16/06/2026 investigaction.net  20min #317237

 Iran: Journal de Guerre #1

Iran, Liban, Palestine: Journal de Guerre #16

La Rédaction

Les Iraniens regardent le match du tournoi de la Coupe du Monde de football 2026 entre l'Iran et la Nouvelle-Zélande (AFP)

La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.

Des supporters iraniens déploient une pancarte commémorant la frappe meurtrière de l'école Minab lors d'un match de Coupe du monde

Des supporters iraniens lors du match de Coupe du Monde contre la Nouvelle-Zélande ont déployé dans les gradins une pancarte faisant référence aux168 enfants tués lors d'une frappe militaire américaine contre une école primaire iranienne.

Avant de voyager de Tijuana au Mexique vers les États-Unis pour le premier match de Coupe du Monde de l'équipe, le président de la Fédération iranienne de football, Mahdi Taj, a déclaré à Reuters que leur mission "était de participer sous le nom de Minab 168".

Esmaeil Baqaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a publié une vidéo évoquant aussi la mémoire des écoliers de Minab avant le match d'ouverture de la Coupe du Monde à Los Angeles opposant l'Iran à la Nouvelle-Zélande.

Les membres de l'équipe nationale iranienne sont représentés comme des figures Lego tenant solennellement la main des enfants tués lors de la frappe américaine avant d'entrer sur le terrain.

"L'Iran, malgré toutes ses blessures, reste debout, et ses enfants, le torse bombé et la détermination inébranlable, sont prêts à se mesurer au reste du monde", a déclaré Baqaei dans son message accompagnant la vidéo.

Capture d'écran de la  vidéo de Esmaeil Baqaei

Israël empêche 16 500 patients de se faire soigner à l'étranger

Israël empêche plus de  16 500 Palestiniens nécessitant des soins urgents à l'étranger de quitter Gaza, aggravant une crise sanitaire déjà catastrophique dans un territoire dont l'infrastructure médicale a été systématiquement détruite depuis 2023.

Le ministère de la Santé de Gaza accuse Israël de retarder ou bloquer les sorties de patients, entraînant des morts évitables. Le passage de Rafah, rouvert partiellement en février 2026, reste irrégulièrement fermé par Israël. Les Palestiniens ne peuvent quitter Gaza que 3 jours par semaine, et un seul jour est dédié aux évacuations médicales via Karem Abu Salem.

Le sous-secrétaire par intérim Maher Shamia a appelé les organisations de défense des droits de l'homme à faire pression sur Israël pour qu'il autorise la libre circulation, ajoutant que de nombreux patients pourraient être soignés sur place si Israël cessait également de bloquer la reconstruction des infrastructures de santé de Gaza, qu'il a systématiquement détruites.

Soixante et un démocrates du Congrès exhortent Trump à rouvrir un corridor médical pour les patients atteints de cancer à Gaza

61 représentants démocrates ont signé une lettre adressée au secrétaire d'État Marco Rubio, exhortant les États-Unis à rétablir un corridor médical, que Israël refuse de rouvrir depuis 2023.

"Les diagnostics de cancer sont devenus une condamnation à mort", indique la lettre, citant les près de 18 500 Palestiniens nécessitant des soins médicaux urgents dans la bande de Gaza, ainsi que les près de 11 000 patients atteints de cancer. Le représentant  James McGovern qui a rédigé la lettre a évoqué le cas d'un garçon de six ans Ghazal atteint de leucémie qui est mort en attendant qu'Israël approuve son évacuation.

James McGovern : "Les diagnostics de cancer sont devenus des condamnations à mort à Gaza". Ghazal, un jeune garçon de six ans, diagnostiqué d'une leucémie est décédé en attendant l'approbation de sa demande d'évacuation par le gouvernement israélien.

