📚 01/11/2026 reseauinternational.net  5min ⁑️ 8 #331881

 Lula da Silva remporte l'élection présidentielle brésilienne de 2026 au second tour

Après l'échec face à Lula, le fiasco pour ceux qui tentent de contenir la Chine ?

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par Alfredo Jalife-Rahme

Le géopoliticien brésilien Pepe Escobar, proche du projet géoéconomique des BRICS et du Groupe de Shanghai, synthétise à merveille le moment stratégique que vit le Brésil dans son article "Les Brésiliens viennent à bout de la mère de toutes les guerres hybrides" (1), où "Lula personnifie un Brésil catholique, traditionnel, lusophone, métis et progressiste. Cela s'oppose de front à l'axe réactionnaire, évangélique, néo-pentecôtiste, sioniste et anglo-américain [...] Les néo-pentecôtistes défendent la théologie délirante de la fin des temps qui a façonné le sionisme chrétien anglo-américain".

Pepe Escobar poursuit : "Flávio Bolsonaro - comme tous les membres du clan - avait promis de transférer l'ambassade du Brésil à Jérusalem ; il avait qualifié les BRICS de"hautement idéologiques"et il s'en est pris à la relation de Lula avec l'Iran (également membre des BRICS). Et Flávio, une coquille vide, a peut-être perdu une élection pour ces déclarations. Cependant, la machine infernale qui le soutient n'abandonnera jamais".

Il est pertinent de révéler les tendances de la mosaïque électorale de l'élection présidentielle au Brésil : selon Datafolha, ce sont les jeunes (58% d'entre eux), les femmes (53% d'entre elles) et les catholiques (60%) qui se sont tournés vers Lula, en plus des personnes à faibles revenus, avec une prévalence géographique marquée dans le nord-est. Pour sa part, Bolsonaro, désormais considéré comme déserteur et poursuivi pour blanchiment d'argent (2) obtenait le soutien choquant des "évangéliques sionistes (70% !)"), et des électeurs mâles, en particulier dans le sud et le centre-ouest du pays.

Si Lula a décroché les deux métropoles de São Paulo et Rio de Janeiro, Bolsonaro menait dans les États homonymes de São Paulo et Rio de Janeiro. (3)

La multidimensionnalité du Brésil est un enjeu qui pèse - deuxième réserve mondiale de terres rares que Bolsonaro envisageait déjà d'offrir sur un plateau à Washington (4) - mais ce n'est pas tout : la dimension géostratégique du projet de rafle et de prise de contrôle du Brésil par les États-Unis ne peut être ignorée, dans le cadre de leur grand projet pour "contenir" la Chine ; là se dessine le "pentagone géométrique" d'Elbridge Colby (sous-secrétaire à la politique du département de la Guerre) / son épouse (sic) Susana Cordeiro Guerra (vice-présidente de la Banque mondiale) / le népotisme des Bolsonaro / le jeune Chicago boy Paulo Guedes / le couple Ivanka Trump & Jared Kushner (Susana Cordeiro Guerra est la marraine de l'une de leurs filles), cinq énergies interconnectées avec le "quadrilatère" vaincu que constituent Trump/Netanyahou/Milei/ "les sionistes évangéliques (5)".

Colby est l'auteur de La Stratégie du déni : la défense états-unienne à l'ère du conflit des grandes puissances (6), qui a servi de base à la stratégie de défense nationale des USA en 2018 (7) et en 2026 (8). Aujourd'hui, selon Colby, l'objectif stratégique de Washington est d'empêcher la Chine d'atteindre l'hégémonie régionale en Asie - la zone la plus importante de la planète en termes de puissance économique et militaire - par le biais d'une stratégie de défense par le refus de l'état de fait.

Il est évident que le Brésil n'est pas l'Asie, mais son appartenance aux BRICS et sa complémentarité avec le géant asiatique en ont fait la "Toison d'or" de l'Amérique latine que les États-Unis tentent de rafler à travers la doctrine Monroe et sa métastase en doctrine Donroe qui, de facto, cherche à affaiblir le rayonnement chinois.

En l'état de choses actuel, la double défaite des États-Unis en Ukraine/Iran et l'avancée technologique irrésistible de la Chine (9) ont conduit Colby à diriger une révision de la stratégie nucléaire états-unienne à travers des "options nucléaires crédibles et rationnelles (sic) pour les conflits régionaux impliquant la Chine et/ou la Russie", comme il l'a expliqué en août lors du Symposium pour la dissuasion du Commandement stratégique US à Omaha (Nebraska). (10)

En résumé : Colby propose sans restriction l'utilisation de "bombes nucléaires tactiques (sic)" et Dieu seul sait, dans une escalade atomique dérégulée, quelle serait la différence sur le théâtre d'opérations éventuel avec une "bombe stratégique" - car il reste à définir l'adversaire qui est perçu comme le principal : la Chine ou la Russie.

source :  La Jornada via  Réseau Voltaire

traduction  Maria Poumier

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