
Par Imran Mulla, le 12 avril 2026
Cette déclaration intervient alors que les pourparlers directs entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad se sont soldés par un échec.
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que la marine américaine va immédiatement bloquer le détroit d'Ormuz, quelques heures après que les pourparlers marathon sur le cessez-le-feu entre les États-Unis et l' Iran se sont soldés par un échec.
Tout au long du week-end, les yeux du monde entier ont été rivés sur Islamabad pendant près de 21 heures lors de pourparlers au plus haut niveau entre Washington et Téhéran, les premiers en 50 ans.
Y ont participé le vice-président américain JD Vance, l'envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président Trump, Jared Kushner, aux côtés du président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Cependant, Vance a annoncé dès dimanche matin, à l'issue des pourparlers, s'apprêter à rentrer aux États-Unis sans avoir conclu d'accord.
Dans l'après-midi, Trump a rompu son silence en publiant deux messages sur sa plateforme numérique, Truth Social, annonçant que l'armée américaine est "prête à l'action" pour "liquider le peu qui reste de l'Iran" au moment opportun.
Il a déclaré que les forces américaines
"entameront le processus de BLOCAGE de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz".Trump a ajouté : "Nous allons instaurer un système où 'TOUS PEUVENT ENTRER ET SORTIR', mais le gouvernement iranien ne se montre pas disposé à y consentir.
"J'ai également ordonné à notre marine de traquer et intercepter tout navire en eaux internationales s'acquittant d'un péage auprès de l'Iran. Quiconque s'acquitte d'un péage illégal ne bénéficiera d'aucun droit de passage en haute mer".
Dans un second message, le président a déclaré que l'Iran n'est pas disposé à renoncer à ses ambitions nucléaires.
Il a précisé qu'"à bien des égards, les points sur lesquels nous nous sommes mis d'accord sont préférables aux opérations militaires, mais tous ces détails importent peu face au risque de laisser l'arme nucléaire entre les mains d'un peuple aussi incontrôlable, difficile et imprévisible."L'IRAN NE DISPOSERA JAMAIS DE L'ARME NUCLÉAIRE !"
Les points de discorde
Vance a déclaré plus tôt dans la journée que l'équipe de négociation américaine a été en contact permanent avec Trump tout au long des pourparlers.
Samedi, Trump a adopté un ton désinvolte, déclarant aux journalistes que la conclusion d'un accord avec l'Iran "m'importe peu", alors qu'il s'apprêtait à se rendre à Miami pour assister à un événement de l'Ultimate Fighting Championship. Le président aurait assisté au combat selon certaines sources alors que Vance prenait la parole à Islamabad.
Les désaccords entre les parties ont principalement porté sur la revendication de l'Iran de contrôler le détroit d'Ormuz et son refus de renoncer à ses stocks d'uranium enrichi. Ces enjeux s'avèrent être les principaux points de discorde dans la conclusion d'un accord.
Vance a déclaré que Washington cherche à obtenir de l'Iran un "engagement ferme" à ne pas se doter de l'arme nucléaire ni des moyens d'en développer rapidement, qualifiant cette exigence d'objectif central des négociations.
"Encore une fois, leur programme nucléaire, en l'état actuel des choses, ainsi que les installations d'enrichissement dont ils disposaient auparavant, ont été détruits", a déclaré Vance aux journalistes."Mais la question simple se pose : constatons-nous une volonté fondamentale de la part des Iraniens de ne pas développer d'arme nucléaire, pas seulement aujourd'hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme ? Nous n'avons pas encore cette certitude, mais nous espérons y parvenir".
"La diplomatie est un processus sans fin"
L'Iran estime quant à lui que "la balle est dans le camp américain", a rapporté l'agence de presse Tasnim, citant une source bien informée.
Le rapport indique que Téhéran a présenté des "initiatives raisonnables" au cours des négociations. Il ajoute que la situation dans le détroit d'Ormuz, contrôlé par l'Iran, n'évoluera pas tant que Washington n'aura pas accepté ce que Téhéran qualifie d'accord "raisonnable".
Aucune date ni lieu n'ont été fixés pour un éventuel prochain cycle de négociations.
Ghalibaf a déclaré sur X que
"nous sommes de bonne foi et avons la volonté nécessaire, mais l'expérience des deux dernières guerres ne nous permet pas de faire confiance à la partie adverse".Il ajoute que "La délégation adverse n'a en fin de compte pas réussi à gagner la confiance de la délégation iranienne lors de ce cycle de négociations".
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, estime qu'espérer parvenir à un accord avec les États-Unis en un seul cycle de négociations n'est pas réaliste. Il souligne que les pourparlers ont eu lieu après des semaines de conflit et dans un climat de profonde méfiance, déclarant que les deux parties sont parvenues à un accord sur certain points, mais restent en désaccord sur "deux ou trois questions majeures".
Il ajoute que les avancées dépendent du "sérieux et de l'honnêteté" des États-Unis et de leur respect des "droits et intérêts légitimes" de l'Iran.
M. Baghaei a déclaré que la diplomatie "est un processus sans fin", ajoutant que les consultations avec le Pakistan et d'autres pays amis et voisins se poursuivront.
Les alliés appellent à la poursuite des négociations
Le vice-Premier ministre pakistanais Ishaq Dar a appelé les États-Unis et l'Iran à respecter leur engagement en faveur du cessez-le-feu et à poursuivre les négociations dans un "état d'esprit constructif". Il a insisté sur la nécessité pour les deux parties d'œuvrer en faveur d'une "paix et d'une prospérité durables" dans la région. M. Dar a ajouté que le Pakistan poursuivra ses démarches pour promouvoir le dialogue entre les deux parties.
Les principaux alliés des États-Unis ont quant à eux exprimé leur déception face à l'interruption des négociations. La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a invité les États-Unis et l'Iran à respecter le cessez-le-feu et à reprendre les négociations. Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a déclaré :
"Il est clairement décevant de constater qu'aucune avancée décisive n'a encore été réalisée lors des négociations et qu'aucune issue viable n'a été envisagée pour mettre fin à la guerre contre l'Iran.Et d'ajouter : "Comme toujours en diplomatie, on échoue avant de réussir. Même si ces négociations n'ont pas abouti, cela ne doit pas empêcher de persévérer".
Traduit par Spirit of Free Speech