Amnesty accuse Israël de mener une campagne de nettoyage ethnique à l'encontre des Palestiniens

 Amnesty International accuse Israël de mener une campagne de nettoyage ethnique visant les Bédouins palestiniens en Cisjordanie occupée et de commettre le crime contre l'humanité que constitue le transfert forcé.

Selon les données de l'ONU, au moins 117 communautés palestiniennes, principalement bédouines et éleveuses, ont été confrontées à un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026. 5 910 Palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers. Des villages entiers - comme Zanuta, Ein Samia, Al-Farisiya, Ein al-Hilweh, Makhoul - ont été vidés, détruits ou rendus inhabitables.

Dans un rapport de 149 pages intitulé "Effacer tout ce qui est palestinien", Amnesty explique en détail comment cette campagne de nettoyage ethnique fait partie intégrante et organisée de la politique d'État.

"Au cours des trois dernières années et demie, les autorités israéliennes ont accéléré une campagne de nettoyage ethnique soutenue par l'État en Cisjordanie, déracinant, dépossédant et transférant de force des communautés palestiniennes. Il ne s'agit pas là de l'œuvre d'acteurs isolés ou de ce que la communauté internationale a qualifié à maintes reprises de colons extrémistes, d'organisations ou d'un ou deux ministres. Ce à quoi nous assistons, c'est une annexion délibérée, menée par l'État, en violation flagrante du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, dans un communiqué.

Les autorités israéliennes facilitent activement ces attaques en armant les colons et en autorisant l'armée et la police à soutenir ou à participer à ces attaques. Le gouvernement a assoupli les critères d'octroi des permis de port d'armes à feu à titre privé et a formé des centaines d'unités d'"intervention rapide" à travers Israël et la Cisjordanie occupée, armant des civils pour qu'ils puissent réagir en cas d'"actes terroristes" et d'autres situations d'urgence. Des milliers d'armes supplémentaires ont été distribuées aux "bataillons de défense régionaux" nouvellement formés, composés en grande partie de colons qui avaient été incorporés dans les réserves militaires. En janvier 2026, plus de 240 000 citoyens israéliens avaient obtenu un permis de port d'arme, parmi lesquels des colons israéliens.

L'Impunité est quasi-totale puisque 94 % des enquêtes sur les violences de colons n'aboutissent à aucune inculpation. Le cas de Yinon Levi, filmé en train de tuer un Palestinien en 2025, est particulièrement emblématique puisqu'il n'a jamais été inculpé et continue d'agir dans les villages.

On assiste à une expansion massive des colonies avec 50 785 logements promus entre 2023 et 2025. 363 nouveaux avant-postes créés (dont 212 sous le gouvernement actuel). 39 avant-postes illégaux légalisés rétroactivement. 102 nouvelles colonies déclarées depuis 2023 ce qui constitue un record historique.

Les autorités israéliennes financent directement des organisations de colons impliquées dans le dépossession des Palestiniens. Par exemple, HaShomer Yosh, qui recrute des bénévoles pour vivre ou participer à des activités dans des avant-postes, a reçu au moins 3 millions de NIS (un peu plus de 1 million USD) de financement gouvernemental depuis 2023 Les colons détruisirent également délibérément les terres agricoles et le bétail palestiniens. Les habitants d'Ein Samia, Makhoul et Zanuta ont déclaré que les colons élevaient régulièrement leurs animaux sur des terres cultivées palestiniennes, endommageant les cultures et détruisant intentionnellement les champs agricoles.

Des preuves vidéo de 10 incidents corroborent ces récits et montrent en outre des colons construisant des routes et clôturant des zones entières pour empêcher les Palestiniens de cultiver. Dans un incident particulièrement brutal, le 17 juillet 2025, des colons israéliens ont abattu et poignardé entre 180 et 200 moutons qu'ils avaient volés à Hammamat al-Meyta, une petite communauté du nord de la vallée du Jourdain, tuant au moins 120 moutons.

