
par Resumen Latinoamericano
La famille Bolsonaro est entrée dans le pays mardi à 23 h 30 et a décollé mercredi à 0 h 21. Trump a déclaré avoir entendu dire que le Brésilien "se trouvait en Argentine" et qu'il lui accorderait un visa.
L'information selon laquelle Flavio Bolsonaro et sa famille s'enfuiraient du Brésil en traversant la frontière de Foz de Iguazú à Puerto Iguazú, où ils embarqueraient à bord d'un avion de la compagnie Baires Fly venu de Buenos Aires et ayant atterri à 23 h 45, s'est finalement avérée exacte, mais avec 24 heures de retard.
À 22 h 50 ce mardi, à bord d'un 4×4 blanc, escorté par un véhicule de police argentin, les quatre membres de la famille Bolsonaro sont entrés en Argentine par le poste-frontière du pont international Tancredo Neves et, 40 minutes plus tard, ils ont embarqué dans le même avion qui attendait depuis lundi soir et qui a finalement décollé à 0 h 21 à destination de Guayaquil, en Équateur, selon ce qui était indiqué dans leur plan de vol. Tous les détails ont été fournis par la Direction nationale des migrations elle-même tôt ce matin.
Quelques heures auparavant, l'homme d'affaires mexicain Simón Levy, lors d'une conversation téléphonique avec Pablo Rossi et Eduardo Feinmann sur A24, avait affirmé que "le seul à être au courant de tout cela est le président Milei. Il a participé en partie à la coordination de toute cette opération".
Levy a été sous-secrétaire à la Planification touristique sous le gouvernement d'Andrés Manuel López Obrador, mais ces dernières années, il s'est rapproché de figures de proue de l'extrême droite régionale telles que Milei ou les Bolsonaro et, surtout, du mouvement MAGA (Make America Great Again) de Donald Trump. Il a tout pour être un expert en la matière Bolsonaro, car il est lui-même en fuite aux États-Unis, faisant l'objet de plusieurs mandats d'arrêt au Mexique.
La parole de Donald Trump
Plus tard, des déclarations de Donald Trump lui-même ont été rendues publiques : interrogé mercredi à l'aube pour savoir s'il avait accordé des visas à la famille Bolsonaro, il a répondu qu'il l'avait fait car "ce sont des gens bien et les élections ont été terribles". On lui a aussitôt demandé s'il pouvait indiquer où se trouvait l'ancien candidat en fuite et il a répondu : "J'ai entendu dire qu'il était en Argentine".
Toutes ces affirmations ont commencé à se confirmer lorsque C5N a filmé l'arrivée du minibus de "Dallas Travel Turismo LTDA" à l'aéroport de Puerto Iguazú avec la famille Bolsonaro à bord, ainsi que le décollage de l'avion. Après le départ, ils ont filmé la sortie de plusieurs fourgonnettes et voitures de patrouille de la PSA.
La confirmation des services d'immigration
Une heure et demie plus tard, le communiqué officiel est tombé. "La Direction nationale de l'immigration informe qu'à 22 h 50 le 27 octobre, sont entrés par le poste-frontière du pont international Tancredo Neves dans la province de Misiones, Flavio Nantes Bolsonaro, Fernanda Antunes Figueira Bolsonaro, Carolina Figueira Bolsonaro et Luiza Figueira Bolsonaro, munis de documents de voyage en règle et sans aucun obstacle juridique à leur entrée sur le territoire ; leurs passages ont par ailleurs été enregistrés par les autorités compétentes sans incident. De son côté, à 23 h 30, la délégation a embarqué à bord d'un vol privé affrété par la compagnie Baires Fly S.A. à destination de la ville de Guayaquil, en Équateur, comme indiqué dans le plan de vol", pouvait-on lire textuellement.
L'annonce par le gouvernement Trump de l'octroi de visas à la famille Bolsonaro confirme l'hypothèse selon laquelle l'avion fera escale à Guayaquil pour se ravitailler en carburant avant de poursuivre son voyage vers les États-Unis. Afin d'éviter tout contretemps, le pilote du Gulfstream a évité de traverser l'espace aérien brésilien et a survolé le Paraguay, la Bolivie et le Pérou.
La complicité du gouvernement Milei
La confirmation de la participation du gouvernement argentin à la fuite de Flavio Bolsonaro, dont le départ du Brésil avait été interdit par la justice qui enquête sur lui dans le cadre de deux affaires de blanchiment d'argent, est venue de la part de l'appareil numérique libertaire qui, à 2 h 21 du matin, a salué le rôle officiel joué dans cette opération.
"Le gouvernement Milei est le gouvernement le plus audacieux de l'histoire. Flavio Bolsonaro est à l'abri des griffes du communisme, qui veut jeter tous les opposants en prison ; et il va désormais pouvoir poursuivre la lutte depuis les États-Unis, plutôt que depuis une cellule à Brasilia comme son père", a écrit Juan Doe, de son vrai nom Juan Pablo Carreira, qui gagne sa vie en tant que directeur de la communication numérique de la présidence.
L'avion de la fuite
Le Gulfstream à bord duquel Bolsonaro s'est enfui et la société Baires Fly appartiennent à Sergio Daniel Mastropietro, qui a été inculpé pour blanchiment de l'argent volé dans l'affaire de détournement de fonds du programme "Handicap" qui compromet la Casa Rosada. Baires Fly a émis des centaines de millions de pesos de fausses factures, pour des vols qui n'ont jamais eu lieu, ce qui a permis de blanchir des fonds provenant des manœuvres du programme "Handicap".
C'est Miguel Angel Calvete qui a orchestré ce stratagème, mais des réunions ont eu lieu entre Mastropietro et Diego Spagnuolo, le directeur de l'Andis. Dans l'article publié par ce journal le 7 décembre 2025, il est indiqué que Mastropietro était l'associé de Fred Machado au sein de la société So Vain et qu'il a par ailleurs fait la présentation entre Machado et José Luis Espert.
L'intrigue de la dissimulation
Ce journal a révélé mardi que, bien que l'avion fût toujours au sol, "à Misiones, on est convaincu que l'ancien candidat allait monter à bord du Gulfstream avec sa famille". Il a également révélé que des sources incontestables affirmaient "que lundi, des agents de la SIDE se trouvaient dans le terminal de l'aéroport et que le vol était prêt à décoller à 2 heures du matin". L'article expliquait que "Bolsonaro a de la famille à Foz-do-Iguaçu et entretient en outre une relation d'amitié étroite avec le maire de cette ville brésilienne", il n'était donc pas surprenant qu'il ait choisi cette voie de fuite. Quelque chose a mal tourné et les passagers ne se sont pas présentés.
À la suite de cet échec, différentes rumeurs ont commencé à circuler sur la destination de la fuite. La plupart indiquaient que la famille Bolsonaro était déjà partie pour les États-Unis. Certaines faisaient état du Paraguay, d'autres du Venezuela. Mais le dénouement a démontré qu'il s'agissait d'opérations de diversion destinées à permettre la mise en œuvre du plan initial, approuvé par le gouvernement argentin.
source : Resumen Latinoamericano