La Cour internationale de justice ordonne à Israël d'empêcher un génocide à Gaza et de permettre l'acheminement de l'aide

Israël à La Haye : la cheffe de la diplomatie sud-africaine déclare être la cible d'intimidations


© Remko de Waal / ANP / AFP

Naledi Pandor à la Cour internationale de justice, à La Haye, le 26 janvier 2024 (image d'illustration).

Alors que la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par Pretoria, avait appelé le 26 janvier Israël à empêcher tout acte de «génocide» à Gaza et contre le peuple palestinien, la cheffe de la diplomatie sud-africaine a déclaré que l'État hébreu cherchait à l'intimider.

En marge du discours sur l'état de la nation du président Cyril Ramaphosa le 8 février, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Naledi Pandor a déclaré qu'elle s'inquiétait pour la sécurité de sa famille après avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux.

«Je pensais que ce serait mieux si nous avions une sécurité supplémentaire», a-t-elle indiqué. «Ce qui me préoccupe le plus, c'est ma famille, car dans certains messages sur les réseaux sociaux, mes enfants sont mentionnés», a-t-elle encore déclaré, selon  l'hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian.

Des pressions pour un «changement de régime» en Afrique du Sud ?

La cheffe de la diplomatie sud-africaine pointe du doigt l'État hébreu. «Les agents israéliens, les services de renseignement, [c'est] ainsi qu'ils se comportent, et ils cherchent à vous intimider, donc nous ne devons pas nous laisser intimider», a-t-elle martelé.

«Il y a une cause qui est en marche», a encore précisé la ministre, à propos de l'affaire de la CIJ. «Nous ne pouvons pas rester en retrait maintenant», a-t-elle ajouté. Naledi Pandor a réitéré son soutien à la Palestine en affirmant vouloir se tenir ses côtés. «Il est extrêmement important que nous poursuivions dans cette voie», a-t-elle déclaré devant des journalistes.

Ces propos de la ministre sud-africaine des Affaires étrangères interviennent quelques jours après ceux du président Cyril Ramaphosa. Ce dernier avait mis en garde le 29 janvier contre une «campagne de riposte systématique» et un «programme de changement de régime» visant son pays après avoir porté plainte contre Israël devant la Cour internationale de justice, rapportait  un article de Middle East Monitor.

Mandela fervent défenseur de la cause palestinienne

Dans la foulée du premier verdict, rendu le 26 janvier par cette cour siégeant à La Haye, Benjamin Netanyahou avait dans un message publié sur la plateforme X (ex-Twitter) jugé «scandaleuses» les accusations de «génocide» à Gaza déposées par l'Afrique du Sud à l'encontre de l'État hébreu. «La tentative ignoble de refuser à Israël» le «droit fondamental» de se défendre est «une discrimination flagrante contre l'État juif, et elle a été «rejetée à juste titre», avait estimé le chef du Likoud.

Le soutien de l'Afrique du Sud à la cause palestinienne ne date pas du conflit opposant le Hamas à l'État hébreu, il est dans l'ADN de la politique étrangère de l'ANC (Congrès national africain). Ce parti, au pouvoir depuis 30 ans, compare régulièrement la situation en Palestine à son propre combat contre l'apartheid.

Nelson Mandela avait fait le déplacement dans les Territoires palestiniens en 1999. Et, devant le Parlement à Gaza, en présence de Yasser Arafat, il avait exhorté les Palestiniens à  ne jamais abandonner la résistance. «Nous avons connu, nous aussi, des jours terribles, le sacrifice de camarades, et de fortes frustrations», dans le combat contre l'apartheid, avait déclaré l'ancien président sud-africain.

Dans  un autre discours, prononcé moins de deux ans plus tard aux États-Unis, Nelson Mandela avait déclaré que l'apartheid était «un crime contre l'humanité», tout en affirmant qu'Israël avait «privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de la propriété». L'État hébreu «a perpétué un système de discrimination raciale et d'inégalité», avait-il également affirmé.

 francais.rt.com

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