15/07/2020 2 articles dedefensa.org  9 min #176804

Rapsit-Usa2020 : New York Times maoïste !

 Brèves de crise

En fait de "révolution" (maoïste dans ce cas) que l'on tendrait à voir comme un événement qui se déclenche et qui est en cours, il s'agit plutôt de la révolution qui a bien eu lieu et se trouve fermement installée au New York Times (NYT), comme si cette formidable institution du système de l'américanisme était née pour ça. Cette situation grotesque et abracadabrantesque est mise en évidence, en pleine lumière, par le départ de Bari Weiss, une des rédactrices en chef de la rubrique Op/Ed, et orientée dans ses écrits vers les questions politiques et de culture. C'est le second départ d'une personnalité journalistique du NYT pour raisons idéologiques, après celui de James Webb au début juin. Les deux départs ont lieu pour non-conformité à l'idéologie désormais régnante au NYT, - disons "idéologie woke", - ou bien encore "Marxisme culturel", ou bien maoïsme postmoderne, ou bien un antiracisme-racisé dissimulé dans les plis arc-en-ciel d'une révolution de couleur, etc.

Il s'agit évidemment d'une situation extraordinaire à l'intérieur du "journal de référence" mondial, l'Institution-même du journalisme occidental et américaniste, présenté comme un modèle de professionnalisme, d'intégrité et de mesure dans le sens américaniste du terme ; présenté même, selon les termes de Weiss) comme faisant du journalisme « le premier brouillon de l'histoire en train de se faire ».

Le départ de Weiss fait beaucoup plus de bruit que celui de James Bennett (ici  exposé par Le Monde toujours prompt à diffuser la version la plus progressiste-sociétale) ; parce que c'est le second (après Bennett) pour cause de harcèlement idéologique et sectariste ; parce qu'il est explicité par une lettre de démission extrêmement détaillée et  rendue publique sur le site de l'intéressée ; parce que l'investissement du NYT par le gauchisme extrémiste, dit-'woke' ('[r]éveil'), fortement d'inspiration gramsciste dans sa forme et d'inspiration maoïste dans son opérationnalité, est ainsi acté ; parce que, enfin, il devient extrêmement difficile de faire l'économie d'un débat public terrible et dévastateur sur la crise sans précédent qui touche les USA.

Un extrait de la lettre de Weiss :

« Mes propres incursions dans le 'Wrongthink' [malpensance ou 'pensée déviante" de la 'ligne du Parti'] m'ont valu d'être constamment harcelé par des collègues qui ne partagent pas mon point de vue. Ils m'ont traité de nazi et de raciste ; j'ai appris à faire comme si je n'entendais pas les commentaires sur ma façon "d'écrire une fois de plus sur les Juifs". Plusieurs collègues perçus comme étant amicaux avec moi ont été harcelés par des collègues de travail. Mon travail et mon caractère sont ouvertement dévalorisés sur les chaînes Slack internes à l'entreprise, où les rédacteurs en chef interviennent régulièrement. Sur ce réseau, certains collègues insistent sur le fait que je dois être débarquée pour que cette entreprise qu'est le New York Times soit vraiment "inclusive", tandis que d'autres affichent des 'émojis' représentant des haches pour accompagner mon nom. D'autres employés du New York Times me traitent publiquement de menteuse et de bigote sur Twitter, sans craindre d'être sanctionnés pour harcèlement par des mesures appropriées. Ils ne le sont jamais.
» Il y a des termes pour cela : discrimination illégale, environnement de travail hostile, licenciement abusif. Je ne suis pas un expert juridique. Mais je sais que c'est mal.
» Je ne comprends pas comment vous avez pu permettre que ce genre de comportement se poursuive dans votre entreprise au vu et au su de tout le personnel du journal et du public. Et je ne peux certainement pas comprendre comment vous et d'autres dirigeants du Times avez pu rester les bras croisés tout en me félicitant en privé pour mon courage. Se présenter au travail en tant que centriste dans un journal américain ne devrait pas nécessiter du courage... »

Ce sont effectivement les conditions spectaculaires du départ de Weiss qui rendent désormais extrêmement difficile de ne pas envisager publiquement qu'un débat profond et terriblement destructeur sur la crise des USA ait lieu au sein même du monde de la communication, y compris de la presseSystème qui l'a soigneusement écarté jusqu'ici. En effet, si nous parlons "d'un débat terrible sur la crise sans précédent qui touche les USA" à propos de cet événement, c'est parce que le NYT est une institution essentielle du système de l'américanisme, aussi fameux et important finalement que la Cour Suprême ou le Congrès, et qu'il devient difficile désormais de dissimuler que cette institution est aux mains du gauchisme radical. Cette situation incroyable et impensable lorsqu'on songe à ce qu'est l'Amérique, si elle est exposée et admise, deviendrait un choc effectivement terrible pour le système de l'américanisme.

La réaction (sur  tweeter) d' Eric Weinstein (sans rapport avec Harvey à notre connaissance), scientifique et investisseur, mais aussi activiste difficilement classable avec son Intellectual Dark Web (IDW), est-elle un avant-goût de ce "débat terrible" en forme de Guerre Civile ? Il faut un peu de temps, disons une petite semaine, pour identifier une tendance à cet égard. On peut s'en tenir au constat que le départ de Weiss du NYT est un pas important, le plus important jusqu'ici et peut-être décisif, franchi sur la mise en lumière de la  vérité-de-situation du système de la communication aux USA.

