04/01/2026 ssofidelis.substack.com  5min #300799

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

L'enlèvement de Maduro, prélude à une attaque sur l'Iran ?

Par  Larry Johnson, le 4 janvier 2026

Il fut un temps où les patriotes américains croyaient qu'il fallait rester chez soi, s'occuper de ses affaires et en attendre autant des pays étrangers. Ce temps est révolu. Du moins, c'est l'opinion majoritaire. Les citoyens américains qui applaudissent l'enlèvement de Nicolas Maduro et de sa femme pour un crime présumé de narcoterrorisme nous rappellent malheureusement que la majorité des Américains approuvent une politique selon laquelle le gouvernement, quel que soit le président, peut faire tout ce qu'il veut sans se soucier des lois ou de la Constitution.

Trump n'est pas le seul à créer un précédent dangereux. Il ne fait que perpétuer une tradition de pratiques illégales consistant à utiliser l'armée américaine comme instrument de répression contre toute personne que le président et son équipe jugent hostile. George W. Bush a autorisé la torture et a emprisonné des dizaines d'hommes innocents à Guantanamo au nom de la lutte contre le terrorisme. Barack Obama a également ordonné l'assassinat d'un citoyen américain, Anwar al-Awlaki, soupçonné d'être une menace terroriste. Le terrorisme est l'excuse dont se servent les tyrans pour priver les peuples du monde entier de leurs droits fondamentaux. Aux États-Unis, les accusations de terrorisme ou de soutien au terrorisme justifient actuellement la privation des droits constitutionnels des citoyens américains.

Bien que le système judiciaire américain repose sur le principe de la présomption d'innocence jusqu'à ce que la culpabilité soit établie au-delà de tout doute raisonnable, l'administration Trump, avec le soutien total et enthousiaste des médias, traite Maduro et son épouse comme des criminels déjà condamnés pour des crimes présumés.

Arrivée de Nicolás Maduro à News York & au QG de la Drug Enforcement Administration, le 3 janvier 2026

J'espère que certains avocats pénalistes compétents trouveront le courage de défendre les Maduro. L'acte d'accusation contre Maduro, que vous pouvez  consulter ici, est plus une diatribe politique qu'une énumération de crimes réels. Il contient un certain nombre d'affirmations que ne corroborent aucune preuve, par exemple la date, l'heure, les quantités de cocaïne, etc. En voici un exemple :

"À plusieurs reprises, depuis environ 1999, des responsables vénézuéliens, dont NICOLAS MADURO MOROS, DIOSDADO CABELLO RONDON et RAMON RODRIGUEZ CHACIN, accusés, se sont associés aux narco-terroristes des FARC, de l'ELN, du cartel de Sinaloa, des Zetas et du Tren de Aragua (TdA), y compris HECTOR RUSTHENFORD GUERRERO FLORES, alias « Nifio Guerrero », chef du TdA et accusé. En résumé, MADURO MOROS et ses complices auraient collaboré pendant des décennies avec certains des trafiquants de drogue et narco-terroristes les plus violents et prolifiques au monde, et se seraient appuyés sur des fonctionnaires corrompus dans tout le pays pour écouler des tonnes de cocaïne aux États-Unis".

L'acte d'accusation avance l'argument grotesque selon lequel les FARC seraient l'un des principaux producteurs de cocaïne en Colombie. Maduro a succédé à Chavez en 2013... Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), officiellement connues sous le nom de FARC-EP, ont été dissoutes en tant que groupe de guérilla armée en 2017 après la mise en œuvre de l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement colombien. Comment un groupe dissous il y a dix ans aurait-il pu continuer à être un important producteur de cocaïne ? À mon avis, l'accusation portée par le gouvernement américain contre Maduro n'est finalement pas aussi solide qu'elle le semble à première vue.

Les accusations de trafic de drogue contre Maduro ne sont qu'un prétexte au changement de régime. Ceux qui comptaient sur la lauréate du prix Nobel, Maria Corina Machado, pour succéder à Maduro pourraient être déçus au vu des dernières déclarations de Trump :

" Le président Donald Trump a écarté la figure de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado comme potentielle dirigeante nationale, malgré le soutien affiché de la lauréate du prix Nobel à l'opération militaire américaine contre son propre pays.

"Lors d'une conférence de presse, on a demandé à Trump s'il est en contact avec Machado ou s'il la considère comme une dirigeante viable après la capture de Maduro.

"'J'ai du mal à l'imaginer comme dirigeante. Elle n'a ni le soutien ni le respect de son pays. C'est une femme très sympathique, mais elle n'inspire pas le respect', a déclaré Trump".

Pour l'instant, selon Trump, ce sont les États-Unis qui vont gouverner le Venezuela, Marco Rubio et Pete Hegseth étant chargés de cette mission. Voilà qui devrait s'avérer intéressant.

Le véritable objectif de l'opération d'enlèvement visant à destituer Maduro est, selon moi, d'assurer le contrôle américain sur le pétrole vénézuélien en prévision d'une perturbation de l'approvisionnement en pétrole provenant du golfe Persique lorsque Israël, avec le soutien des États-Unis, lancera une nouvelle attaque contre l'Iran. On pourrait croire que la rencontre de Trump avec Netanyahu lundi, qui a coïncidé avec le déclenchement de manifestations en Iran probablement incitées par le MEK (un groupe terroriste ayant des liens directs avec la CIA et le Mossad), suivie de l'enlèvement de Maduro et de sa femme, n'est qu'une simple succession de coïncidences.. Mais je ne crois pas aux coïncidences.

J'ai discuté aujourd'hui de cet enlèvement et de ses implications avec le juge Napolitano, Garland Nixon et Glenn Diesen lors de conversations séparées.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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