Brèves de crise
Simplement dit et pour résumer en une formule qui relève de l'évidence, ce sera comme ceci : "Ce ne sont pas démocrates qui ont gagné l'élection, ce sont les républicains qui l'ont perdu".
Tout était dit, nous dit-on, dans le long tweet de J.D. Vance, qui a été d'une remarquable franchise signifiant qu'il prenait irrévocablement ses distances, comme s'il entrait en dissidence. Avec qui, d'ailleurs, ces distances ? - plus avec la politique des influenceurs de Trump depuis la mi-2025, Israël et AIPAC en tête, qu'avec Trump lui-même, homme sans politique sinon celle des profits (pour lui-même notamment, sa fortune et son narcissisme obsessionnel).
La mi-2025 (à partir de la première attaque contre l'Iran, en gros), c'est essentiellement la trahison de MAGA et de sa politique, qui a vu dans les mois suivants les plus forts soutiens-MAGA de l'élection de 2024 devenir les plus virulents critiques de Trump (Marjorie Taylor-Green, Thomas Massie, Tucker Carlson, Candace Owens, etc.)... Ce sont les républicains qui soutiennent ces dissidents, qui sont passés aux démocrates pour ne plus voter républicains et faire entendre leur colère.
Tout cela aboutit à un fait absolument extraordinaire pour une élection aux USA : le facteur absolument déterminant de l'élection (le passage des MAGA-trahis du côté des démocrates) fut un problème de politique extérieur (la guerre contre l'Iran), et sur les 4 principales raisons, trois ont à voir avec la politique extérieure. En temps "normal", seule l'économie intérieure avec ses interférences sur la vie des citoyens déterminaient les électeurs.
Donc, le tweet de JD Vance présenté et interprété par Clemence Houdiakova, sur Tocsin :
"Moi ce qui m'intéresse vraiment c'est de suivre le tweet de J.D. Vance, donc le vice-président qui qui est vraiment intéressant à lire. [...]
Il dit"L'une des choses dont nos analystes de données de notre côté étaient obsédé, c'était la composition. Donc, il fallait toujours voir, c'était la même composition pour voir, je résume, hein, si tout le monde allait bien aux bureaux de vote. La différence c'était qu'un tas d'électeurs, de Trump-Vance 2024 étaient furieux et prévoyaient de voter pour les autres. "Nos électeurs se déplacent, oui, mais ils ne voteront peut-être pas pour nous" Voilà ce qu'a réalisé J.D. Vance quelques jours avant les élections. Eh bien, ça a l'air prophétique maintenant
"Le problème principal n'est donc pas la participation. Le problème principal, c'est que beaucoup de gens qui avaient voté pour Trump-Vance en 2024 ont voté pour les démocrates en 2026. Il y aura donc beaucoup de querelles internes et de disputes sur ce qui s'est passé et pourquoi de cette façon... [...]
"La vraie raison pour laquelle on a perdu est évidente pour presque tout le monde. Les quatre réponses principales représentaient presque toutes les réponses.
"D'abord mettre fin à la guerre. Ça c'était ce que les gens reprochaient en fait et demandaient aux républicains. 1) mettre fin à la guerre ; 2) se concentrer sur le coût de la vie et l(inflation ; 3) 'America first' ; 4) changer notre relation avec Israël.
"Voilà. [...] La raison pour laquelle on a perdu, c'est bien la guerre. Le président lui-même l'a dit hier soir.""
Interrogé par la presse, Trump a approuvé le tweet de Vance. Cela signifie qu'une énorme bataille s'amorce au sein d'une administration Trump complètement en lambeaux dans sa version actuelle. Comme on l'a vu hier, le président garde tous ses pouvoirs en politique étrangère, et cela constitue un enjeu majeur.
La puissance énorme de la défaite républicaine, qui a permis à Vance de sortir du bois, mesure l'intensité de la bataille qui s'ouvre. On se doute que Trump pourrait bien être tenté d'effectuer un nouveau virage à 180° pour redevenir le Trump de ses promesses électorales de 2024 et la popularité qui va avec, et ainsi parvenir à terminer son mandat. Des suggestions plus optimistes, déraisonnablement optimistes, parlent d'une démission qui ferait de Vance un président chargé de préparer sa propre élection en 2028
Pendant ce temps, les démocrates...
Les démocrates ont gagné, ils ont éliminé Trump ! Le monde est sauvé ! Ainsi résume-t-on les réactions très-conformistes et complètement euphoriques des européistes-UE et autres progressistes-globalistes. Ils fêtent déjà la renaissance de cette Amérique bien-aimée à laquelle ils pourront à nouveau se soumettre avec délice. Quoi qu'il en soit de ce goût pour la soumission, On ne voit pas plus sot et plus inculte dans le sens de la méconnaissance :
- de la réelle situation actuelle d'une puissance en déclin accéléré, des forces en présence aux USA ;
- de l'histoire et de l'évolution politique des USA, qui ont vécu le dernier quart de siècle dans un état de kidnapping des neocon-sionistes, avec appui des divers entités-'Big' (Big Oil, Big Money, Big Pharma, Big High Tech, complexe-militaro-industriel, etc.).
Les démocrates ont servi de réceptacle à toutes les victimes de la trahison de Trump, ce qui représente jusqu'à un quart de leur électorat de pure circonstance. Mais plus encore : ils sont eux-mêmes divisés, avec une gauche de plus en plus affirmée et qui penche vers un populisme éventuellement capable de s'allier aux déçus de MAGA (on pense au groupe 'The Young Turks'), avec une autre aile socialiste et pro-palestinienne alors que le centre mandarin-corrompu de la bureaucratie démocrate (le DNC, Democratic National Committee) et des donateurs hyper-riches sout à 100% pro-israéliens.
Le Congrès à très forte majorité démocrate sera, sous des dehors pompeux et des diatribes enflammées, une version américaniste de la "Chambre introuvable" dont hérita Louis XVIII en août 1815, -- c'est-à-dire une "chambre introuvable" qui sera "plus royaliste que le roi" mais un roi qui n'existe pas, absolument cacophonique, éventuellement attachée à une utopie démocrate-progressiste qui, elle non plus, n'existe évidemment pas au sein des structures dirigeantes et corrompues du parti démocrate, - c'est-à-dire, un désordre de plus...
"L'expression"Chambre introuvable"désigne une assemblée parlementaire dont la majorité est si favorable au pouvoir (ou si excessivement partisane) qu'elle en devient difficile à gérer, voire"introuvable"dans le sens où l'on n'aurait pas pu espérer ou trouver des députés aussi zélés, même en les choisissant soi-même.
Elle fait référence à la toute première Chambre des députés élue en août 1815, au début de la Seconde Restauration en France, sous le règne de Louis XVIII.,La composition : sur 400 députés élus au suffrage censitaire par la noblesse et la bourgeoisie, environ 350 étaient des ultraroyalistes (plus royalistes que le roi)." (AI)
La porte est ouverte comme jamais elle ne fut à un troisième parti réunissant les activistes sociaux-nationalistes, ou disons populistes, des deux partis. Avec le 3 novembre, l'Amérique s'est mise dans une posture de préparation à des événements révolutionnaires.
Mis en ligne le 5 novembre 2026