13/01/2020 mondialisation.ca  2 min #167360

L'Armée nationale libyenne a répondu à l'initiative d'Erdogan et de Poutine

Les présidents Recep Tayyip Erdogan et Vladimire Poutine ont publié une déclaration conjointe, en appelant le premier ministre du gouvernement d'accord national, Fayez Al-Sarraj, et le chef de l'Armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, à un cessez-le-feu.

Les parties en conflit ont pris cette initiative de différentes manières - Al-Sarraj l'a accepté avec joie, tandis que Haftar n'a pas répondu clairement.

Le 9 janvier, le porte-parole de l'Armée nationale libyenne, le général de brigade Ahmed Al-Mesmari, a prononcé un discours sur l'initiative russo-turque. Son discours contenait des détails inhabituels qui méritent d'être analysés.

Tout d'abord, Al-Mesmari a déclaré que l'Armée libyenne saluait la proposition du président russe. Il est à noter que le général n'a pas mentionné Recep Erdogan lors de son allocution.

L'hostilité du porte-parole est clairement due au fait que la Turquie participe à la guerre civile en Libye. Le parlement turc a décidé d'envoyer des unités militaires turques pour soutenir le gouvernement d'accord national à Tripoli, et la Turquie a commencé à déployer ses forces sur le sol libyen.

En outre, Ankara avait fourni à plusieurs reprises des armes et du matériel militaire au gouvernement d'Al-Sarraj, y compris des drones en violation des sanctions internationales, comme en témoigne une fuite de comptes entre la Banque centrale de Libye et l'entreprise de défense turque SSTEK. On sait que le gouvernement d'accord a dépensé plus de 600 millions de dollars pour l'achat d'armes et de matériel militaire de manière illégale à la Turquie.

Par ailleurs, Al-Mesmari a indiqué que l'Armée nationale libyenne poursuivrait de toute façon l'opération militaire pour libérer Tripoli des terroristes. Ainsi, il a précisé que le gouvernement d'Al Sarraj n'est pas politiquement indépendant, car il coopère avec des groupes armés illégaux et ne est pas donc capable de participer à un règlement politique.

La réponse du général Al-Mesmari à la proposition des dirigeants turcs et russes a démontré la véritable position de l'Armée concernant le règlement de la crise libyenne. Malgré le respect de l'initiative russe, Haftar a précisé qu'une retraite n'est pas possible tant que la capitale est contrôlée par une une variété des groupes terroristes et milices dirigés par le gouvernement d'Accord national.

Hassan Mansour, un journaliste indépendant libyen

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