Israël confisque des terres palestiniennes à Jénine pour y construire une base militaire

Selon  le magazine +972, Israël a émis un arrêté visant à confisquer des terres palestiniennes dans la zone d'Al-Jabariyat, qui surplombe le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie occupée, afin d'y construire une base militaire. Il s'agit de la première confiscation de ce type dans la zone A depuis que les accords d'Oslo ont établi, en 1995, le contrôle civil et sécuritaire total des Palestiniens sur ce territoire. Des organisations de défense des droits humains ont averti que cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un effort plus large visant à étendre le contrôle militaire et colonial israélien autour de Jénine, où plus de 18 000 Palestiniens ont déjà été déplacés à la suite d'une offensive militaire israélienne en janvier 2025.

Un soldat israélien abat un bébé palestinien de sept mois à Hébron

Des  imagesdiffusées mardi par l'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem montrent un soldat israélien ouvrant le feu sur la voiture d'une famille palestinienne alors qu'elle ralentissait pour s'arrêter à Hébron le 5 juin, touchant à la tête Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, et le tuant, tout en blessant ses deux parents.

B'Tselem a déclaré que la vidéo montre que la voiture ne représentait "aucun danger" pour les soldats et qu'elle était loin de leur position lorsqu'ils ont ouvert le feu ; elle montre également les soldats quittant les lieux sans porter secours au nourrisson ni à sa mère blessée.

L'armée israélienne avait, dans un premier temps, indiqué qu'un de ses soldats avait ouvert le feu "sur des civils" non suspects, après que leur véhicule ait accéléré en direction de troupes.

Sam Abu Haikal est le treizième enfant tué par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée depuis le début de cette année. B'Tselem a documenté le meurtre de 236 enfants dans la région par les forces israéliennes depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 (Famille Abu Haikal)

L'invasion de rongeurs qui sème la terreur à Gaza

Une  grave infestation de rongeurs et d'insectes à Gaza aggrave encore les conditions de vie déjà catastrophiques des Palestiniens déplacés. Dans les camps de tentes, les rats, belettes, punaises, puces et moustiques se multiplient à cause de l'accumulation de déchets, des décombres, des eaux usées et du manque d'eau potable. Ils contaminent la nourriture, abîment les vêtements, mordent parfois les enfants et favorisent la propagation de maladies.

Cette crise sanitaire s'inscrit dans un contexte plus large de destruction massive des infrastructures, d'absence de reconstruction, et de fortes restrictions sur l'entrée de matériel nécessaire pour déblayer les gravats, réparer les systèmes d'eau et améliorer l'assainissement. Des responsables humanitaires de l'ONU et de l'Unicef expliquent que sans machines, équipements et produits suffisants, la situation continue de se détériorer.

Des témoignages de familles vivant sous tente décrivent une vie quotidienne marquée par la peur, l'insalubrité et l'épuisement. Malgré l'entrée récente de pesticides et de pièges, l'aide reste jugée insuffisante face à l'ampleur du problème. Les habitants de Gaza font face à un désespoir croissant, coincés entre guerre, déplacement, manque de ressources et dégradation extrême de leurs conditions de survie.

Bombe sanitaire à Gaza, les rats envahissent les camps (FRANCE 24 )

La complicité de l'Europe dans la dépossession palestinienne par le commerce agricole des colonies

L'enquête de quatre ans de Global Echo révèle pour la première fois les mécanismes par lesquels des millions d'euros de produits agricoles israéliens entrent illégalement sur les marchés européens.

Dans son rapport " Importing Occupation", Global Echo analyse près de 6 000 exportations agricoles israéliennes vers l'Europe au cours des huit dernières années. Il détaille un système complexe et étendu par lequel les produits agricoles cultivés dans les colonies israéliennes illégales sont régulièrement importés en Europe comme s'ils étaient israéliens.

Ces défaillances ne sont pas des incidents isolés. Ils forment un schéma qui viole les lois européennes, les accords commerciaux et les politiques. En pratique, tout ce système brouille l'origine des marchandises produites sur des terres volées, tandis que les agences douanières européennes, les importateurs et les supermarchés font peu de choses pour l'arrêter.

