La Rédaction
AFP
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
Israël bombarde des dépôts pétroliers : Un nuage toxique menace Téhéran
Samedi, Israël a bombardé des installations pétrolières près de Téhéran, provoquant d'immenses incendies ayant libéré un nuage de polluants toxiques au-dessus de la capitale iranienne. Si Israël entend frapper l'économie, les conséquences sanitaires et environnementales sont désastreuses.
Interrogé par Bon Pote, le chercheur du CNRS Pierre Courjault-Radé évoque "la situation la plus grave en termes de pollution pétrolière". La combustion d'hydrocarbures à très haute température libère notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et le cocktail chimique BTEX, des substances hautement cancérigènes qui attaquent les voies respiratoires et les poumons.
À ces composés s'ajoutent dioxyde de soufre, phénols et oxydes d'azote. Les retombées pourraient contaminer durablement sols, nappes phréatiques et cultures autour de la capitale. Des pluies noires, dites "industrielles", ont déjà été observées. Les habitants sont appelés à éviter toute exposition à cet air vicié, même si, pour beaucoup, quitter la ville reste impossible.
Les effets sanitaires pourraient se faire sentir rapidement, notamment chez les enfants et les personnes âgées, avec un risque accru de maladies respiratoires et, à plus long terme, de cancers.
Dieu à Trump : "Non, je ne suis pas fier de toi"
"Je pense que Dieu est très fier de mon boulot", affirmait Donald Trump en janvier, dressant le bilan de sa première année de retour à la Maison-Blanche. Une conviction affichée sans détour par le président américain, persuadé d'agir sous le regard bienveillant du ciel.
Dimanche, lors de sa prière dominicale, le pape a tenu un discours qui sonne comme une réponse indirecte. "La guerre ne résout pas les problèmes, elle les amplifie", a-t-il rappelé, évoquant "la douleur des mères, la peur des enfants et l'avenir volé". Un appel clair : que la diplomatie fasse taire les armes et que les nations construisent la paix plutôt que les conflits.
Deux jours plus tôt pourtant, Donald Trump posait dans le Bureau ovale entouré de pasteurs venus lui apporter bénédictions et soutien. Mais au Vatican, les critiques se multiplient face à certaines décisions de politique étrangère US, du Venezuela au Groenland. De quoi, peut-être, tempérer l'enthousiasme divin revendiqué par le président.
Mieux vaut mortes que voilées : Le président de l'Union conservatrice américaine sur la mort des écolières iraniennes
Une école de filles bombardée. Environ 175 morts, principalement des enfants. Le drame s'est produit à Minab, en Iran. Des vies fauchées en quelques secondes.
Sur le plateau de "Piers Morgan Uncensored", le président de la CPAC (Conservative Political Action Conference), Matt Schlapp, a tenté de relativiser la tragédie. Selon lui, ces écolières auraient grandi "sous une burqa" dans une "société barbare". Lorsque le journaliste Peter Beinart lui rappelle que ces quelque 175 victimes seraient encore en vie sans ces frappes, Schlapp répond : "Elles seraient en vie sous une burqa."
La remarque choque. Un invité lui lance : "Alors, il faut les tuer ?" Réponse : "Ce n'est pas ce que je dis."
Proche allié de Donald Trump et lobbyiste influent à Washington, Schlapp dirige l'un des plus grands rassemblements conservateurs américains. Plusieurs observateurs rappellent pourtant que les Iraniennes ne portent pas la burqa, mais le hijab et qu'elles sont majoritaires dans les universités. Reste une question : qui a le droit de décider qu'une enfant vaut mieux morte que vivante ?
Un ancien officier de l'armée US : "Trump a commis une grosse erreur"
Les menaces lancées par Donald Trump contre l'Iran, promettant des frappes "vingt fois plus dures" si Téhéran bloque le détroit d'Ormuz, traduisent surtout une forme de fébrilité stratégique, selon l'analyste militaire américain Daniel Davis.
Ancien officier de l'armée américaine, Davis estime que le président américain "est en panique". Selon lui, Washington se retrouve coincé dans un conflit qu'il ne peut ni gagner rapidement ni prolonger sans risques majeurs. "Il n'existe aucune option terrestre viable pour gagner vite contre l'Iran, et la guerre aérienne seule ne suffira pas", explique-t-il.
Pour l'analyste, la situation découle aussi d'erreurs politiques majeures. "Trump a fait une grave erreur en faisant semblant de négocier à deux reprises pour ensuite utiliser ces discussions comme couverture pour attaquer", estime-t-il. Résultat : "il s'est grillé". Désormais, l'Iran a toutes les raisons de penser que de nouvelles discussions ne seraient pas sincères, ce qui rendra "très difficile toute négociation crédible" à l'avenir.
À cela s'ajoute la pression économique. Si le détroit d'Ormuz reste perturbé, les prix du pétrole pourraient grimper et fragiliser davantage l'économie mondiale. "L'Iran pourrait supporter plus longtemps les bombardements que Trump ne peut supporter une flambée durable des prix du pétrole", estime Davis.
Dans ce contexte, conclut-il, le président américain aurait lui-même offert à Téhéran un levier stratégique. Un pari à très haut risque, alors que "l'équilibre de l'économie mondiale pourrait se retrouver en jeu".
