13/01/2021 dedefensa.org  7 min #184157

Rapsit-Usa2021 : Gafam's kaos

 Brèves de crise

Ici, nous consacrons une page de notre rubrique RapSit-USA2021 (ex-USA2020) à un suivi d'un chapitre essentiel de cette crise, déclenché par l'enchaînement Capitole-GAFAM ; soit l''attaque'du Capitole le 6 janvier et son exploitation très rapide et absolument radicale ; puis un élément central de cette exploitation avec la décision de censure des GAFAM, contre Trump, puis contre d'autres personnes de l'entourage de Trump et la suite jusqu'à établir une sorte de nouveau concept, le nom fondamental de la bataille ainsi baptisée "la bataille de la liberté d'expression"... (Voir  aujourd'hui l'interview d'Edward Torba.) :

« En d'autres mots, le fait lui-même, - bien au-delà de l'analyse et de la polémique politiques, - est que l'attaque des GAFAM contre Trump s'est quasi-instantanément transformée en 'attaque contre la liberté d'expression', cela en 2-3 jours ; les choses même fondamentales, vont vite en ces Derniers Temps caractérisant le cours de la modernité. »

Dans ce contexte, on peut aussitôt enchaîner sur la question, également fondamentale, d'appréhender, d'apprécier sinon de deviner, ce que fait et va faire Trump, notamment et essentiellement du point de vue de sa capacité d'atteindre ses partisans. Trump n'est plus sur Twitter : comment peut-il faire ?

Nous jugeons ce passage de l'interview de Torba (en fait la dernière question-réponse, avec le souligné venu de nous) comme ce qui pourrait peut-être constituer une indication d'une entente Trump-Torba pour une utilisation de communication et opérationnelle de Gab.com (on y lit des indications très nettes, avec cette la précision de Revolver.com, qui est un site que Trump connaît bien, concernant l'hypothèse concernant Trump, de « rejoindre cette plateforme [Gab] cette semaine ») :

REVOLVER : « Qu'est-ce que cela signifierait pour Gab, et pour vous, votre famille et votre équipe qui ont tant souffert, que le président Trump rejoigne votre plateforme cette semaine ?

Andrew Torba : « Je viens d'une humble famille de la classe moyenne et d'une ville. Tous les membres de ma famille élargie ont fait tant de sacrifices au cours des quatre dernières années et demie pour que Gab en arrive là. Chaque moment de sacrifice et de lutte a valu la peine de savoir que nous avons un endroit où le peuple peut parler librement en ligne loin de ces tyrans de la Silicon Valley, mais je sais que cela dépasse ma famille et moi.
» Je crois que le peuple américain a besoin d'entendre le président Trump. Nous avons été si nombreux à voter pour lui, à le soutenir ces quatre dernières années, et nous le soutenons encore aujourd'hui. Il dit 75 millions, mais en vérité, c'est probablement beaucoup plus, - et il le sait. Nous avons construit et préparé ce jour depuis plus de quatre ans maintenant. Si la Silicon Valley peut faire cela au président des États-Unis, elle peut le faire et le fera à n'importe qui.
» Il est important que "We, The People" voit le président Trump lutter contre la censure de la Silicon Valley et contre les bureaucrates enracinés à Washington qui aimeraient le voir dé-plateformé et réduit au silence pour toujours. Il y a beaucoup d'anxiété et d'incertitude dans le pays en ce moment. Le peuple est à la recherche d'un leadership et de conseils. Le président Trump a été le champion du peuple. Il nous a redonné une voix et nous sommes ici pour faire en sorte qu'il ait la sienne.
 »

On comprend bien que cette question de la nouvelle posture adoptée par les GAFAM est centrale au jeu politique en cours aux USA ; elle constitue à elle seule, désormais (et pour une période de temps inconnu), le nœud central de la crise. Jonathan Turley lui-même s'en préoccupe, en prenant un cas complètement d'actualité, qui est celui d'une censure exercée par Facebook contre Ron Paul, ancien député et ancien candidat à la présidence. Ron Paul avait publié un texte où il s'élevait contre la censure dans les médias sociaux ; Facebook l'a censuré selon l'argument que ce texte marquait une « répétition d'actions contre les standards de notre communauté » (Rand Paul, fils de Ron,  a tweeté : « Facebook considère maintenant que se faire l'avocat de la liberté, c'est faire acte de sédition. Mais jusqu'où iront-ils ? »

Dans  le texte de Jonathan Turley, où toute l'infamie de l'attitude des GAFAM est dénoncée dans des termes mesurés mais souvent très durs, se glisse cette réflexion qui nous intéresse beaucoup :

