La Rédaction
AFP
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
L'Iran ne prévoyait pas d'attaquer les États-Unis... C'est le Pentagone qui le dit !

À Washington, le discours se fissure. Selon une dépêche de Reuters, des responsables de l'administration Trump ont reconnu, lors de briefings à huis clos au Congrès, qu'"il n'y avait aucun renseignement indiquant que l'Iran prévoyait d'attaquer en premier les forces américaines". Un aveu de taille, alors que la Maison-Blanche justifiait encore la veille ses frappes massives par la crainte d'une offensive iranienne "peut-être préventive".
Un désaveu qui fragilise l'un des principaux arguments avancés pour entrer en guerre. D'autant que les affirmations sur le programme balistique iranien n'étaient pas, elles non plus, étayées par les rapports du renseignement. Alors que les premières pertes américaines sont annoncées, la question de la justification du conflit s'invite déjà au Congrès.
Un responsable des Gardiens de la Révolution annonce que la riposte iranienne va monter d'un cran
Un haut gradé des Gardiens de la Révolution a indiqué dans une interview télévisée que les missiles tirés par l'Iran n'étaient peut-être qu'un avant-goût. Sardar Jabbari a ainsi déclaré : "Nous avons lancé environ 3 000 missiles de première et deuxième génération jusqu'à présent. Dans les jours à venir, nous allons inévitablement passer à l'utilisation de missiles de troisième et quatrième génération. Le nombre de drones lancés jusqu'à présent a atteint environ 10 000."
Il revendique également Chypre comme cible militaire : "Les Américains ont déplacé la plupart de leurs avions à Chypre. Nous allons lancer de nombreux missiles sur Chypre afin que les Américains fuient également de là."
Chypre abrite une base britannique qui a été touchée par des drones iraniens. A la suite de cette attaque, Nicosie a demandé des garanties explicites que les bases britanniques sur son territoire ne soient utilisées qu'à des fins humanitaires.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères nie la responsabilité de Téhéran dans une attaque contre une raffinerie saoudienne
Ancien représentant de l'Iran auprès des Nations unies et vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi a nié toute responsabilité de Téhéran dans l'attaque qui a frappé une raffinerie saoudienne.
Lundi, l'Arabie saoudite a fermé sa plus grande raffinerie domestique après une attaque de drones. Interrogé par CNN, Majid Takht-Ravanchi a déclaré : "Nous ne sommes pas responsables des bombardements des champs pétroliers saoudiens... Nous en avons informé nos frères dans le royaume."
Le vice-ministre était interrogé sur les frappes menées par l'Iran contre des pays voisins tels que le Qatar ou les Émirats arabes unis. "Nous avons prévenu nos voisins que si nous étions agressés, nous passerions en mode autodéfense et nous frapperions les intérêts américains, peu importe où ils se trouvent." Majid Takht-Ravanchi a indiqué que les frappes seront menées "tant que l'agression durera".
Des installations énergétiques en Asie occidentale ont été fermées, les prix du pétrole ont bondi de 13 %
Le Qatar a suspendu la production de gaz naturel liquéfié (GNL) lundi, tandis que l'Arabie saoudite a fermé sa plus grande raffinerie de pétrole domestique suite à une attaque de drone, selon une dépêche Reuters.
Lundi, les prix du brut ont bondi de 13 % à plus de 82 dollars le baril, leur niveau le plus élevé depuis janvier 2025, alors que le transport maritime a été presque paralysé dans le détroit d'Hormuz, une voie de passage vitale pour environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.
La raffinerie de Ras Tanura de Saudi Aramco, qui produit 550 000 barils par jour, a été fermée par précaution. L'installation fait partie d'un important pôle énergétique sur la côte du Golfe du pays et sert également de terminal d'exportation clé pour le pétrole brut saoudien.
Au Kurdistan irakien, des producteurs tels que DNO, Gulf Keystone Petroleum, Dana Gas et HKN Energy ont suspendu les opérations sur leurs champs par mesure de sécurité, bien qu'aucun dommage n'ait été signalé.
Le gouvernement israélien a ordonné à Chevron d'arrêter temporairement la production dans le gigantesque champ gazier de Léviathan.
Le trafic maritime via le détroit d'Ormuz a chuté de 38%, selon le magazine maritime Lloyd's List
L'analyse d'un journaliste turc : Washington et Tel-Aviv ont échoué
Publié dans Aydinlik, un article du journaliste Ismet Özçelik, analyste turc reconnu, examine les tensions régionales et affirme que Washington et Tel-Aviv ont échoué face à la riposte iranienne. Selon lui, alors que des négociations se tenaient à Vienne, les États-Unis auraient coordonné une attaque avec Israël, illustrant une "duplicité" dénoncée de longue date par Téhéran, qui était prêt à réagir et disait négocier "le doigt sur la détente".
Özçelik souligne que l'Iran a répliqué cette fois en moins de deux heures, frappant des cibles dans huit pays, démontrant une capacité de réponse rapide et dissuasive. Il estime que les frappes ont fragilisé des bases américaines et écorné la crédibilité du "Dôme de fer" israélien.
L'article évoque aussi l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei : loin de provoquer un effondrement interne, sa mort aurait renforcé la cohésion nationale et la symbolique de la résistance. Citant l'amiral Cem Gürdeniz, Özçelik décrit une crise de légitimité aux États-Unis et met en garde contre les répercussions régionales, notamment dans le Golfe et au détroit d'Ormuz, appelant la Turquie à mesurer l'enjeu : l'affaiblissement de l'Iran doit être considéré comme un risque stratégique direct pour sa propre sécurité.