Global Echo engage une action en justice pour imposer des mesures contre ces violations, corriger le système qui permet aux biens de colonie d'entrer sur les marchés européens en violation du droit européen et international.

Photo d'un produit de la marque Achva en vente chez Carrefour en France, fabriqué dans une colonie dont l'étiquette indique une adresse à Ness Ziona, en Israël, suivie de la mention "Produit d'Israël". Les usines sont en fait situées en Cisjordanie, dans le territoire palestinien occupé (photo : Global Echo)

Les États-Unis deviennent le premier exportateur mondial de pétrole alors que la guerre contre l'Iran perturbe les approvisionnements de leurs rivaux

Les États-Unis sont devenus  le plus grand exportateur mondial de pétrole, détrônant les leaders de longue date que sont l'Arabie saoudite et la Russie, et remodelant le paysage énergétique mondial.

Cette évolution représente un retournement remarquable pour les États-Unis, qui ont fortement dépendu du pétrole brut d'Asie occidentale pendant des décennies.

La transformation énergétique des États-Unis a pris de l'ampleur après 2010, lorsque la production de champs de pétrole et de gaz de schiste a fortement augmenté, faisant d'abord du pays le plus grand producteur mondial de gaz naturel, puis plus tard son plus grand producteur de pétrole.

Depuis février 2026, les perturbations des exportations de pétrole saoudien causées par la guerre entre l'Ukraine et Israël contre l'Iran, combinées à la réduction des exportations russes due aux frappes de drones ukrainiens et aux sanctions américaines, ont contribué à propulser les États-Unis en tête des exportateurs mondiaux de pétrole.

Selon les données de suivi des navires de Vortexa, les exportations américaines de pétrole brut et de carburant ont atteint environ 10,5 millions de barils par jour en mai, soutenues par une forte production et des libérations de réserves stratégiques. C'est le troisième mois consécutif que les États-Unis se classent comme le principal exportateur mondial de pétrole.

Oxfam : Plus de Palestiniens tués en Cisjordanie depuis 2023 que pendant les 17 années précédentes

Plus de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes et les colons dans la Cisjordanie occupée au cours des trois dernières années que pendant les 17 années précédentes combinées, selon  une nouvelle analyse d'Oxfam des données de l'ONU. Le rapport a révélé que 1 244 Palestiniens, dont 268 enfants, ont été tués entre 2023 et la fin de 2025, contre 1 036 Palestiniens, dont 225 enfants, de 2006 à la fin de 2022.

Oxfam affirme que la forte augmentation des meurtres a coïncidé avec une escalade sans précédent des opérations militaires israéliennes, de la violence des colons, des restrictions de mouvement, des démolitions de maisons et des mesures d'annexion dans la Cisjordanie. L'organisation a noté que les enfants représentaient plus d'un cinquième des Palestiniens tués au cours des deux dernières décennies.

Le rapport a également mis en évidence une vague record de déplacements forcés. Près de 46 000 Palestiniens ont été déplacés de leurs communautés depuis 2023 en raison de raids militaires, d'attaques de colons, de démolitions et de restrictions d'accès, contre un peu plus de 13 000 au cours des 14 années précédentes combinées. Oxfam a déclaré que les points de contrôle et les barrages routiers ont atteint des niveaux record, fragmentant le territoire et restreignant l'accès aux soins de santé, à l'éducation, à l'eau et aux moyens de subsistance.

Oxfam note que plus de 540 attaques de colons ont été enregistrées au cours des trois premiers mois de 2026 seulement, tuant 33 Palestiniens et déplaçant plus de 2 200 autres. Oxfam a accusé Israël d'accélérer ce qu'il a décrit comme l'annexion et le nettoyage ethnique de la Cisjordanie tandis que l'attention du monde reste concentrée sur Gaza.

