Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les États-Unis avaient l'obligation de lever toutes les sanctions économiques imposées illégalement à l'Iran en vertu du mémorandum d'entente signé entre Téhéran et Washington.
"Les obligations des États-Unis sont claires : lever les sanctions primaires, secondaires, celles du Conseil de sécurité de l'ONU et celles liées à l'AIEA", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse hebdomadaire, mardi 23 juin, en faisant référence à la septième clause du mémorandum d'entente négocié par le Pakistan et récemment signé entre les deux parties.
Conformément à cette disposition, toutes les sanctions imposées à l'Iran doivent être levées, les États-Unis étant tenus de supprimer les mesures coercitives du Conseil de sécurité et de régler les questions concernées avec leurs alliés.
Baghaï a évoqué une autorisation antérieure délivrée par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain, accordant un allègement des sanctions aux secteurs pétrolier, pétrochimique et des produits dérivés iraniens pour une période de 60 jours.
"D'autres sanctions seront discutées au cours de cette période de 60 jours", a-t-il déclaré.
"Les États-Unis ne peuvent être excusés pour l'agression israélienne continue contre le Liban"
Le porte-parole de l'appareil diplomatique iranien a abordé l'insistance de l'Iran concernant le cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban, dans le cadre du mémorandum d'entente.
Il a souligné la décision prise lors du premier tour de négociations, qui s'est tenu en Suisse dimanche et lundi, de mettre en place une "cellule de déconfliction" afin de consolider le cessez-le-feu au Liban.
"Le mécanisme convenu implique les parties, à savoir les États-Unis et l'Iran, ainsi que des médiateurs, tandis que le gouvernement libanais supervise l'application de la première clause du mémorandum pour prévenir les affrontements militaires. Les modalités d'application nécessitent des ajustements et constituent un sujet complexe", a-t-il déclaré.
M. Baghaï a dénoncé les violations incessantes du cessez-le-feu par Israël au Liban, affirmant : "La cessation des hostilités au Liban est indissociable du mémorandum d'entente et du cessez-le-feu."
"L'engagement des États-Unis est parfaitement clair et aucune excuse n'est acceptable", a-t-il déclaré, faisant référence à la demande de Téhéran à Washington de faire pression sur le régime israélien pour qu'il cesse ces violations.
Le président Massoud Pezeshkian souligne l
"Les missiles et les capacités de défense ne sont jamais négociables"
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a réagi aux allégations concernant des discussions sur le programme de missiles défensifs iraniens en Suisse.
"La question des missiles et des capacités de défense de l'Iran n'a jamais fait partie des négociations et n'en fera jamais partie", a-t-il déclaré.
"Aucune discussion sur les détails nucléaires en Suisse"
Concernant la question nucléaire, M. Baghaï a déclaré que ce sujet n'avait pas été abordé lors des pourparlers en Suisse et qu'il serait "examiné sur une période de 60 jours".
Il a toutefois précisé que l'ouverture de négociations en vue d'un accord formel entre l'Iran et les États-Unis était conditionnée par la mise en œuvre de certaines dispositions du mémorandum, à savoir la cessation de l'agression, le maintien de la souveraineté de l'Iran sur le détroit d'Ormuz, la possibilité pour l'Iran de vendre du pétrole et des produits pétrochimiques, et le dégel des avoirs de la République islamique d'Iran.
"Nous devons observer comment se déroule la mise en œuvre du mémorandum", a-t-il fait remarquer.
"Aucune visite de l'AIEA sur les sites nucléaires endommagés"
Revenant sur la question nucléaire, le diplomate iranien a déclaré : "nous n'avons aucun projet d'inspection des installations nucléaires endommagées lors de l'agression américano-israélienne par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)".
"Nous n'avons eu aucune rencontre avec [le directeur général de l'AIEA, Rafael] Grossi, et nous n'avons aucun projet d'inspection par l'AIEA des installations nucléaires endommagées lors de l'agression. Il n'existe aucun protocole à cet égard. Nous poursuivrons nos procédures actuelles, fondées sur le TNP [Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires]".
Présence militaire américaine dans la région
Concernant le statut des forces américaines, M. Baghaï a indiqué que, conformément au mémorandum d'entente, les forces américaines devraient se retirer des zones entourant l'Iran dans les 30 jours suivants la conclusion d'un accord définitif.
En outre, les États-Unis ne devraient pas renforcer leurs effectifs dans la région pendant les négociations, a-t-il ajouté avant de noter : "Nous suivons la situation de près".
Réciprocité des engagements avec les États-Unis
Concernant les garanties et le respect des engagements, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que l'Iran avait utilisé tous les moyens à sa disposition pour assurer le respect mutuel de ses engagements.
"Notre interlocuteur est le gouvernement américain, conformément au mémorandum, et nous avons insisté sur le principe de réciprocité. S'ils ne respectent pas leurs obligations, ils ne doivent pas s'attendre à ce que l'Iran agisse unilatéralement."
"Pas de réunion quadrilatérale après les menaces américaines"
M. Baghaï a par ailleurs évoqué le refus de l'Iran de poursuivre les pourparlers quadrilatéraux en Suisse, qui réunissaient la République islamique d'Iran et les États-Unis ainsi que le Pakistan et le Qatar (médiateurs).
"La réunion quadrilatérale a duré une heure et demie et aurait dû reprendre après une pause de 30 minutes", a-t-il déclaré.
"Cependant, pendant cet intervalle, nous avons été confrontés à des menaces américaines, et la réunion quadrilatérale n'a pas pu se poursuivre. Les discussions se sont poursuivies par l'intermédiaire de médiateurs. Nous n'avons plus eu de contact direct avec les États-Unis. Il a été jugé approprié de continuer à échanger des messages par l'intermédiaire de médiateurs", a-t-il ajouté.
