15/07/2026 2 articles ssofidelis.substack.com  8min #320135

S'opposer à l'impérialisme sera bientôt illégal

Par  Nate Bear, le 14 juillet 2026

Le gouvernement britannique  a annoncé son intention de mettre à l'index le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, une idée qui, à première vue, relève du grotesque.

Le CGRI est la principale branche militaire d'un autre pays, chargée de le défendre contre des agresseurs hostiles.

Les soldats et les commandants du CGRI ne se cachent pas dans les bas-fonds de Solihull [Ndt : ville des Midlands de l'Ouest en Angleterre] pour comploter en vue de faire sauter des responsables politiques britanniques. Ils se trouvent à Téhéran, Mashhad, Ispahan et Karaj, où ils élaborent, à l'heure où nous parlons, des stratégies pour repousser les forces américaines et israéliennes.

Alors, quel est l'intérêt, vous demanderez-vous peut-être, d'"interdire" une branche de l'armée d'un autre pays qui opère à des milliers de kilomètres de là ?

Tout réside dans les détails, et c'est bien là que réside le problème.

Le gouvernement britannique s'apprête à interdire l'IRGC en s'appuyant sur la nouvelle  loi sur la sécurité nationale (menaces d'État) adoptée plus tôt cette année.

Cette législation a une portée encore plus large que la loi sur le terrorisme en vertu de laquelle Palestine Action a été interdite. À l'instar de l'interdiction de Palestine Action, celle visant le CGRI fera de

l'"expression d'une opinion ou d'une conviction soutenant l'organisation interdite" un délit,

mais criminalisera également le fait de

"collaborer avec le groupe interdit ou d'accepter des avantages matériels de sa part, y compris... des informations".

Ces deux dispositions sont scandaleuses et destinées à cibler quiconque s'écarte de la ligne officielle, mais la seconde constitue clairement une attaque contre le journalisme et les journalistes qui ne se rallient pas à la ligne pro-impérialiste et anti-iranienne approuvée.

Enfreindre la loi est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.

Les journalistes cesseront donc de citer le CGRI dans leurs articles ou de diffuser ses communiqués de presse. L'effet sera toutefois bien plus nocif. Pour éviter d'enfreindre la loi et de faire l'objet de poursuites, on peut s'attendre à une "sur-conformité". Les journalistes cesseront tout simplement de relayer les propos tenus par les responsables officiels du gouvernement iranien par crainte d'enfreindre la disposition interdisant la diffusion d'informations provenant du CGRI.

Et les répercussions se feront sans doute sentir bien au-delà du Royaume-Uni.

Tout journaliste dans le monde prévoyant de se rendre au Royaume-Uni évitera probablement de citer des responsables du gouvernement iranien de crainte d'être arrêté dès son arrivée dans le pays.

À l'avenir, les articles grand public sur l'Iran ne présenteront même plus un semblant d'impartialité. Chaque article sur le conflit entre l'Iran et l'Occident fera l'objet d'autocensure, et la compréhension des événements par le public, sans parler de la perception des structures impériales à l'échelle mondiale, continuera de s'éroder. Ce qui est, bien sûr, le but recherché.

Le lobby sioniste exige depuis des années que le gouvernement britannique interdise le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), mais les gouvernements successifs, y compris les conservateurs, ont refusé car une telle mesure est absurde, imprudente, constitue un véritable casse-tête juridique et représente une menace évidente pour le journalisme factuel et la couverture de l'actualité.

Il aura fallu le gouvernement britannique le plus autoritaire, le plus favorable au génocide et à Israël de l'histoire pour passer à l'acte, et cette décision a été saluée par les médias et les responsables politiques sionistes, y compris le futur Premier ministre britannique, Andy Burnham.

Et ce n'est pas une surprise que cela se produise aujourd'hui alors que l'Iran subit une offensive impérialiste massive, principalement lancée  depuis des bases situées au Royaume-Uni. Alors que la guerre illégale contre l'Iran est extrêmement impopulaire et que la sympathie occidentale envers l'Iran n'a jamais été aussi forte, rien d'étonnant à ce que le gouvernement britannique cherche des moyens de criminaliser le soutien apporté à ceux qui résistent au génocide impérialiste.

C'est la copie conforme du scénario appliqué à Gaza, Israël et la Palestine.

Dès qu'un groupe parvient à contraindre les États-Unis et leurs sympathisants à payer le prix fort, dès que le soutien de l'opinion publique bascule de la cause impérialiste et de ses alliés vers l'ennemi de l'empire, le gouvernement britannique crie au terrorisme et menace d'emprisonner quiconque manifeste son soutien aux résistants.