(Il faut noter accessoirement mais non sans intérêt que l'affaire, - avec des acteurs tels que Weiss et Weinstein, - touche directement la communauté juive aux USA, y compris dans ses liens avec Israël, - Weiss s'étant déjà affirmée comme une « sioniste convaincue ».)

Weinstein, qui qualifie le NYT de « menace fondamentale contre la démocratie », lance ce qu'on jugerait être  un appel à une mobilisation (anti-'woke', bien entendu) qui se situerait plutôt dans la tranche modérée de la gauche américaniste, c'est-à-dire touchant le centre-gauche/la droite du parti démocrate, - bien que Weinstein lui-même s'affiche indépendant, certes. Cela signifie encore plus de "diversité" (de désordre) dans la situation crisique actuelle des USA :

« Lisez sa lettre. Je lui ai demandé de faire un podcast d'urgence et elle a accepté. Restez à l'écoute si vous ne voulez pas être à nouveau surpris par ce qui va arriver. Comprenez ceci : tout comme il n'y a pas de président en exercice, il n'y a plus de journalisme. Nous nous dirigeons vers un monde de pur militantisme.
» Préparez-vous à ne plus être protégés par la police et à des 'zones autonomes' où les enfants meurent afin que les gouverneurs et les maires puissent donner l'impression qu'ils sont révolutionnaires. Soyez en désaccord avec Weiss tant que vous voulez car elle n'est pas parfaite. Mais Bari est une vraie patriote qui a essayé de résister seule. Je suis content qu'elle en soit sortie.
» Nous ne sommes pas finis, loin de là. L'Intellectual Dark Webb DOIT maintenant essayer de devenir un foyer institutionnel de la résistance. »

Les hypothèses pour la suite sont à la fois classiques dans le référentiel historique, et stupéfiantes lorsqu'on songe, là aussi, à ce qu'est l'Amérique. En se référant à des textes récents, d'un intérêt réel, elles sont au nombre de trois, complètement extrêmes bien que sous des plumes sérieuses sinon modérées.

• Un événement  type-Révolution Française ? C'est l'hypothèse qu'explore Charles Hugh Smith, qui continue son analyse générale de l'extrême gravité de la situation.

• La  fameuse année 1848, qui vit nombre de révolutions en Europe, et notamment en France bien entendu, est prise comme référence par le professeur Richard Fernandez, pour diverses raisons évidentes, mais aussi pour le lien entre un événement non-politique (Covid19) et un épisode révolutionnaire. (Pour Fernandez, 1848 est en bonne part du à la crise alimentaire qui suivit une crise de production de la pomme de terre suite à l'infection de Phytophthora Infestance.)

 La Révolution Culturelle de Mao est la référence qui vient à l'esprit de Peter Van Buren, le 7 juillet dans The American Conservative. Effectivement, il y a un certain lien avec les discours sur le "Marxisme culturel" et l'influence de Gramsci.

Hollywood "In WonderLand"

Pour compléter cette rapide incursion dans l'institutionnel américaniste, parlons de Hollywood qui, bien entendu, fait partie du complot... Ou plutôt, laissons parler : il s'agit d'un cinéaste nettement de gauche (Oliver Stone) fustigeant le ridicule d'une institution (Hollywood) située à l'hyper-gauche des ultra-riches pour n'avoir pas à essuyer quelques plâtres capitalistes, tout cela dit dans  LE "journal de référence" dont on a vu qu'il est désormais gramsciste, mais surtout maoïste. Le tout est présenté par une officine russe, donc suspecte tout aussi bien, connu sous  le nom de Sputnik. L'ensemble est chapeauté par l'influence d'« Alice au Pays des Merveilles », qui allie habilement l'étrange au ridicule, le mystère à l'énigme, la tragédie-bouffe à la complète bouffonnerie.

« Dans une interview au New York Times, Oliver Stone a reproché à Hollywood d'être devenu "trop fragile" et "trop sensible"...
» "Tout est devenu trop fragile, trop sensible. Hollywood aujourd'hui ! Vous ne pouvez pas faire un film sans un conseiller Covid ! Et à côté de cela, vous ne pouvez pas faire un film sans un conseiller en sensibilité [raciale, idéologique, affectiviste]. C'est ridicule".
» Lorsqu'on lui a demandé de développer ses affirmations, Stone a dénoncé Hollywood pour "changer d'avis tous les dix mois, tous les cinq mois, tous les deux mois, à propos des tendances qu'elle doit tenter de suivre". Stone compare la culture cinématographique de Californie du Sud telle qu'elle a évolué à la réception du goûter de thé d''Alice au pays des merveilles' - une scène de la célèbre histoire dans laquelle Alice prend le thé dans la bizarre compagnie du Chapelier fou et de ses compatriotes surréalistes.
» "L'Académie change d'avis tous les dix mois, tous les cinq mois, tous les deux mois, à propos des tendances qu'elle doit tenter de suivre. C'est le monde du Politiquement Correct et ce n'est pas le monde où j'ai envie de me retrouver. Je n'ai jamais vu un monde aussi fou. C'est comme le goûter de thé d''Alice au pays des merveilles'", dit-il.
» Le réalisateur a précisé qu'il avait "lu quelque chose sur le fait que les films vont être très chers à réaliser maintenant", faisant référence aux précautions liées aux coronavirus qui peuvent prolonger les périodes de production. »

Mis en ligne le 15 juillet 2020 à 11H05

 dedefensa.org

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