La Rédaction
AFP
La première victime de la guerre, c'est la vérité. Pour justifier leur intervention illégale contre l'Iran, les États-Unis et Israël font tourner la machine de propagande à plein pot. Fact-checking, infos écartées, analyses à contre-courant... Retrouvez dans nos bulletins consacrés à la guerre d'Iran des infos à partager pour contrecarrer la propagande de guerre et faire stopper cette agression impérialiste contre un pays souverain.
Le New York Times pointe l'impasse de la guerre en Iran
Les États-Unis pris dans une impasse en Iran. Pas habitué à critiquer les interventions de Washington, c'est le New York Times qui le souligne. Deux semaines après le déclenchement du conflit contre l'Iran, Trump se retrouve face à un dilemme stratégique : poursuivre l'escalade militaire ou tenter de se retirer sans atteindre ses objectifs initiaux.
Or, chacune de ces options comporte un coût élevé, pointe le quotidien US. Continuer la guerre signifie accepter des pertes humaines, une facture financière croissante et un risque d'extension du conflit dans toute la région. Mais se désengager trop tôt reviendrait à reconnaître que les objectifs proclamés - notamment empêcher définitivement l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire - restent hors d'atteinte.
Le journal souligne aussi que l'Iran, bien que militairement affaibli, conserve des leviers puissants. La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz perturbe déjà le commerce mondial et fait grimper les prix du pétrole. Téhéran peut également compter sur des actions asymétriques, allant des cyberattaques aux frappes contre les intérêts occidentaux dans la région.
Autre complication : les alliés eux-mêmes rendent la stratégie plus incertaine, certains choix militaires israéliens ayant contribué à l'escalade. Résultat, selon l'analyse du New York Times, Washington est engagé dans un conflit où chaque option résout un problème... tout en en aggravant un autre. Une situation stratégique dont il sera difficile de sortir rapidement.
Même les faucons de guerre volent dans les plumes de Donald Trump
Ce sont des figures néoconservatrices de premier plan. Ils ont mis sur pied le Project for the New American Century (PNAC), un think tank qui soutenait le remodelage du Moyen-Orient et qui a largement pesé sur le lancement des guerres en Afghanistan et en Irak. Pourtant, des personnalités telles que Robert Kagan, Bill Kristol ou encore John Bolton admettent désormais que l'offensive américano-israélienne contre l'Iran tourne mal, comme le souligne cette analyse.
John Bolton reconnaît que Washington a sous-estimé la riposte iranienne, notamment sur le détroit d'Ormuz et ses conséquences économiques. Mais c'est surtout Robert Kagan qui acte un tournant : selon lui, la guerre affaiblit la puissance américaine à l'échelle globale. Elle creuse le fossé avec les alliés, pèse sur l'effort en Ukraine, détourne des moyens face à la Chine et fragilise la position des États-Unis au Moyen-Orient.
Plus largement, Kagan admet que cette crise a été en partie provoquée par Washington. En creux, c'est toute la doctrine néoconservatrice du changement de régime qui vacille. Le constat est brutal : même ses architectes commencent à lâcher prise - signe d'une guerre bien plus mal engagée que prévu.
Steve Witkoff sous le feu des critiques
Avant que les États-Unis et Israël se mettent à bombarder l'Iran, des négociations étaient en cours. On était même proche d'un accord, selon le ministre des Affaires étrangères d'Oman, impliqué dans les négociations. Alors, pourquoi cet échec diplomatique au profit d'une guerre qui tourne au fiasco ?
Un article de Responsible Statecraft pointe la responsabilité de Steeve Witkoff, proche de Donald Trump et envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient. Il était impliqué dans les négociations avec l'Iran. Or, selon plusieurs témoignages, il a brillé par son incompétence et un militantisme interventionniste, au détriment de la diplomatie.
Plusieurs responsables américains, omanais et du Golfe estiment que Witkoff ne maîtrisait pas les bases techniques du dossier nucléaire iranien. Ils lui attribuent des erreurs, des approximations et des déformations de propos iraniens.
À cela s'ajoute un soupçon de partialité. Proche de réseaux pro-israéliens et en contact régulier avec des responsables israéliens, Witkoff apparaît, pour beaucoup, davantage comme un acteur engagé que comme un médiateur.
Résultat : un processus fragilisé. Witkoff aurait volontairement torpillé l'accord qui était à portée de main.
L'Arabie saoudite dément les informations de la presse US
Des sources saoudiennes ont démenti un article du New York Times affirmant que le prince héritier aurait conseillé au président Trump de "continuer à frapper fort l'Iran", via la chaîne d'État Al Arabiya.
Le nouvel article du NYT, citant des responsables américains anonymes, est apparu moins de trois semaines après un article du Washington Post faisant des affirmations similaires sur le rôle de l'Arabie saoudite dans le lobbying en faveur de la guerre en Iran. L'article du Washington Post a également été réfuté par l'Arabie saoudite.
En mars 2023, l'Arabie saoudite et l'Iran ont signé un accord de détente, négocié par la Chine, pour mettre fin à des années d'hostilité entre les deux puissances régionales.
L'Arabie saoudite pratique-t-elle un double jeu ou les États-Unis tentent-ils de semer la zizanie entre Ryad et Téhéran ?

