par Mounir Kilani
Il fut un temps où la frontière de Ceuta ne séparait pas.
Elle nourrissait.
À Fnideq, de l'autre côté de la barrière, des milliers de femmes et d'hommes traversaient chaque jour avec des marchandises sur le dos. Les muletas, comme on les appelait, avançaient chargés de ballots. Elles faisaient vivre des familles, des commerces, des transporteurs, des cafés, des petits hôtels, tout un monde économique que les statistiques avaient du mal à voir mais que la frontière, elle, connaissait parfaitement.