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 Échec des négociations irano-américaines à Islamabad : derniers développements

13/04/2026 ssofidelis.substack.com  11min #310872

 Échec des négociations irano-américaines à Islamabad : derniers développements

Les derniers râles de la diplomatie américaine

L'envoyé spécial Steve Witkoff saluant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 29 septembre 2025. (Maison Blanche / © Joyce N. Boghosian)

Par  Patrick Lawrence, Spécial Consortium News, le 10 avril 2026

Trump, fidèle à la malhonnêteté chronique de son régime, a remodelé les codes de la diplomatie américaine à l'image de ceux d'Israël. Il a fait des États-Unis une sorte de paria - un pays auquel personne ne peut plus faire confiance.

Combien de temps aura-t-il fallu aux Israéliens pour saboter l'accord de cessez-le-feu conclu mardi soir par le régime Trump avec la République islamique, moins de cinq minutes avant minuit ?

Et combien de temps a-t-il fallu au régime Trump pour approuver la violation délibérée de cet accord par les sionistes ?

Ça se compte en heures.

Le président Donald Trump a déclaré approuver l'accord de deux semaines sur Truth Social, sa plateforme de réseaux sociaux, à 18 h 32 mardi soir, heure de la côte Est des États-Unis.

Le lendemain matin - au plus tard -, le régime sioniste bombardait le Liban à tout va.

Comme on dit dans la presse, le compte à rebours a commencé. Mercredi matin à 10 h, Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que l'accord de cessez-le-feu, négocié par le Pakistan, ne s'appliquait pas au Liban.

À 10 h 10, Islamabad, affirmant que l'accord incluait bel et bien le Liban, a en fait accusé le régime Trump de mentir.

Depuis, les grands médias occidentaux ne cessent de nous rabâcher que l'accord de cessez-le-feu - dont une copie papier vaudrait son pesant d'Iranian Light [pétrole brut léger iranien], mais l'accord semble avoir été verbal - ne couvre pas nécessairement les agressions sanguinaires d'Israël au Liban.

C'est le flou total, entre le "nous avons dit, ils ont dit" et la "confusion" - le mot de prédilection de la presse grand public.

Vraiment ?

S'affichant comme la voix de la raison, J.D. Vance a affirmé que cette confusion traduit "une incompréhension compréhensible" du côté iranien.

Voici ce qu'a déclaré le vice-président de Trump mercredi, lors d'une visite à Budapest :

"Je pense que les Iraniens ont cru que le cessez-le-feu incluait le Liban, alors que ce n'était pas le cas. Nous n'avons jamais rien promis de tel. Nous n'avons jamais laissé entendre. Si l'Iran veut faire capoter cette négociation dans un conflit qui lui est défavorable au sujet du Liban... c'est en fin de compte son choix. Nous pensons que ce serait stupide, mais c'est son choix".

"Ce n'était pas le cas". Peut-on faire plus vague ?

L'envoyé spécial Steve Witkoff saluant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 29 septembre 2025. (Maison Blanche / © Joyce N. Boghosian)

Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien  a publié mercredi un communiqué indiquant que cet accord, fraîchement conclu, exige, entre autres,

"l'arrêt des combats sur tous les fronts, y compris contre la résistance héroïque au Liban".

Shehbaz Sharif l'avait d'ailleurs déjà déclaré en des termes clairs et sans aucune ambiguïté. Extrait d'un communiqué publié par le Premier ministre pakistanais sur X à 1 h 50 du matin mercredi :

"C'est avec la plus grande humilité que j'ai le plaisir d'annoncer que la République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique, ainsi que leurs alliés, ont convenu d'un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs, AVEC EFFET IMMÉDIAT..."

 Shehbaz Sharif@CMShehbaz With the greatest humility, I am pleased to announce that the Islamic Republic of Iran and the United States of America, along with their allies, have agreed to an immediate ceasefire everywhere including Lebanon and elsewhere, EFFECTIVE IMMEDIATELY. I warmly welcome the 11:50 PM · Apr 7, 2026 · 13.1M Vues -- 12.4K Réponses · 30.6K Reposts · 128K Likes

Un homme d'État qui a mené ces négociations (indirectes) avec une diligence évidente inventerait-il quelque chose d'aussi important ? Le conseil chargé des intérêts nationaux et de la politique étrangère de la République islamique agirait-il ainsi ?

Impensable. Seuls Trump et les bouffons au service de son régime, dont la désinvolture à couper le souffle ne cesse d'enfler, inventent de faux accords, de fausses victoires diplomatiques, de fausses victoires sur le champ de bataille et, dans ce cas précis, un accord auquel il manque une clause dont il est tout simplement inconcevable qu'elle n'y figure pas.

