
C'est l'AFP et le New York Times qui expliquent, rapportant les propos du capitaine Kevin Aandahl, porte-parole de Transcom, l'unité de gestion des transports du Pentagone : « Nous avons temporairement suspendu les vols d'évacuation d'Haïtiens, mais nous avons les moyens de les reprendre. Apparemment, certains Etats US refusaient d'accepter l'arrivée sur leur sol de patients haïtiens pour des soins post-opératoires. Nous nous occupons de missions d'évacuation, mais nous ne pouvons transporter personne si nous n'avons aucun endroit pour nous poser ».
C'est la Floride, qui a râlé en premier, devant les coûts engendrés par les soins prodigués aux blessés. Le gouverneur, Charlie Crist (Ci-joint

Le gouvernement fédéral a fait savoir hier qu'aucune solution n'avait été trouvée en vue de la reprise de ces vols, interrompus mercredi.
Voilà donc où nous en sommes, chères amies et chers amis. La plupart des blessés sont soignés sur place, notamment à bord du navire hôpital Comfort, posté devant Haïti. Mais pour les plus gravement atteints, il faut un vrai hôpital, et trois semaines après le séisme du 12 janvier, de nombreux de ces blessés attendent devant les portes fermées des hôpitaux US. Trop pauvres pour être soignés.
Alors, les autorités US peuvent bien nous sortir toutes les arguties et brancher la fabrique à salades et aux belles images sur CNN. La réalité s'exprime simplement : la première puissance économique du monde, qui finance 130 000 soldats en Irak, 70 000 en Afghanistan et s'apprête à en envoyer 30 000 de plus, ne peut pas accueillir sur son sol plus de quelques centaines de blessés haïtiens.
Haïti est blessé, mais les US sont malades.