Israël refuse l'entrée à une journaliste française en raison d'une couverture critique

Les autorités israéliennes  ont refusé l'entrée à la journaliste française Alice Froussard cette semaine, selon l'Associated Press. Les médias israéliens ont indiqué que les autorités préconisaient de refuser l'entrée à Froussard en raison de ses reportages critiques pour Radio France Internationale sur les actions d'Israël à Gaza et en Cisjordanie occupée, notamment pour avoir qualifié les politiques envers les Palestiniens d'"apartheid".

Les responsables palestiniens  ont condamné cette mesure comme une tentative d'empêcher les journalistes de "transmettre la vérité" sur les événements qui se déroulent dans les territoires palestiniens occupés. Israël continue de refuser l'entrée de journalistes étrangers à Gaza depuis octobre 2023, et a tué au moins 260 travailleurs des médias palestiniens et des journalistes dans la bande.

L'interdiction officielle, émise par l'Administration des contrôles aux frontières et consultée par  RSF, invoque comme motifs du refus "des considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d'ordre public" et "des considérations liées à la prévention de l'immigration clandestine". La journaliste disposait pourtant de toutes les pièces requises, d'un visa et d'un contrat officiel avec RFI.

Israël étend son contrôle militaire à Gaza, au Liban et en Syrie de 1 000 km²

 Une expansion territoriale silencieuse mais massive : Israël a établi depuis 2023 une empreinte militaire de facto d'environ 1 000 km² à Gaza, au Liban et en Syrie - soit plus que la superficie de New York. Cette expansion n'apparaît pas sur les cartes officielles, ce qui permet à Israël de redessiner les frontières sans déclaration formelle.

A Gaza, la "Ligne Jaune" sert de façade. Après le cessez-le-feu d'octobre 2025, Israël a annoncé une zone de contrôle d'environ 200 km². En réalité, les forces israéliennes ont dépassé ces limites, notamment dans le nord de Gaza (jusqu'à 54,7 % du territoire nord). Des démolitions non annoncées ont été observées hors des zones déclarées, par exemple à Shujayea.

Au Sud-Liban, la zone tampon est élargie au-delà des cartes présentées. Le cessez-le-feu d'avril 2026 prévoyait une zone tampon de 570 km². Les images satellites montrent des démolitions dans des zones explicitement hors de cette zone, comme à Zawtar al-Sharqiya. Cette politique est qualifiée de "chaos calculé". Israël déclare une limite, puis l'étend sur le terrain.

Au Sud de la Syrie, nous avons affaire à une occupation "à faible bruit" qui ne veut pas dire son nom. Ici, il n'y a pas de "Ligne Jaune" officielle, mais un réseau continu de postes militaires fixes au-delà de la ligne de désengagement de 1974. La Zone de contrôle est estimée à 235 km².

Plus de 800 incursions sont documentées entre 2024 et 2026, dont certaines jusqu'à 63 km à l'intérieur de la Syrie. L'objectif est de façonner un nouvel environnement sécuritaire avant une éventuelle recomposition politique syrienne.

Cette stratégie pourrait s'avérer trop coûteuse et potentiellement intenable. Contrôler 1 000 km² implique une logistique lourde, routes, chars, fortifications, carburant, évacuations, gardes, etc. Israël risque de surcharger son armée de réserve et son économie. Les analystes rappellent l'échec de la "ceinture de sécurité" au Liban, abandonnée en 2000.

On peut parler de stratégie compensatoire. Israël crée des zones tampons pour offrir à Netanyahou une "image de victoire" malgré l'absence de succès militaires décisifs. C'est aussi une manière de répondre aux revendications de la droite israélienne sur la souveraineté territoriale.

Le Liban informe l'ONU qu'Israël utilise un herbicide comme arme

Le Liban  a déposé une plainte formelle auprès du Secrétaire général de l'ONU et du Conseil de sécurité, affirmant qu'Israël utilise du glyphosate comme arme en pulvérisant des herbicides concentrés sur des terres agricoles libanaises.