Le gouvernement britannique n'interdit pas le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) qui n'a jamais menacé le Royaume-Uni et encore moins attaqué le pays pour assurer la sécurité des Britanniques. Il interdit le CGRI pour criminaliser la solidarité avec un pays attaqué par l'impérialisme mené par les États-Unis, et qui y résiste avec succès.

Le CGRI est le dernier bastion contre l'hégémonie occidentale et un ordre mondial sioniste qui assassine qui bon lui semble, quand bon lui semble, pour obtenir ce que bon lui semble. Aucun autre groupe n'a combattu avec autant d'efficacité les armées impérialistes au cours des cinquante dernières années. C'est là leur seul crime.

Et très bientôt, exprimer cette opinion sera illégal au regard de la loi britannique.

Savez-vous ce qui ne sera pas illégal au Royaume-Uni ? Rejoindre une armée étrangère qui commet un génocide, et contribuer soi-même à son exécution.

En tant que Britannique, rejoindre l'armée israélienne (IDF), aller tuer des enfants en Palestine, au Liban et partout où les forces de l'expansionnisme sioniste le souhaitent, puis rentrer chez soi comme si de rien n'était, sera en revanche parfaitement légal.

Et si vous ne souhaitez pas faire le sale boulot vous-même, vous pouvez agiter des drapeaux de l'IDF, faire l'éloge du génocide et solliciter autant de soutien financier que vous le souhaitez pour des militaires commettant un génocide.

Mais si vous osez exprimer votre soutien aux forces qui combattent cette armée génocidaire aux militants qui paralysent la machine du génocide, ou à ceux qui dégradent les machines de guerre à coups de graffitis, vous risquez jusqu'à 14 ans de prison.

Je vous le répète : la loi britannique stipulera bientôt que commettre un génocide est légal, mais que s'exprimer en faveur de tout groupe luttant pour mettre fin à un génocide est illégal.

L'Occident est monstrueux. La crise de légitimité est totale. La liberté d'expression, pour autant qu'elle ait jamais existé, est bel et bien révolue. Le libéralisme, pour autant qu'il ait jamais existé, est lui aussi condamné. Il a péri à Gaza, à Téhéran et à Beyrouth. Il est mort pour Israël, pour Netanyahu, Trump, Ben Gvir et le sionisme.

Et les choses n'en resteront pas là. Car tout cela n'a pas commencé avec le Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Avant eux, bien sûr, il y a eu le Hamas et sa branche armée Al-Qassam,  interdit en tant que groupe terroriste international bien qu'il soit entièrement ancré en Palestine, et qui constitue pourtant la seule résistance au génocide israélien. Au niveau national, avant Palestine Action, il y avait Just Stop Oil, un groupe éco-activiste  réprimé jusqu'à sa disparition par les autorités britanniques. Le conseiller officiel du Royaume-Uni en matière de terrorisme envisage désormais d'interdire Just Stop Oil ainsi que  des dizaines d'autres groupes de gauche en les qualifiant d'organisations terroristes. Cette initiative britannique fait suite  à la classification aux États-Unis d'"antifa" (une idéologie vague, et non une entité organisée) en tant que groupe terroriste, permettant ainsi aux autorités américaines de s'en prendre à toutes les causes de gauche sans exception. Elle fait suite  aux sanctions de l'UE contre les journalistes européens pour avoir publié des reportages critiques sur Israël et s'être écartés de la ligne anti-russe concernant l'Ukraine.

L'objectif ultime, comme on peut facilement le soupçonner, est la répression de toutes les causes et opinions anti-impérialistes, ainsi que des groupes de gauche représentant une menace pour l'économie d'extinction capitaliste, belliciste et génocidaire.

Des meurtres de masse sanctionnés par l'État et perpétrés en toute impunité à la répression de toute dissidence contre cette violence en passant par la  mise en place d'une structure technologique coercitive afin d'imposer une opinion acceptable, nous sommes aujourd'hui confrontés à une série de mesures qui font écho aux dystopies les plus effrayantes jamais imaginées.

C'est sinistre, mais cela ne fait que commencer.

Alors que le monde part en vrille et que les impérialistes progressent, soutenir les groupes, les causes et mouvements anti-impérialistes et prosociaux constitue la meilleure et dernière police d'assurance contre une dystopie totale.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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 S'opposer à l'impérialisme sera bientôt illégal

Congress Moving Bill To Criminalize Criticizing Israel

By Chuck Baldwin
Chuck Baldwin Live  

July 15, 2026

"To learn who rules over you, simply find out who you are not allowed to criticize."

Attributed to Voltaire

Our federal government-especially under Donald J. Trump-is doing everything it can to suppress free speech in the United States, particularly speech that is critical of Israel. Under Trump, public colleges and universities are under duress and threat of federal sanction if they allow public criticism of Israel by professors, teachers or students.