Mercredi soir, la situation était plus nette que ce que le régime Trump aurait souhaité. Comme l'a  rapporté le New York Times,

"La Maison Blanche avait déjà pris connaissance et approuvé la déclaration [pakistanaise] avant que M. Sharif ne la publie, selon une personne informée du contenu de la communication..."

Au moment où le Times a publié cette information, Trump et ses acolytes avaient déjà baissé leur pantalon bien en dessous des genoux.

Pour conclure ce compte à rebours, voici une série de trois brefs messages sur X provenant du compte officiel X de Bibi Netanyahu :

"Bureau du Premier ministre : Israël soutient la décision du président Trump de suspendre les frappes contre l'Iran pendant deux semaines, sous réserve que l'Iran ouvre immédiatement le détroit et cesse toutes les attaques contre les États-Unis, Israël et les pays de la région.

"Israël soutient en outre les initiatives américaines permettant de s'assurer que l'Iran ne représente plus de menace nucléaire, balistique et terroriste pour l'Amérique, Israël, les voisins arabes de l'Iran et le monde.

"Les États-Unis ont fait savoir à Israël qu'ils s'engagent à atteindre ces objectifs, communs [sic] aux États-Unis, à Israël et aux alliés régionaux d'Israël, lors des négociations à venir. Le cessez-le-feu de deux semaines n'inclut pas le Liban".

Vance à droite, à la Maison Blanche, avec, de gauche à droite, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées Dan Caine, le 18 août 2025. (Maison Blanche / © Daniel Torok)

Ces publications ont été publiées trois heures et quelques minutes après la publication de la déclaration de Sharif. Le président Trump - élément essentiel - a nié sur Truth Social la portée de l'accord au Liban, contredisant ainsi son engagement antérieur, à peine cinq heures plus tard.

Aucune "confusion" ni "malentendu" - pour reprendre le terme de Vance - concernant les événements survenus dans les heures suivant l'annonce de l'accord de cessez-le-feu par le Premier ministre Sharif.

Nous sommes confrontés à l'une des nombreuses nouvelles réalités issues du chaos géopolitique mondial provoqué par les Américains et les Israéliens depuis qu'ils ont lancé - ou plutôt relancé - leurs agressions militaires contre la République islamique.

Les États-Unis, un partenaire diplomatique sans crédibilité

La fiabilité de Washington en matière d'affaires d'État est en déclin depuis des décennies - au moins depuis la fin de la Guerre froide, voire avant.

Trump, entre ses mensonges perpétuels, ses trahisons diplomatiques à répétition et ses menaces d'une brutalité choquante d'anéantir des peuples entiers, des nations et, tout récemment, une civilisation dans son ensemble, fait des États-Unis un partenaire diplomatique, un interlocuteur ou un négociateur hors-jeu aux tables des négociations du monde.

"Les États-Unis ne récupéreront jamais leur autorité : Trump a franchi le point de non-retour" : tel est le titre d'un article intéressant publié l'autre jour par  UnHerd. Dans cet article, un universitaire américain nommé B. Duncan Moench expose son point de vue en ouvrant le feu avec cette observation cinglante :

"Une fois que votre pays bascule du statut de gendarme du monde à celle de fou furieux menaçant de tirer sur quiconque le regarde de travers dans un bar, il n'y a plus de retour en arrière".

C'est ce caractère définitif suggéré par Moench qui frappe ici. En géopolitique contemporaine, il n'y a pas un seul cas, aucun qui me vienne à l'esprit, où les États-Unis (disons "les États-Unis de Trump", à l'instar des médias mainstream qui parlent toujours de "la Russie de Poutine") ne jouent pas le rôle de trouble-fête, de semeur de chaos, voire les deux à la fois.

Tout en continuant à prétendre, à l'envi, être un phare pour le monde.

Les décennies de la Guerre froide sont truffées de mensonges racontés à ceux qui croyaient aux promesses de l'Amérique, d'histoires de fourberies, de trahisons en tout genre.

Mais la chute de l'Union soviétique marque, à mon sens, le début du déclin des États-Unis en tant que puissance diplomatique crédible et digne de confiance.

Souvenons-nous notamment de la trahison de Mikhaïl Gorbatchev par le régime de H.W. Bush, lorsque James Baker, le secrétaire d'État de Bush, a promis au réformateur soviétique que l'OTAN ne s'étendrait jamais plus à l'est des frontières de l'Allemagne réunifiée vers les anciens pays du Pacte de Varsovie.

"Mais cela n'a jamais été couché sur papier" : telle est la pitoyable excuse avancée par ceux qui sont contraints de reconnaître cette perfidie honteuse, mais s'efforcent de la dissimuler.

D'où les trois décennies de duplicité dans les relations de Washington avec la Fédération de Russie, jusqu'aux provocations du régime Biden avant l'intervention militaire russe en Ukraine en février 2022. Même si je trouve cette intervention regrettable, elle était nécessaire, imposée par la duplicité américaine.