Des analyses de laboratoires montrent des niveaux de glyphosate 20 à 30 fois supérieurs à ceux observés après une utilisation agricole normale. Ces concentrations sont jugées dangereuses pour la santé humaine et l'environnement.

Avant l'invasion israélienne du Liban en mars, Israël menait déjà des attaques quasi quotidiennes, dont certaines consistaient à pulvériser des herbicides. Ces opérations ont continué sporadiquement après l'invasion, mais ont été éclipsées par l'intensité des combats.

Les pulvérisations s'inscrivent dans une campagne plus large ayant causé des dégâts massifs aux terres agricoles, notamment dans le sud du Liban, une zone qu'Israël aurait envisagé de dépeupler.

Israël affirme auprès de la FINUL que le glyphosate utilisé est un produit "non toxique", tout en recommandant paradoxalement aux casques bleus de se mettre à l'abri lors des pulvérisations.

Des pulvérisations similaires auraient été observées dans des zones frontalières du sud-ouest de la Syrie.

L'usage d'herbicides en temps de guerre n'est pas automatiquement illégal. Mais l'utilisation de produits dangereux à très haute concentration, visant des terres agricoles essentielles à la survie de la population, pourrait constituer une violation du droit international. Cela pourrait aussi enfreindre la Convention ENMOD (interdiction des techniques de modification de l'environnement), qu'Israël n'a toutefois pas signée.

À ce jour, les combats ont endommagé  467 km² de terres agricoles au Liban, principalement dans le sud

Des milliers de victimes palestiniennes sous les décombres à Gaza ne seront peut-être jamais identifiées

Le Comité international de la Croix‑Rouge (CICR) alerte que  des milliers de Palestiniens ensevelis sous les décombres à Gaza risquent de ne jamais être identifiés, en raison du temps qui passe, du manque d'équipement et des obstacles à l'accès humanitaire.

Les corps restent longtemps sous les décombres, accélérant la décomposition et la perte d'indices médico‑légaux. Le CICR estime que beaucoup pourraient être retrouvés à un stade de squelette, rendant l'identification extrêmement difficile.

Environ 61 millions de tonnes de décombres doivent être fouillées - 20 fois la quantité générée par tous les conflits mondiaux depuis 2008. Les autorités de Gaza estiment qu'au moins 10 000 corps sont encore ensevelis ; certains experts évoquent jusqu'à 14 000.

Les équipes de secours travaillent avec des outils rudimentaires (pelles, râteaux, mains nues). Les demandes répétées d'autoriser l'entrée de pelleteuses et machines lourdes restent sans réponse de la part d'Israël. Sans ces machines, la récupération est extrêmement lente.

Des cas rapportent des corps réduits à l'état d'os en deux semaines, un phénomène normalement observé après 6 à 12 mois. L'humidité, les intempéries et les animaux accélèrent la décomposition.

Des témoins craignent que des bulldozers israéliens déplacent involontairement des corps, compliquant encore la localisation et l'identification. À Deir al‑Balah, un cimetière dédié aux corps non identifiés compte plus de 650 tombes, chacune numérotée et documentée. Certains corps y reposent depuis plus de deux ans.

Les Tests ADN sont quasi impossibles. Les hôpitaux manquent d'équipements pour les réaliser. Israël n'autorise pas l'entrée de matériel de test. L'ADN se dégrade avec le temps, réduisant encore les chances de donner un nom au corps sur lequel il a été prélevé.

L' impact psychologique pour les familles est massif. Elles vivent un deuil sans corps ni certitude. Cela entraîne dépression, traumatisme, troubles identitaires. Il faut également signaler, que sans certificats de décès, les familles ne peuvent obtenir d'aide sociale.


Des enfants regardent les restes de Palestiniens non identifiés être enterrés dans un cimetière à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza (Photo AFP)

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