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🇺🇸 07/11/2026 reseauinternational.net  6min ⁎️ 6 #332552

Le nouvel élu Abdul El-Sayed : « Trump a raison »

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par Paolo Hamidouche

"Trump a raison". L'éloge formulé par Abdoul El-Sayed concernant l'annonce du président de réduire l'aide à Israël à la fin de cette année est un fait retentissant, surtout compte tenu de la charge symbolique associée à sa victoire - laquelle a permis l'accession d'un musulman au Sénat, une première dans l'histoire des États-Unis.

Par cet éloge, El-Sayed - figure emblématique de la "vague bleue" qui a déferlé sur l'Amérique - a brisé un tabou qui, pendant des décennies, a empêché les démocrates progressistes d'adopter une approche pragmatique vis-à-vis de la mouvance "MAGA", dont Trump est le symbole (bien que ce symbole soit désormais résiduel et manifeste par intermittence).

Un tabou qui a fait la fortune de ce "parti unique" réunissant les néoconservateurs du Parti républicain et les interventionnistes libéraux du Parti démocrate ; des camps opposés sur bien des points, mais unis avec ténacité dans la poursuite de la voie des "guerres infinies".

Une perspective rejetée tant par les démocrates progressistes que par les partisans du mouvement MAGA, mais les barrières idéologiques ont jusqu'ici empêché toute convergence sur ce sujet (les rares exceptions ne faisant que confirmer la règle). Le soutien exprimé par El-Sayed constitue, à cet égard, un signal fort et encourageant.

Par ailleurs, le Washington Post rapporte qu'au sein du parti démocrate, des débats sont en cours sur la marche à suivre. La victoire écrasante confère au parti le pouvoir de nommer les présidents des commissions parlementaires, ouvrant ainsi la porte à des enquêtes sur la corruption qui a proliféré sous l'ère Trump - avec des membres de sa famille déjà dans le viseur (bien qu'il faille garder à l'esprit la possibilité d'une grâce présidentielle...).

Les démocrates face à un choix concernant Trump en janvier : confrontation ou compromis ?

Parallèlement, toutefois, plusieurs élus se disent favorables à la recherche de compromis, afin de contourner d'éventuels vetos présidentiels. Une disposition à laquelle le "souverain" se montre, pour sa part, ouvert. Comme l'ajoute le Washington Post, Trump a récemment "adopté un ton plus conciliant qu'à l'accoutumée, laissant entendre qu'il pourrait collaborer avec les démocrates au Congrès". À cet égard, le journal rapporte deux déclarations : "Vous savez, j'ai hâte de travailler avec eux ; nous parviendrons probablement à un accord" (New York Times). "Je ne veux pas rester assis là pendant deux ans à opposer mon veto à tout" (Politico).

Au-delà des développements futurs - où les désaccords, parfois vifs, ne manqueront certainement pas -, il demeure que l'attitude du président à l'égard des démocrates (certains démocrates) remonte à loin et n'est peut-être pas étrangère à leur triomphe électoral.

La déclaration symbolique d'El-Sayed fait, en effet, écho à la rencontre historique entre Trump et le maire de New York, Zohran Mamdani, à la veille de l'Assemblée générale des Nations unies - moment où le président refusa de rencontrer Netanyahou, arrivé en Amérique en quête de bombes.

Il ne s'agissait pas d'une rencontre fortuite : depuis que Trump a salué son élection à la mairie de la "Grosse Pomme", une relation s'est nouée entre les deux hommes. Si les médias la jugent surprenante, elle s'éclaire à la lumière de cette observation d'Héraclite : "L'harmonie cachée est plus forte que l'harmonie apparente".

Mamdani a sonné le premier signal d'un changement au cœur de l'Empire, un changement qui, hier, s'est manifesté dans toute son ampleur. Ironie de la politique : Trump a remporté l'élection présidentielle sur fond de rejet du génocide à Gaza, au moment où la base démocrate s'est rebellée contre son propre parti et contre le président Joe Biden - surnommé "Genocide Joe".

Ces électeurs ont refusé de voter ; ou plutôt, une partie d'entre eux - minoritaire, certes, mais non négligeable - a voté pour Trump, perçu comme un moindre mal face à la candidate démocrate, l'atypique Kamala Harris.

Le 3 novembre, Israël a été, une fois de plus, le facteur déterminant des élections, dans la mesure où c'est Netanyahou qui a entraîné l'Amérique dans une guerre contre l'Iran. Trump lui-même a d'ailleurs affirmé que la guerre contre l'Iran avait été décisive pour la victoire des démocrates.

Le vice-président J.D. Vance, dans une publication au vitriol sur X dirigée contre son propre parti, est allé plus loin en ajoutant un autre élément clé : la relation avec Israël (il cite également l'inflation - liée, là encore, à la guerre contre l'Iran - et la trahison de la doctrine "America First"). L'annonce par Trump d'une réduction de l'aide directe à Israël préfigurait le contenu du message de Vance, laissant entrevoir un tournant dans les relations avec Tel-Aviv.

Certains analystes ont qualifié cette annonce de simple propagande, soulignant qu'un projet de loi en cours d'élaboration au Congrès prévoit un renforcement des liens entre le complexe militaro-industriel américain et Israël, ce qui rendrait cette aide encore plus massive et directe. Une objection pertinente, mais qui reste hypothétique : le texte doit encore être adopté.

Certes, ce changement de cap reste à concrétiser, et la situation pourrait basculer dès demain, qu'il s'agisse d'une nouvelle attaque contre l'Iran ou d'un bouleversement du paysage politique israélien - où Netanyahou met tout en œuvre pour saboter la formation d'un gouvernement porteur de changement. Les inconnues sont nombreuses ; quant à l'ampleur réelle du tournant "trumpien" - si tant est qu'il se matérialise -, elle reste à découvrir (Trump étant, par ailleurs, soumis à de fortes pressions).

Toutefois, cette annonce a d'ores et déjà suscité des espoirs. Gideon Levy note ainsi, dans les colonnes du journal Haaretz, que si la réduction prônée par Trump se concrétise, "Israël sera contraint de restreindre ses activités offensives [...]. La destruction, rendue possible par les fonds américains qui ont inondé Israël, touche à sa fin". Et il ajoute : "Il est peu probable qu'il reste suffisamment de fonds pour maintenir cette présence inutile à Gaza et dans le sud du Liban".

Qui plus est, l'infrastructure de l'oppression - les points de contrôle, les bouclages et tant d'autres mesures visant à rendre la vie des Palestiniens impossible - devra elle aussi être réduite, poursuit Levy : opprimer a un coût.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire à un bouleversement d'une telle ampleur historique ; l'oppression ne disparaîtra pas par enchantement, bien au contraire. Mais il est certain que si ce tournant se concrétisait et s'accompagnait de changements parallèles (peut-être un durcissement de la part de l'Europe), Tel-Aviv serait contraint de mettre un frein à ses agissements. Certains signes permettent d'espérer.

P.-S. Michelle Cottle, dans le New York Times, écrit au sujet de Trump : "Au fond, ce qu'il espérait depuis le début, c'était sans doute une victoire démocrate". Selon elle, c'est parce qu'il a soif d'antagonisme, de combat. Un argument bien banal. Reste que lire une telle phrase dans le NYT est pour le moins remarquable.

source :  Paolo Hamidouche

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