle catholique de facto sous J.D. Vance. Le pape a également joué un rôle dans ce glissement. Le point culminant de l'influence sioniste chrétienne fut le service du Vendredi saint au Pentagone, qui excluait les catholiques.
La démission de Joe Kent incarnait l'autre facette de l'histoire. Anticipant la direction que prenait l'administration Trump, Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a remis sa lettre de démission le 17 mars 2026. Kent fondait sa démission sur des considérations morales : "Après mûre réflexion, j'ai décidé de démissionner de mon poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, avec effet immédiat. Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d'Israël et de son puissant lobby américain."
Le dimanche de Pâques, le 5 avril, peu après que Trump eut ordonné aux Iraniens d'"ouvrir ce putain de détroit", l'archevêque Timothy Broglio, à la tête de l'archidiocèse des services militaires, déclarait dans l'émission Face the Nation de CBS que la guerre contre l'Iran ne répondait pas aux critères de la théorie de la guerre juste de l'Église catholique, car "elle vise à parer à une menace avant même que celle-ci ne se concrétise" (15)
Broglio a ajouté qu'il était "difficile" de considérer cette guerre "comme quelque chose qui serait soutenu par le Seigneur", s'est rallié aux appels du pape Léon XIV en faveur de la négociation et de la paix, et a qualifié d'"un peu problématiques" les invocations de Jésus par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour justifier la guerre. Il a également conseillé aux militaires catholiques d'arguer qu'ils ne sont pas moralement tenus d'obéir à des ordres qui violent clairement leur conscience ou les principes de la guerre juste, les exhortant à "causer le moins de mal possible et à essayer de préserver des vies innocentes". (16)
Broglio n'a pas utilisé la formulation exacte "les catholiques ne peuvent pas soutenir la guerre". Il a plutôt déclaré que le conflit ne répondait pas aux critères de la théorie catholique de la guerre juste, laissant entendre que les catholiques fidèles - en particulier ceux qui sont dans l'armée - ont de sérieuses raisons morales de remettre en question ou de refuser leur soutien à la guerre pour des motifs de conscience.
Les adultes que nous attendions sont donc enfin entrés en scène, et tous sont catholiques. Les commentaires de l'archevêque Broglio "ont été largement relayés comme une réprimande significative de la part du plus haut aumônier militaire catholique américain, surtout compte tenu de sa réputation conservatrice et de son rôle de supervision des aumôniers catholiques dans les forces armées". (17)
Moins d'un mois après sa démission, Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, qui est également un catholique fervent, un Béret vert (Forces spéciales) de l'armée américaine à la retraite et un ancien officier paramilitaire de la CIA, "est revenu dans le débat". Dans une tentative pour résoudre le dilemme que Trump a créé pour les soldats catholiques après s'être lancé dans une guerre immorale au profit d'Israël, Kent a énoncé une évidence : "Pour garantir le succès du cessez-le-feu, nous devons d'abord veiller à contenir les Israéliens. [...] Si les Etats-Unis s'opposent à tout type d'accord avec l'Iran, cela va à l'encontre des objectifs stratégiques des Israéliens. [...] Nous devons comprendre qu'il n'existe actuellement aucune solution militaire au conflit. Chaque action militaire que nous avons menée n'a fait que stabiliser le régime [iranien]. C'est en apportant la paix que nous deviendrons la nation la plus puissante. Nous n'avons rien à gagner à aggraver le conflit. Afin de parvenir à une paix durable et de maintenir le détroit ouvert, nous devons contenir les Israéliens. Je continue de prier pour la paix, de prier pour le président Trump, de prier pour qu'il fasse preuve de lucidité. Priez pour que les négociations de paix aboutissent. Priez pour nos hommes et nos femmes sur le terrain, en danger. Merci. Que Dieu vous bénisse." (18)
Quelques heures après l'annonce du cessez-le-feu, Benjamin Netanyahou a tweeté en anglais, car il voulait avertir l'administration Trump et ses partisans sionistes chrétiens qu'Israël poursuivrait ses opérations militaires au Liban, au mépris total de l'accord de cessez-le-feu. La réaction de Netanyahu était, comme on pouvait s'y attendre, aveugle, non seulement à la loi morale, mais aussi aux conséquences de ses actions au Liban, où le désastre se profile à l'horizon, car "Israël est en train de subir de lourdes pertes sur le terrain". (19) Peu après le début des bombardements israéliens sur Beyrouth : le Hezbollah a infligé à l'entité sioniste l'une des pires déroutes de la guerre. L'histoire de l'unité d'élite israélienne prise dans une embuscade près du fleuve Litani a été rapportée par la chaîne israélienne Channel 12 : un soldat israélien de l'unité d'élite Yahalom a décrit l'embuscade sur le fleuve Litani, en face du château de Beaufort : "Je me bats depuis près de trois ans, et je n'ai jamais vu une telle puissance de feu de ma vie " Le Hezbollah a tiré environ 400 roquettes et obus en quelques minutes, y compris des munitions à fragmentation. Les soldats ne pouvaient pas relever la tête. Ils rampaient au sol juste pour battre en retraite. La majeure partie de la force a été touchée en quelques minutes, y compris un lieutenant-colonel gravement blessé. Cela s'est transformé en une catastrophe majeure avec de nombreuses victimes. Les combattants ont qualifié cette bataille de la plus dure qu'ils aient jamais affrontée, pire que celles de Gaza ou des opérations au Liban de l'année dernière. Un soldat a déclaré : "Vous êtes allongé par terre, rampant pour soigner les blessés, tandis que tout votre corps tremble sous l'effet des explosions qui ne cessent jamais." En raison des lourdes pertes, les commandants ont ordonné un retrait immédiat et ont abandonné la mission. Ils ont même laissé derrière eux du matériel d'ingénierie Yahalom de grande valeur. La décision a été approuvée au plus haut niveau par le Commandement du Nord et le chef d'état-major. Après le retrait, le Hezbollah s'est rendu sur place en plein jour, a photographié les véhicules et s'est emparé d'une partie du matériel. Aucune frappe israélienne n'est venue l'anéantir. Les officiers supérieurs israéliens qualifient cet incident de l'un des pires échecs opérationnels et de renseignement de toute la guerre. (21)
Joe Kent avait raison lorsqu'il a déclaré que Trump devait freiner Israël s'il voulait un cessez-le-feu. Nous savons que Dieu veut la paix, mais supposons qu'Il ne veuille pas d'un cessez-le-feu ? Supposons que son objectif pour la région implique la destruction totale d'Israël comme seule garantie d'une paix durable ? Il pourrait y parvenir en laissant Netanyahou faire le travail à sa place. Tout ce que Netanyahou a fait pour poursuivre son rêve mégalomane d'un Grand Israël a rapproché un peu plus Israël de son extinction. Nous sommes désormais dans la phase finale de cette campagne. Personne n'aurait imaginé cela il y a un an, mais Tel-Aviv ressemble désormais davantage à Gaza qu'avant le début de la guerre contre l'Iran. Les rats juifs quittent le navire en perdition connu sous le nom d'USS Israël. Le rêve d'un Grand Israël est désormais devenu un cauchemar pour les Israéliens. Israel delenda est, c'est ce qui est inscrit sur le mur. La délivrance du monde est proche.
source : Entre la Plume et l'Enclume