Fichage politique ? Eu Disinfolab sous le coup de plaintes auprès de la Cnil

10-08-2018 2 articles francais.rt.com 8 min #144496

© CHRIS DELMAS Source: AFP

La CNIL a confirmé avoir reçu plusieurs plaintes d'internautes qui dénoncent le fichage, notamment pour leurs idées politiques, pratiqué par l'ONG EU DisinfoLab dans le cadre de son étude sur l'affaire Benalla.

La colère des internautes ne retombe pas suite à la diffusion de  l'étude de l'ONG EU DisinfoLab sur l'affaire Benalla. A l'instar  d'Olivier Berruyer, animateur du site  Les Crises qui a consacré de nombreux articles sur le sujet, plusieurs internautes ont déposé plainte auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

 CNIL09/08/2018 15:18:14  2093  2577  101507/937
Message important | La @CNIL a bien été saisie de plaintes concernant l’étude menée par @DisinfoEU. Pour une gestion optimale de l’instruction du dossier, il n’est donc plus nécessaire de saisir individuellement la CNIL à ce sujet. Merci de votre compréhension.

Ils reprochent à l'ONG de les avoir «fichés», non seulement pour leurs opinions politiques (proches de La France insoumise, de l'extrême droite ou des souverainistes), mais aussi pour leur proximité supposée avec les médias RT ou Sputnik ou encore pour leur propension à diffuser de la «désinformation russe» et des «rumeurs» via leur compte.

Prétendant lutter contre la désinformation, EU DisinfoLab a analysé dans le cadre de son étude le comportement des comptes Twitter les plus actifs pendant l'affaire Benalla. Pour arriver à ses fins, l'ONG a utilisé Visibrain, un logiciel d'analyse de Twitter, qui donne accès à tous les messages émis sur le réseau social. Elle en a tiré un nombre considérable de données, qu'elle a classé selon des critères définis par ses soins.

EU DisinfoLab a ensuite diffusé sur internet les fichiers ainsi obtenus. Nicolas Vanderbiest, co-fondateur de l'ONG, est même allé jusqu'à rendre publique une liste plus précise des comptes qui auraient selon lui diffusé des rumeurs sur l'affaire Benalla. Un message qu'il supprimera plus tard, mais pas avant qu'il ne soit  archivé par Olivier Berruyer.

 DisinfoEU09/08/2018 10:14:26 réponse à laurencedecock1 4  5  3753/314
Le fichier est là. Il y en a deux dont le 2ème "ayant propagé des rumeurs" (????) : vous êtes ds le premier, moi aussi. Je ne sais pas pourquoi mais cela sent mauvais : dl.free.fr . @LarrereMathilde @histgeoblog. Mais @DisinfoEU et @Nico_VanderB peuvent expliquer?

Se défendant de tout fichage, l'ONG assure de son côté avoir rendu ses listes publiques dans un souci de transparence et s'est dit «profondément désolée» que son travail ait pu être interprété comme tel.

 DisinfoEU08/08/2018 14:18:14  260  274  3753/314
Nous avons mis en ligne 2 fichiers pour être transparents. Le fait de figurer dans un fichier signifie que vous avez été très actifs pendant l’affaire Benalla. Rien d’autre. Par ailleurs, le fichier dropbox qui circule n’est pas l’officiel. L’officiel : dl.free.fr
 DisinfoEU09/08/2018 10:16:03 réponse à DisinfoEU 18  17  3753/314
Le fichier est là. Il y en a deux dont le 2ème "ayant propagé des rumeurs" (????) : vous êtes ds le premier, moi aussi. Je ne sais pas pourquoi mais cela sent mauvais : dl.free.fr . @LarrereMathilde @histgeoblog. Mais @DisinfoEU et @Nico_VanderB peuvent expliquer?

Un message loin d'avoir satisfait les internautes qui dénoncent une infraction à  l'article 8 de la Loi Informatique et libertés de 1978. Devant le nombre conséquent de plaintes, la CNIL a  suggéré de s'opposer directement à l'ONG en la contactant sur son site. Une proposition qui a vivement fait réagir des internautes, peu enclins à fournir leur nom et adresse e-mail à EU DisinfoLab...

 Lire aussi : Qui est UE DisinfoLab, à l'origine de l'étude sur le gonflage «russophile» de l'affaire Benalla ?

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Comment Twitter a financé Eu Disinfolab avec l'argent de Rt

© Gonzalo Fuentes Source: Reuters

En décryptant l'étude de EU DisinfoLab, Olivier Berruyer a appris que cette officine avait été financée par Twitter à hauteur de 125 000 dollars, somme que Twitter a investi à partir fonds grâce à la publicité payée par RT.

En étudiant l'identité de  EU DisinfoLab, l'organisation à l'origine d'une étude largement relayée par les médias sur l'affaire Benalla,  «Les ressorts d'un hyperactivisme sur Twitter»,  Olivier Berruyer, l'animateur du site  Les Crises, spécialisé dans l'économie et la géopolitique, a découvert que cette officine qui se présente comme une ONG avait été financée à hauteur de 125 000 dollars par Twitter en janvier 2018.

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