War

 Trump et Netanyahou se rencontrent à nouveau

 Trump et Netanyahou affichent un front uni face à l'Iran et au Hamas

 Iran : le président Massoud Pezeshkian dénonce une « guerre totale » menée par l'Occident contre son pays

 L'Iran sur le pied de guerre : Trump menace d'intervenir pour «soutenir les émeutiers». Téhéran menace les intérêts américains et célèbre le «Conquérant de Khaybar»

 Une nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran embrasera toute la région (secrétaire général du Hezbollah)

 Au bord de l'embrasement, le Moyen-Orient s'active pour freiner le face-à-face Washington-Téhéran

 Les pourparlers irano-américains à Oman portent exclusivement sur la question nucléaire

 Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre l'Iran immédiatement après les négociations à Oman

 L'Iran privilégie la diplomatie tout en se tenant prêt à toute agression (ministre des A.e.)

 Une solution mutuellement avantageuse au dossier nucléaire iranien reste possible (Araghchi)

 Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran

 Les forces armées iraniennes lancent une vaste riposte contre Israël et des bases américaines au Moyen-Orient

 La défense aérienne américano-israélienne en échec

 Pourquoi l'Iran a déjà gagné la guerre ?

 Iran: Larijani rejette les menaces de Trump concernant le détroit d'Hormuz

 Tensions au détroit d'Ormuz : Washington presse ses alliés de déployer des navires de guerre

21/03/2026 reseauinternational.net  5min #308434

 Tensions au détroit d'Ormuz : Washington presse ses alliés de déployer des navires de guerre

Intensifier, se retirer ou négocier ? Le dilemme de guerre de Trump

par Yahya Dbouk

Après plus de deux semaines de guerre israélo-américaine contre l'Iran, le président américain Donald Trump se trouve à un tournant décisif. Le conflit a rapidement dégénéré en confrontation régionale, mêlant des facteurs militaires, économiques, politiques et personnels.

À Washington, l'attention se détourne de la recherche d'une victoire rapide pour se concentrer sur la nécessité d'éviter une guerre longue et coûteuse. Il n'existe pas de plan opérationnel clair pour atteindre des objectifs précis ; les buts restent donc vagues et non coordonnés.

Les hypothèses initiales se sont révélées erronées, et les décisions sont désormais prises au jour le jour, en fonction de l'évolution de la situation, sans perspective de fin claire. La complexité croissante rend difficile pour ceux qui ont déclenché la guerre d'y mettre fin sur la base des résultats obtenus jusqu'à présent, qui sont loin des ambitions déclarées. Le coût croissant des combats fragilise encore davantage leur justification.

Deux voies principales semblent se dessiner. La première consiste en une escalade militaire continue pour atteindre les objectifs américains et israéliens. Cette option comporte toutefois des risques. Le conflit pourrait s'étendre, les forces américaines subiraient une pression accrue et les coûts économiques et politiques pourraient s'alourdir, tant au niveau national qu'international. Le soutien de certains alliés pourrait également s'éroder.

La seconde option consiste en un retrait progressif des États-Unis présenté comme une victoire. Cela limiterait les coûts immédiats pour Washington, mais poserait des problèmes de crédibilité et d'influence internationale. Cela permettrait à l'Iran de se renforcer, tout en lui donnant la possibilité de reconstituer ses capacités nucléaires et balistiques et de restaurer son influence régionale, qui se renforcerait probablement une fois le régime sorti d'affaire.

Un élément clé du conflit est la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Iran a tiré parti de sa position géographique pour perturber le commerce mondial, provoquant d'importantes coupures d'approvisionnement en pétrole.

Malgré les déclarations américaines minimisant l'impact de la crise, Washington a demandé aux puissances internationales, dont la Chine, la France, le Japon, le Royaume-Uni et la Corée du Sud, de contribuer à sécuriser la navigation, ce qui signifie que la crise dépasse les seules capacités des États-Unis.

Par ailleurs, les stocks d'uranium enrichi à Ispahan complexifient encore la situation. Leur stockage sécurisé limite l'efficacité des frappes aériennes et rend toute opération terrestre extrêmement risquée. Ceci explique en partie l'hésitation des États-Unis à prendre des mesures décisives à leur encontre, tout en compliquant tout récit de victoire.

Depuis le début de la guerre, l'Iran a fait preuve d'une forte cohésion interne, malgré d'importants écarts militaires et économiques avec les États-Unis et leurs alliés. Les indicateurs politiques et de terrain suggèrent une capacité d'adaptation et de réorganisation, plutôt qu'un déclin, ce qui permet à l'Iran de maintenir sa résilience.

Les tentatives visant à susciter la dissidence interne ont jusqu'à présent échoué. Aucune dynamique intérieure n'a véritablement remis en cause le régime ni affaibli son emprise. En réalité, la confrontation extérieure semble renforcer l'unité nationale, compliquant les calculs de Washington.

Parallèlement, des divergences apparaissent au sein du camp américano-israélien. Les États-Unis privilégient l'endiguement, tandis qu'Israël plaide pour une pression accrue. Ces approches divergentes créent des défis supplémentaires pour Washington sans pour autant menacer l'alliance stratégique.

Compte tenu de ces facteurs, plusieurs scénarios semblent envisageables pour la phase à venir. L'un d'eux consiste en une escalade limitée sur une courte période, culminant avec une opération d'envergure qui pourrait offrir à Trump une porte de sortie politique, suivie d'une réduction progressive de la présence militaire parallèlement au maintien des pressions économiques. Toutes les options pour une telle opération comportent des risques et rendent les décideurs hésitants.

Une autre option consiste à mener des frappes ciblées sur les infrastructures pétrolières iraniennes afin de produire un impact économique direct sans opérations terrestres complexes, mais cela comporte le risque de représailles iraniennes qui pourraient également interrompre les exportations de pétrole du Golfe.

Une troisième voie consiste en un canal de négociation indirect, probablement via la Chine, qui exerce une influence sur l'Iran et pourrait permettre aux deux parties de sortir de la confrontation sans perte totale de crédibilité, bien que Washington soit peu susceptible d'adopter cette option à moins que le coût des autres solutions ne devienne insoutenable.

À plus long terme, si la guerre ne se termine pas de façon décisive, ce qui semble probable, le conflit pourrait évoluer vers une guerre d'usure indirecte, par le biais d'outils économiques, cybernétiques et sécuritaires, tandis que les opérations militaires directes diminueraient. La guerre tend à redéfinir les règles d'engagement plutôt qu'à obtenir une victoire militaire claire. La stratégie de Trump vise à concilier la nécessité d'éviter l'usure et le maintien de la dissuasion, d'autant plus que l'Iran a fait preuve de résilience et de capacité de manœuvre sous la pression.

En définitive, la prochaine phase façonnera non seulement la trajectoire et l'issue de la guerre, mais redessinera également les équilibres régionaux et internationaux, avec des effets qui pourraient durer des années.

source :  Al-Akhbar via  China Beyond the Wall

 reseauinternational.net