Mimétisme hasbara

Steve Witkoff, ce personnage indigne d'être mentionné qui fait office d'"envoyé spécial" de Trump dans les crises ukrainienne et iranienne, a affirmé juste avant son deuxième cycle de pourparlers avec les Iraniens en février que la République islamique serait

"probablement à une semaine de disposer de matière nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire".

Ce n'était qu'un avant-goût des inepties suivantes.

Après les pourparlers de Genève, Sayyid Badr bin Hamad al-Busaidi, le ministre des Affaires étrangères omanais qui a joué le rôle de médiateur dans ces négociations, a déclaré dans l'émission Face the Nation qu'"un accord est à portée de main" : Regardez l'extrait  : son récit détaillé est tout à fait crédible.

Witkoff, s'exprimant sur Fox News le 3 mars, cinq jours après le début de l'offensive américano-israélienne, a déclaré à Sean Hannity :

"Je sais ceci : ils disposent d'environ 10 000 kg de matières fissiles. Ces matières se répartissent en environ 460 kg d'uranium enrichi à 60 % et 1 000 kg d'uranium enrichi à 20 %... Ils en possèdent une réserve inépuisable. L'uranium à 60 % peut être enrichi à 90 %, c'est-à-dire à un niveau de qualité militaire, en à peu près une semaine... Ils en tirent une grande fierté. Ils sont satisfaits d'avoir contourné toutes sortes de protocoles de contrôle pour parvenir à un stade où ils sont en mesure de fabriquer 11 bombes nucléaires... Ils nous ont fait comprendre qu'ils n'avaient aucune - aucune intention autre que de conserver leur capacité d'enrichissement dans le but de fabriquer des armes".

Aucun rapport avec la réalité - ni avec les acquis de Genève, ni avec la position ou les intentions de l'Iran en matière d'armement nucléaire.

On peut qualifier Steve Witkoff de voyou, car c'est le cas. Mais il incarne quelque chose de plus, un cap décisif dans le déclin de Washington, devenu un interlocuteur diplomatique méprisé et universellement détesté.

Réfléchissez bien à la portée de ce passage. La grossière manipulation par Witkoff d'une négociation diplomatique aux enjeux considérables s'inscrit en droite ligne de la hasbara [propagande] colportée depuis des décennies par Bibi Netanyahu et son régime terroriste.

On ne saurait trop insister sur la portée de ce mimétisme.

La crédibilité diplomatique d'Israël est depuis longtemps inexistence pour la simple raison que l'État sioniste se désintéresse de la vérité et de toute négociation avec qui que ce soit - et encore moins avec ses voisins d'Asie occidentale.

La duplicité et la trahison sont depuis longtemps deux caractéristiques indéniables du mode de gouvernance sioniste : Nous sommes des menteurs. C'est notre façon d'invalider toute diplomatie. Vous ne pouvez surtout pas vous fier à nos propos : c'est là notre pouvoir sur vous. Le pouvoir est notre seul langage.

Le régime sioniste est donc devenu une nullité diplomatique. On s'attend toujours aux violations consécutives à tout engagement de sa part.

Son plan récemment annoncé d'entamer des négociations avec le gouvernement libanais, sans doute en réponse aux réactions européennes, en est un exemple flagrant : ces pourparlers n'aboutiront nulle part, et quoi qu'on dise ou décide, quelles que soient les pressions exercées, les bombardements se poursuivront.

Et Trump, fidèle à la malhonnêteté chronique de son régime ces dernières semaines, a remanié les codes de la diplomatie américaine à la manière israélienne. Il a fait des États-Unis un paria - un pays indigne de confiance, fondamentalement malhonnête dans ses relations avec autrui.

L'État sioniste m'évoque souvent, et depuis des années, la vieille fable du scorpion et de la grenouille.

Les lecteurs la connaissent sûrement. Après que la grenouille a accepté à contrecœur de transporter le scorpion de l'autre côté de la rivière, ce dernier rompt sa promesse et pique la grenouille.

"Mais tu avais promis de ne pas me piquer", s'exclame la grenouille. Et le scorpion lui lance la réplique fatidique : "Mais tu sais bien que piquer est dans ma nature".

Voilà depuis toujours l'histoire d'Israël. Et désormais celle des États-Unis.

Et, comme l'a fait remarquer Duncan Moench, le processus est irréversible.

Traduit par  Spirit of Free Speech

* Patrick Lawrence, correspondant à l'étranger pendant de nombreuses années, principalement pour l'International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, conférencier et auteur, dont l'ouvrage le plus récent est  Journalists and Their Shadows, disponible  chez Clarity Press. Parmi ses autres livres figure Time No Longer: Americans After the American Century. Son compte Twitter,  @thefloutist, a été réactivé après des années de censure.

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