
par Margaret Kimberley
Les États fantoches européens se sont sapés eux-mêmes et ont négligé les besoins de leurs peuples sous la coupe des États-Unis. Aujourd'hui, cette soumission risque de conduire à la guerre.
"Washington va s'employer à écraser, ou du moins à perturber gravement, la Russie grâce à sa machine de"sanctions, une guerre par d'autres moyens", en ciblant ses exportations d'énergie, tout en stimulant simultanément les marchés étrangers pour le gaz naturel américain". ~ Glen Ford, 2014
Toujours visionnaire, feu Glen Ford avait mis le doigt sur les prémices de la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie, qui se déroule en Ukraine depuis le coup d'État soutenu par les États-Unis en 2014. Barack Obama était au pouvoir lorsque des Ukrainiens d'extrême droite ont renversé le gouvernement élu à Kiev. Il a ensuite traîné les pieds pour mettre en œuvre les accords de Minsk, qui étaient censés apporter une résolution pacifique à cette crise provoquée par l'Occident lorsque la Russie est venue au secours de la région du Donbass. Depuis lors, l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel a admis que l'accord n'avait jamais été destiné à être appliqué, car les membres de l'OTAN voulaient donner à l'Ukraine une chance de s'armer contre la Russie.
Obama était président à l'époque, mais comme pour toutes les autres initiatives de politique étrangère, il y a une continuité de la ligne politique d'une administration à l'autre. Le projet anti-russe n'a pas commencé avec lui. Il a débuté avec l'élargissement de l'OTAN mené par Bill Clinton dans les années 1990, après la dissolution de l'Union soviétique. Depuis lors, tous les présidents ont suivi la même voie, consistant à saper l'influence de la Russie de manière ouverte ou dissimulée, à se retirer des traités nucléaires et à affaiblir les États alliés de la Russie, tels que la Syrie, qui est tombée aux mains de djihadistes soutenus par l'Occident en 2024 après 13 ans d'efforts.
Bien qu'on l'ait accusé d'être à la solde de la Russie, la première administration de Donald Trump a vigoureusement soutenu le projet ukrainien et, alors qu'Obama refusait d'envoyer directement des armes, Trump l'a fait en 2017. Joe Biden a affirmé que les sanctions américaines de 2022 qu'il avait imposées détruiraient l'économie russe en déclarant : "[...] le rouble est presque immédiatement réduit en miettes". Non seulement le rouble n'est pas "en miettes", mais les États fantoches des États-Unis en ont payé le prix économique et menacent désormais de déclencher une guerre internationale en raison de leur dévotion servile envers Washington.
En France, le président Emmanuel Macron ne cesse de mettre en garde contre les menaces russes pesant sur l'Europe tout entière, tout comme le chancelier allemand Friedrich Merz et d'autres encore. Il est intéressant de noter que Macron et Merz affichent tous deux des taux de popularité inférieurs à 20%. Macron ne se présentera pas aux élections présidentielles françaises qui se tiendront en 2027 et Merz pourrait lui-même bientôt quitter ses fonctions.
L'explication de leur impopularité n'est pas compliquée. Les États européens se trouvent dans une situation économique désastreuse, en partie parce que Joe Biden a réussi à couper leur approvisionnement en gaz russe. En 2022, Biden s'est joint à l'ancien chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une conférence de presse à Washington et s'est engagé à mettre un terme au gazoduc Nord Stream II, alors en construction et qui aurait acheminé du gaz de la Russie vers l'Allemagne. Scholz n'a rien dit lorsque Biden a souligné qu'il n'y aurait pas de Nord Stream II. "Je vous le promets, nous y parviendrons".
L'Europe, et l'Allemagne en particulier, se sont désindustrialisées après l'explosion du gazoduc Nord Stream II en 2022. Un procès-spectacle aura bientôt lieu en Allemagne, au cours duquel un Ukrainien sera accusé de ce crime. Bien sûr, les propos de Biden et d'autres responsables de son administration, ainsi que le bon sens, indiquent que les États-Unis sont les auteurs de cet attentat. Malgré un rapport convaincant de Seymour Hersh, qui a montré comment cet acte a été perpétré, les médias grand public aux États-Unis et les gouvernements européens ont gardé le silence sur la manière dont des pays considérés comme des alliés ont été sabotés aux côtés des Russes.
L'Allemagne se réarme et se prépare à rétablir la conscription. Donald Trump a insisté pour que les membres de l'OTAN consacrent 5% de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires.
