par Pr Eloi Bandia Keita
Quand l'allié de mon allié peut devenir l'ennemi de mon ami : nouvelle géométrie des alliances, piège des dépendances croisées et leçon existentielle pour l'AES dans le monde multipolaire.
Pour les lecteurs très pressés, dont quelques-uns trouveront néanmoins le temps nécessaire pour rédiger cinq pages de commentaires
Le Pacte de La Mecque, conclu entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan autour du principe selon lequel une attaque contre l'un engagerait la sécurité des autres, ne constitue ni une OTAN musulmane déjà opérationnelle ni un simple spectacle diplomatique destiné à meubler la recomposition actuelle du Moyen-Orient ; il représente plutôt l'une des manifestations les plus significatives d'un monde dans lequel les puissances intermédiaires, inquiètes de la fiabilité variable des protections traditionnelles, commencent à multiplier les architectures de sécurité, à diversifier leurs partenariats et à transformer progressivement la dépendance exclusive en interdépendances concurrentes.