
Par Larry C. Johnson, le 15 juin 2026
Les États-Unis et l'Iran n'ont jamais été aussi près de signer un protocole d'accord
Lorsque la nouvelle a éclaté qu'Israël bombardait la banlieue sud de Beyrouth dimanche après-midi, les Iraniens se sont préparés aux représailles promises, avant d'être dissuadés par un dessous-de-table de Donald Trump. L'Iran et les États-Unis étaient apparemment sur le point de conclure un accord basé sur le plan en 14 points de l'Iran lorsque la frappe israélienne au Liban a tout remis en question. L'Iran s'est rapidement préparé à lancer une nouvelle salve de missiles sur Israël, mais la clique de Donald Trump aurait proposé à l'Iran des incitations financières pour qu'il n'attaque pas Israël.
Le média iranien Mehr a rapporté qu'un protocole d'accord en 14 points entre les États-Unis et l'Iran prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours d'une période de négociation de 60 jours, la moitié de cette somme - 12 milliards de dollars - devant être mise à la disposition de l'Iran avant même le début des négociations. Le protocole d'accord prévoirait également la cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, l'engagement des États-Unis à ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran, la levée du blocus naval dans un délai de 30 jours et la réouverture du détroit d'Ormuz selon les modalités fixées par l'Iran.
Trump propose en substance à l'Iran un marché pour qu'il n'attaque pas Israël. Il a déclaré sur Truth Social que l'accord entre les États-Unis et l'Iran est "désormais conclu", autorisant la réouverture sans frais du détroit d'Ormuz et la levée immédiate du blocus naval américain, au lieu d'attendre 30 jours. Il a également accepté que l'Iran puisse percevoir les 12 milliards de dollars dès la signature de l'accord de cessez-le-feu vendredi.
Suite à ce changement, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé la conclusion d'un accord entre les États-Unis et l'Iran :
"La République islamique d'Iran, sous la direction de son chef martyr, a remporté une victoire sur l'ennemi américano-sioniste et, sous la direction du Guide suprême (que Dieu le protège), avec le soutien de toute la nation et les efforts assidus des guerriers de l'islam, après plusieurs mois de négociations difficiles et intensives et sur la base de la résolution du Conseil suprême de sécurité nationale, a finalisé le texte du protocole d'accord concernant les négociations destinées à mettre fin à la guerre (négociations à Islamabad) entre l'Iran et les États-Unis dans la soirée du 14 juin."Conformément aux accords conclus, la guerre et les opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, cesseront immédiatement et définitivement à partir de ce soir, et le blocus naval imposé à l'Iran sera immédiatement et entièrement levé. La signature de ce protocole d'accord aura lieu officiellement le vendredi 19 juin. Les négociations en vue de l'accord final seront reportées jusqu'à ce que l'autre partie s'acquitte de ses obligations conformément au protocole. La République islamique d'Iran apprécie grandement les efforts de la République islamique du Pakistan et du gouvernement du Qatar".
Mais avant de sabrer le champagne, il faut bien saisir que les responsables de l'administration Trump - pour la plupart anonymes - brossent un tableau bien différent de cet accord. Un haut responsable américain a par exemple rejeté l'affirmation de l'Iran selon laquelle il recevrait sans condition 12 milliards de dollars d'avoirs gelés avant le début des négociations de 60 jours, qualifiant cette déclaration de "manipulation", rapporte Axios :
"C'est tout à fait inexact. Il s'agit d'un accord de contrepartie, et aucun fonds gelé ne sera débloqué tant que les Iraniens n'auront pas tenu leurs engagements", a déclaré le responsable.
Le fond du problème est simple... Des divergences majeures subsistent entre les États-Unis et l'Iran concernant les détails du protocole d'accord proposé. Même si ces détails finissent par être réglés et qu'un accord est signé vendredi, dans lequel les deux parties confirment leur engagement mutuel à respecter les 14 principes énoncés dans le protocole d'accord final, cela marquera le début d'un processus de négociations qui durera au moins deux mois, voire plus. Et à tout moment dans les jours qui viennent, une violation du protocole d'accord par les États-Unis ou Israël pourrait pousser l'Iran à renouveler ses attaques contre des cibles militaires israéliennes et/ou américaines.
Traduit par Spirit of Free Speech