« L'action contre Paul, depuis longtemps champion de la liberté d'expression, montre à quel point cette répression est devenue brutale et complète. Elle montre à quel point la menace pesant sur la liberté d'expression a changé. C'est comme avoir un média d'État sans contrôle de l'État. Ces entreprises agissent à l'unisson, mais pas nécessairement avec une collusion directe. L'émeute a immédiatement été prise comme un feu vert pour agir contre une grande variété de sites et d'individus. »

Indirectement, Turley répond au CEO de Parler.com qui a dénoncé une « attaque coordonnée » contre sa plate-forme. Turley, lui, évoque des comportements quasi-pavloviens déterminée par une interprétation similaire et absolument radicale des événements (ici, l''attaque'du Capitole). Dans ce cas, on se demande s'il est vraiment nécessaire d'avancer dans le transhumanisme, avec l'Intelligence Artificielle, alors qu'on est si loin avancés dans le trans-pavlovisme, selon une perception et une intelligence parfaitement robotisées dans le même sens. Nul besoin de coordination, sinon pour régler les détails en queue de peloton une fois la course lancée. Nous sommes sûrs que Turley ne pense pas à ça (quoique ?), mais nous-mêmes pensons à l'action de forces extérieures et d'au-dessus de nous, pavlovisant (sorte de zombification dans l'ordre des consignes et au garde-à-vous) les "acteurs terrestres" ; plus ils sont hauts placés, plus ils sont riches, plus ils sont postmodernes et  wokenisés, et mieux cela marche, et plus vite cela court...

• Un autre aspect de la bataille fondamentale en cours concerne l'apparition en son champ d'un éventuel intérêt d'y participer d'Elon Musk ; l'hypothèse nous intéresse pour la controverse, et pour un éventuel rapprochement entre Musk et Gab. La seconde plus grosse 'fortune'(plus ou moins virtuelle) du monde, qui serait peut-être la première (les $172 milliards de Musk auraient encore grossi jusqu'à dépasser ceux de Bezos), avait mis en ligne un tweet à propos de la récente offensive des Big Tech, non plus contre Trump seulement mais contre la liberté d'expression :

« Musk a répondu à la récente action des Big Tech contre le président Trump et ses partisans dans un tweet qui disait : "Beaucoup de gens vont être super mécontents de l'action des Big Tech de la côte ouest [Silicon Valley] comme arbitre de facto de la liberté d'expression" »

Cette remarque est contenue dans un article  du 12 janvier de FoxNews, axé sur la possibilité de rapprochement entre Gab.com et Musk, suite à un  tweet de Gab : « Cela doit se faire... », avec une illustration à mesure, tout cela ainsi décrit et commentée  par FoxNews (qui n'en finit pas d'hésiter entre le pro-trumpisme et l'anti-trumpisme) :

« Gab semble savoir comment faire parler les gens.
» La plateforme de médias sociaux, qui est considérée comme une alternative à Twitter, a envoyé un tweet crypté mardi dernier qui montrait une image d'un satellite en orbite autour de la Terre.
» "Appelle-moi, Elon" est écrit en vert et le texte dit : "Cela doit se faire, ElonMusk."
» Les e-mails de Fox News à l'avocat de Musk et à Tesla n'ont pas immédiatement reçu de réponse, mais le post a suscité un débat en ligne sur ce qui pourrait survenir si le deuxième homme le plus riche du monde, - qui vaut environ 172 $milliards, - décidait d'entrer dans le jeu des médias sociaux. »

• Enfin, nous aurons une dernière note que certains jugeront exotiques, mais qui est peut-être pleine de promesses... Puisque la question mise sur la table par les GAFAM est celle de la censure, les  Deplorables vont-ils s'y mettre en s'engageant dans la contre-censure, c'est-à-dire en censurant les GAFAM ? Peut-être et pourquoi pas ?

A ce sujet, donc, voir  cette décision d'un serveur-relais de l'Idaho, qui a décidé de bloquer l'accès des GAFAM (Twitter et Facebook) auprès de nombre de ses clients qui demandent une telle mesure pour « épargner à leurs enfants un tel accès », et qui n'ont pas eux-mêmes les connaissances technologiques nécessaires pour un tel blocage personnels. (Par ailleurs, le serveur lui-même dit qu'il désapprouve la censure exercée par les GAFAM...)

Certes, les beaux-esprits jugeront avec raison que l'Idaho joue clairement dans la catégorie des "trous du cul du monde", absolument déplorable ! Mais c'est aussi un des 50 États de l'Union, et nul ne sait où peut commencer un départ de feu de plus dans l'incendie grondant.

Mis en ligne le 13 janvier 2021 à14H35

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