La Rédaction
AFP
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
Des hauts gradés de l'armée US opposés à une invasion terrestre de l'Iran sont limogés
Ancien analyste de la CIA devenu commentateur géopolitique, Larry C. Johnson signe un article très critique sur les récents remous au sommet de l'appareil sécuritaire américain.
Selon lui, plusieurs hauts gradés - dont Randy A. George - auraient été poussés vers la sortie, suscitant incompréhension et colère dans les rangs. Une hypothèse circule : leur opposition à une intervention terrestre en Iran. Johnson avance aussi des mouvements militaires - notamment des vols de C-17 vers le Moyen-Orient - comme indices d'une possible montée en puissance.
Au-delà des généraux, l'auteur évoque un vaste remaniement touchant justice, renseignement et administration, autour de Donald Trump. Deux lectures s'affrontent : une volonté d'écarter les réticences face à une escalade militaire, ou une manœuvre politique en vue des élections de mi-mandat.
Pour Johnson, une chose est sûre : ces décisions traduisent une politisation inquiétante du Pentagone, au risque, écrit-il, de voir l'armée servir davantage le pouvoir que la Constitution.
Trump veut cacher ses soldats tués
Le Pentagone, sous l'administration Trump, minimise ou retarde la publication des chiffres de soldats tués ou blessés au Moyen-Orient. Le CENTCOM fournit des données obsolètes et incomplètes, refusant de clarifier les pertes réelles.
Depuis octobre 2023, environ 750 soldats américains ont été tués ou blessés, selon The Intercept. Les chiffres officiels excluent des cas comme : les blessés lors d'une attaque iranienne sur une base saoudienne, les marins intoxiqués sur l'USS Gerald R. Ford, les contractuels étrangers (plus de 12 900 cas en 2024).
Total Energies se frotte les mains
Selon une enquête du Financial Times, relayée notamment par Le Monde, TotalEnergies aurait engrangé près d'un milliard de dollars en mars en anticipant la flambée des prix du pétrole liée au blocage du détroit d'Ormuz. Le groupe aurait notamment acquis plus de 70 cargaisons, soit plus de 34 millions de barils, en combinant achats physiques et positions financières. Des chiffres qui n'ont toutefois pas été confirmés officiellement par l'entreprise.
Nouveau crime de guerre : Un missile américain frappe un gymnase et une école primaire
Le New York Times s'est penché sur une frappe survenue le 28 février 2026 à Lamerd. Ce jour-là, une salle de sport et une école primaire, situées à proximité d'un site des Gardiens de la Révolution islamique, ont été touchées.
Selon le quotidien américain, appuyé par des experts en armement, l'attaque aurait été menée avec un missile balistique américain de courte portée, le Precision Strike Missile, encore jamais utilisé en conditions réelles. Les images vérifiées montrent une explosion en l'air, typique de ce type d'arme, qui disperse des fragments métalliques sur une large zone. Sur place, l'absence de cratère et la multiplicité des impacts vont dans ce sens.
Le bilan est lourd : au moins 21 morts et de nombreux blessés, dont des enfants et des sportives présentes dans le gymnase, selon des sources iraniennes.
Reste une question centrale : comment des sites civils, clairement identifiés et distincts du complexe militaire voisin, ont-ils pu être touchés ? Erreur de ciblage, défaillance technique ou choix opérationnel ? Le missile venait à peine d'achever sa phase de test. Le Pentagone confirme son utilisation et dit analyser l'incident, sans reconnaître un ciblage volontaire de civils.
Un changement de paradigme dans la guerre moderne
L'Iran a réussi à détruire ou neutraliser plusieurs radars et capteurs américains et israéliens dans la région, rapporte The Responsible Statecraft. Cette dégradation du réseau de détection expliquerait pourquoi l'espace aérien israélien est soudainement vulnérable, malgré un système réputé parmi les plus sophistiqués au monde.
Israël a consommé environ 80 % de ses intercepteurs avancés en trois semaines. Le système multicouche (Dôme de fer, David's Sling, Arrow 2/3, THAAD) est débordé par le volume des attaques iraniennes. Les explications classiques (épuisement des stocks, saturation par drones) ne suffisent pas à expliquer l'ampleur des percées.
Les défenses israéliennes reposent sur un réseau intégré de radars et capteurs américains. Au moins 10 radars américains auraient été touchés, dont des systèmes AN/TPY 2 (THAAD) et un radar stratégique AN/FPS 132 au Qatar. La perte de ces "yeux" rend les forces américaines et israéliennes beaucoup plus vulnérables.
Le Pentagone transfère des pièces détachées de systèmes THAAD et Patriot depuis l'Asie vers le Moyen-Orient. Cela suggère des réparations d'urgence, non un simple renforcement capacitaire.
La guerre révèle une fragilité structurelle de la défense aérienne américaine, trop dépendante de systèmes terrestres. Le Pentagone devra accélérer : la transition vers des capteurs spatiaux, le durcissement des infrastructures, une révision du déploiement des troupes dans des zones trop exposées.
La guerre avec l'Iran a mis en lumière une crise stratégique : les États-Unis et Israël ne peuvent plus compter sur un réseau de détection terrestre supposé robuste. La vulnérabilité actuelle n'est pas un accident technique, mais un changement de paradigme dans la guerre moderne.
Israël cible un négociateur iranien
Une frappe israélienne a visé la maison de Kamal Kharazi, ancien ministre iranien des Affaires étrangères. Selon des sources iraniennes, son épouse a été tuée et lui-même grièvement blessé. Kharazi aurait été impliqué, via le Pakistan, dans des discussions exploratoires en vue d'éventuels contacts avec le vice-président américain JD Vance. Pour certains analystes, cette attaque israélienne viserait à torpiller toute ouverture diplomatique et à maintenir Washington dans le conflit. Rappelons qu'au déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis, des négociations étaient en cours. Le chef de la diplomatie omanaise évoquait même un accord proche.


