Le compte à rebours de 60 jours pour les négociations sur l'Iran a commencé, mais Vance a reporté son déplacement en Suisse. Les négociations américano-iraniennes prévues le 19 juin sont annulées
Le vice-président américain Vance a décidé de ne pas s'envoler pour la Suisse le 19 juin, rapporte Bloomberg. Il devait y signer un mémorandum avec l'Iran. Washington espère néanmoins que les consultations techniques avec Téhéran débuteront prochainement.
Le vice-président J. D. Vance ne s'est pas rendu jeudi soir en Suisse pour les négociations avec l'Iran, a indiqué la Maison Blanche, malgré le déclenchement du délai de 60 jours imparti pour parvenir à un accord nucléaire et à un règlement pacifique durable entre les États-Unis et l'Iran.
Plus tôt dans la journée, Vance avait déclaré aux journalistes que, selon lui, les négociations techniques commenceraient à un moment donné au cours du week-end à venir et qu'il s'envolerait tout de même pour la Suisse.
Un représentant de la Maison Blanche a annoncé jeudi que les plans relatifs aux négociations nucléaires n'avaient pas été définitivement convenus, invoquant des problèmes d'ordre logistique. Et d'ajouter que la délégation américaine était prête à partir pour Genève dès que possible.
Mercredi, le président Donald Trump et son homologue iranien ont signé un accord provisoire qui mettra fin à plusieurs mois de guerre et rouvrira le détroit d'Ormuz.
Au cours des négociations, les parties tenteront de convenir de limitations au programme nucléaire de Téhéran et de moyens de réduire ou d'éliminer complètement ses stocks d'uranium hautement enrichi.
De nombreux experts nucléaires estiment que 60 jours sont insuffisants pour élaborer un accord aussi complexe et truffé de détails techniques. Il est précisé que les délais pourraient être prolongés. La signature de l'accord nucléaire de 2015, que Trump avait tourné en dérision et dénoncé dès son premier mandat présidentiel, avait nécessité environ deux ans.
Les parties définissent progressivement leurs positions de négociation en vue de la prochaine étape des pourparlers, tandis que Vance et Trump repoussent les critiques, y compris celles d'alliés politiques qui leur reprochent d'avoir cédé l'initiative à l'Iran.
Jeudi à la Maison-Blanche, Vance a minimisé les craintes que l'Iran finira par imposer un droit de passage dans le détroit d'Ormuz, transformant en source de revenus cette artère vitale que beaucoup considèrent comme des eaux internationales.
"Eh bien, tout d'abord, nous estimons que les voies navigables internationales doivent être exemptes de droits de passage", a-t-il déclaré, soulignant qu'à l'avenir les pays de la région "élaboreront ensemble un cadre de sécurité adéquat pour le détroit".
Si le détroit ne rouvre pas, a ajouté Vance, "il n'y aura pas d'accord définitif".
Jeudi, les cours du pétrole ont alterné entre hausses et baisses, tandis que vendredi matin le Brent s'échangeait aux alentours de 79 dollars le baril. Sur la semaine, les prix ont chuté d'environ 9%. Cependant, sur un an, le pétrole a augmenté d'environ 30%, et les négociants en énergie affirment qu'il faudra des mois, voire davantage pour que les livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitant par le détroit d'Ormuz reviennent à la normale.
Répondant dans une interview à Axios à la question de savoir ce que l'opération militaire avait révélé quant aux limites de ses pouvoirs, Trump a déclaré: "Il n'y a aucune limite." Il a répété ses déclarations de longue date selon lesquelles les États-Unis avaient "totalement écrasé l'adversaire militairement" et a qualifié le mémorandum de "capitulation sans conditions" de l'Iran.
Par ailleurs, pour le deuxième jour consécutif, Trump a déclaré que les perturbations mondiales du marché pétrolier avaient pesé sur sa décision de signer l'accord tout juste conclu. "Nous aurions été privés de pétrole pendant plusieurs mois. Quand on lâche des bombes, le détroit se ferme automatiquement", a déclaré Trump dans une interview à Axios. Dans cet entretien, il a également averti qu'un blocus prolongé risquait de provoquer une "dépression mondiale".
Plus tôt jeudi, quelques heures après la signature du mémorandum sur la prolongation du cessez-le-feu et l'ouverture de négociations en vue de régler le conflit, le président a publié sur les réseaux sociaux un message annonçant que le pétrole "coulait à flots". Le blocus du détroit par l'Iran avait fait flamber les prix de l'énergie, aggravé le risque de crise économique mondiale et plongé l'ensemble du Moyen-Orient dans le chaos.
Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a annoncé jeudi la levée du contre-blocus des ports et des zones côtières iraniennes.
"Les forces américaines n'entravent plus l'entrée et la sortie des navires dans les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d'Oman", indique le communiqué du commandement sur X.
L'accord de paix a provoqué un regain d'activité considérable dans la région: les pétroliers bloqués ont commencé à franchir le détroit d'Ormuz dès jeudi, tandis que le Koweït a annoncé qu'il allait augmenter sa production. Des navires transportant un total de 10 millions de barils de pétrole se sont rassemblés dans le détroit ou à ses abords, y compris les premiers pétroliers saoudiens depuis plus de trois mois de guerre.
Téhéran a déclaré que le trafic de navires de fret dans les ports méridionaux s'était normalisé depuis lundi, rapporte l'agence iranienne Isna.
Alexandre Lemoine
La source originale de cet article est Observateur continental
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