Interview réalisée par Arne Schimmer
Arne Schimmer : Début 2026, le monde semble en proie aux flammes, à en juger par le Venezuela, le Groenland et l'Iran. Existe-t-il un lien entre tous ces foyers de tension, et comment expliquer cela ?
Robert Steuckers : Le lien entre toutes ces zones de turbulence réside, bien sûr, dans le fait que l'hégémonie du monde unipolaire post-guerre froide voit sa domination remise en question par une série de nouveaux changements, notamment le grand projet de connectivité continentale promu par la Chine de Xi Jinping, qui consolide les communications terrestres à travers l'Asie centrale et le cœur de la Russie ; l'attrait de ce projet pour des territoires importants des Rimlands, autrefois dominés par des alliances militaires dirigées par les États-Unis, en particulier en Asie du Sud-Est et en Indonésie, ainsi qu'en Iran ; la dédollarisation du commerce ; et l'importance croissante du yuan chinois.