Bien sûr, les classes dirigeantes ne restent pas les bras croisés. Les appels à un durcissement des mesures d'austérité sont incessants, le Wall Street Journal proclamant à tort : "L'État-providence est en train d'écraser la Grande-Bretagne". L'État-providence britannique a été anéanti depuis longtemps, mais il continue d'être progressivement démantelé afin de justifier les dépenses militaires.
Les Européens sont indissociables des États-Unis et personne ne devrait se laisser tromper par les querelles publiques occasionnelles, comme les protestations contre l'accord de Trump visant à assouplir temporairement les sanctions et à autoriser la vente de gazole russe aux États-Unis. Trump cherche désespérément à apaiser les marchés, ne serait-ce qu'un peu, avant les élections de mi-mandat de novembre. Les électeurs qui l'ont soutenu par le passé pourraient ne pas le faire à nouveau, car son attaque contre l'Iran a fait grimper les prix du carburant. Ses préoccupations intérieures n'ont pas altéré ses relations avec le reste de l'OTAN, et elles ne devraient pas non plus induire quiconque en erreur en laissant croire qu'il est en quoi que ce soit la "marionnette de Poutine".
Alors que Trump conclut un accord pour autoriser l'importation de petites quantités de diesel aux États-Unis, la CIA (Agence centrale de renseignement) travaille en étroite collaboration avec les Ukrainiens pour déterminer où et comment leurs frappes de drones contre la Russie seront menées. Les pays européens, occupés par les États-Unis depuis 1945, se livrent à une rhétorique dangereuse alors que la défaite des forces ukrainiennes face à la Russie se profile. Leurs dirigeants tentent de se surpasser les uns les autres en appelant à la guerre contre la Russie en menaçant son avant-poste de Kaliningrad qui, bien qu'enclavé entre la Pologne et la Lituanie au bord de la mer Baltique, loin du reste de la Russie, fait autant partie de ce pays que l'Alaska et Hawaï font partie des États-Unis. Il y a des armes nucléaires à Kaliningrad, mais cela n'a pas empêché les membres de l'OTAN de proférer des menaces très publiques à l'encontre de ce territoire.
Le commandant en chef de l'OTAN, le général américain Alexus Grynkewish, affirme que le reste de l'OTAN peut combattre la Russie sans l'aide des États-Unis. Aucune personne connaissant les capacités militaires ne croit que cette affirmation soit vraie, mais elle vise à exacerber les tensions, et de telles déclarations y sont effectivement parvenues. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué la détermination de son pays à l'issue d'une réunion aux Nations unies avec son homologue allemand.
"C'est l'Europe qui se prépare à la guerre contre la Russie. Elle ne cesse de répéter que, d'ici 2030 au plus tard, nous, les Européens, devons être prêts pour la guerre. Vous savez, cela pourrait devenir une prophétie auto-réalisatrice, car elle investit actuellement des sommes colossales dans la production d'armes. Et à un moment donné, un aventurier - et il y en a beaucoup parmi ces élites - dira :"Les gars, on a accumulé tant de choses, qu'est-ce qu'on en fait ?... Oh, on a promis d'attaquer la Russie". Dans ce cas, s'ils nous attaquent, parce que nous n'allons pas... rester les bras croisés..."
Pour faire bonne mesure, Lavrov a ajouté : "Ce sera une guerre complètement différente, et elle sera courte".
Il n'est pas exagéré de dire que le monde entier est au bord d'une guerre catastrophique à cause de la soif d'hégémonie des États-Unis.
L'Europe ne s'est jamais remise de la Seconde Guerre mondiale, puisqu'elle est occupée par les États-Unis depuis plus de 80 ans. Même ceux qui faisaient initialement partie de la sphère d'influence soviétique sont désormais des marionnettes des États-Unis, avec des troupes déployées en Pologne et dans d'autres pays d'Europe de l'Est.
Les Européens ont cédé leur sécurité économique et militaire aux États-Unis et se livrent désormais à des agissements imprudents afin de plaire à celui que le secrétaire général de l'OTAN a qualifié de "papa". Cette personne pourrait s'appeler Obama, Biden, Trump ou un autre acteur dont le nom sera révélé plus tard, mais les États-Unis ont vidé l'Europe de sa substance pour en faire une coquille vide de pauvreté, de soumission et de bellicisme. Si leurs citoyens prétendent croire en la démocratie, ils doivent agir et empêcher les personnes dangereuses d'accéder au pouvoir. Bien que l'on puisse en dire autant des citoyens de ce pays.
source : Black Agenda Report via China Beyond the Wall