
La fresque du graffeur israélien Dudi Shoval représentant les créateurs de "Naza" était barrée du mot hébreu "traîtres" peint sur leurs portraits. L'inscription a ensuite été modifiée par un autre artiste pour lire "héros".
© Mostafa Alkharouf/Anadolu via AFP
Par Pierre Barbancey
Diffusé les 12 et 13 octobre puis disponible en ligne au mois de novembre, ce film réalisé par deux journalistes israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, évoque les "dommages collatéraux" de la guerre de Gaza et remet en question le comportement d'une armée qui continue à s'autodéfinir comme "la plus morale au monde".
Une lettre différencie Gaza de Naza mais, entre les deux, des dizaines de milliers de morts. Naza (nezek agavi en hébreu) est le terme utilisé pour désigner les "dommages collatéraux" occasionnés par les bombardements.
Il est le titre du documentaire réalisé par deux journalistes israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, qui sort ce lundi 12 octobre en France pour deux jours seulement afin de permettre sa diffusion libre et gratuite en ligne dès novembre, comme l'a annoncé le quotidien britannique The Guardian, coproducteur du film avec le cinéaste Jonathan Glazer, auteur de l'oscarisé La Zone d'intérêt.
Alors même que Naza n'est pas officiellement distribué en Israël, parce que, comme le rappelle l'historien Gadi Algazi, "les cinémas commerciaux ont refusé de le diffuser", il déchaîne les passions.
Mais pour le général à la retraite David Agmon, pourtant opposant à Benyamin Netanyahou, "ce n'est pas de la censure, mais un choix des diffuseurs face à un film profondément biaisé. Il dresse un portrait injuste et insultant des soldats de Tsahal, en les présentant à tort comme dénués de toute morale. Les diffuseurs ont estimé que ce récit unilatéral ne correspond ni à la réalité du terrain ni aux attentes du public".
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