L'"acte IV" de la mobilisation contre la vie chère s'annonce sous haute tension. Face au parcours alternatif imposé par la préfecture, les Gilets jaunes ont appelé vendredi les manifestants à désobéir aux consignes des autorités et à se rassembler samedi place de la Concorde, à Paris.
"Demain, nous irons à Concorde à 14h et nous y resterons jusqu'à 19h. Nous appelons à y aller, nous appelons à désobéir massivement et nous appelons à ne pas aller au parcours alternatif imposé par la préfecture", a déclaré le porte-parole de la coordination des Gilets jaunes, Benjamin Ball dans un entretien accordé à franceinfo.
Le représentant de la coordination des Gilets jaunes a qualifié d'"absurde" le parcours alternatif proposé par les autorités, estimant que les manifestants devaient s'opposer aux restrictions imposées.
"Nous pensons qu'il est temps de nous lever, qu'il est temps de dire qu'il y a deux camps. Il y a le camp de la démocratie et de la République, celui dans lequel nous sommes, et il y a le camp de la dérive autoritaire, celui d'Emmanuel Macron", a-t-il affirmé.
Il a également critiqué les restrictions répétées imposées aux itinéraires des manifestations, dénonçant une intervention excessive du pouvoir exécutif dans l'organisation des mobilisations.
"Quand on veut dénoncer l'autoritarisme, on ne peut pas, coup après coup, après coup, après coup, accepter que les parcours soient imposés par le président de la République lui-même", a-t-il déclaré.
Cet appel intervient à la veille de la quatrième journée de mobilisation nationale, prévue samedi 7 novembre, à l'initiative des Gilets jaunes, d'organisations syndicales et de mouvements étudiants et lycéens.
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la mobilisation de quelque 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble de la France.
Les manifestants, de leur côté, dénoncent un durcissement des mesures gouvernementales visant à limiter les mouvements de contestation. Ils accusent les autorités de multiplier les restrictions et les obstacles à la mobilisation et de chercher à contenir la colère sociale par des mesures coercitives plutôt que d'apporter des réponses aux revendications populaires.
Le président Emmanuel Macron atteint 13 % de cote de confiance, un niveau historiquement bas, inférieur au précédent record enregistré par François Hollande.
