Au moins neuf civils libanais ont été tués et des dizaines d'autres blessés lors des frappes aériennes israéliennes sur la ville portuaire historique de Tyr, dans le sud du Liban, selon les autorités libanaises.
Les frappes, menées mardi 9 juin, ont touché un quartier résidentiel de la ville côtière de Tyr. L'Agence nationale libanaise de l'information (ANIL) a rapporté que 28 personnes avaient été blessées lors de cette agression israélienne.
Les équipes de la Défense civile et les ambulanciers poursuivent les opérations de recherche et de sauvetage, déblaient les décombres afin de retrouver les personnes toujours portées disparues.
Israël avait déjà frappé la zone, avant d'émettre un ordre de déplacement forcé qui incluait le vieux quartier chrétien de Tyr, jusque-là exempté des consignes d'évacuation. Tyr a subi de nombreuses frappes israéliennes au cours de ces derniers jours.
Lundi, au moins cinq personnes ont été tuées et huit blessées lors d'une frappe israélienne près d'un centre de la Croix-Rouge dans la ville. Quatre ambulanciers figuraient parmi les blessés. Un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO a, en outre, endommagé lors de l'attaque.
Le régime israélien a mené de nouvelles attaques sur le sud de Beyrouth, capitale libanaise, malgré les objections des États-Unis, qui craignent que de telles frappes provoquent une riposte iranienne et fassent dérailler les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre.
En même temps, le mouvement de résistance libanais Hezbollah a annoncé mardi avoir mené 16 opérations contre les forces israéliennes, notamment près du château stratégique de Beaufort.
Le mouvement de résistance a déclaré avoir détruit deux bulldozers militaires israéliens à Yohmor al-Shaqif et frappé plusieurs lieux de concentration des troupes israéliennes. Le Hezbollah a, par ailleurs, fait part de l'interception d'un drone israélien au-dessus d'Iqlim al-Tuffah.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré qu'Israël avait mené près de 3 500 frappes aériennes, 407 démolitions et six campagnes de "rasage" qui ont réduit des villages entiers en cendres depuis le 16 avril. Son cabinet a indiqué que les abris à Beyrouth, Saïda et dans d'autres régions étaient saturés.
Le ministère libanais de la Santé a, de son côté, annoncé que le bilan des dernières agressions israéliennes, depuis le 2 mars, s'élevait à 3 666 morts et 11 321 blessés. Plus d'un million de personnes, soit environ un cinquième de la population libanaise, ont été déplacées.
Le Comité international de secours (IRC) a alerté sur la détérioration de la situation humaine indiquant que 94 % des personnes déplacées peinent à subvenir à leurs besoins essentiels.
Rick Bartoldus, directeur de l'IRC au Liban, a déclaré que de nombreux habitants, retournés chez eux, ont trouvé leurs maisons, voire leurs villages, détruits.
Parallèlement, l'Iran a annoncé avoir mis fin à ses frappes contre Israël, tout en avertissant que toute agression continue, y compris au sud du Liban, entraînerait des représailles "bien plus sévères et dévastatrices".
La récente escalade des tensions entre l'Iran et Israël a été déclenchée par une attaque israélienne contre Beyrouth dimanche.
Téhéran a toujours soutenu que tout accord de paix avec Washington devait impérativement inclure la fin des attaques israéliennes contre le Liban. L'Iran a également averti que les frappes et les tirs de missiles pourraient reprendre si Israël persistait dans son agression dans la région.
