22 août 2026 - Cela ! Jamais deux mots, au propre ou au figuré selon des sens si différents, n'eurent une signification aussi similaires jusqu'à les confondre. Je parle du mot "descendants", qui est un autre mot, plus performant si l'on veut, que celui d'"héritiers", mot noble perverti par le moderne parce qu'il suppose l'image de l'héritage devenu aujourd'hui matière sonnante et trébuchante sans aucun projet structurant pour le justifier. "Descendants", mot que je préfère pour ce cas qui est celui de notre époque devenue folle, c'est aussi la chose qui descend, et celui-ci se confond avec celui-là, et "descendant" est bien celui qui descend. Nous sommes donc les descendants des temps d'Homère et d'Ulysse, comme le USS 'Abraham-Lincoln', masse impressionnante prenant presque toute la mer pour elle, puant à l'intérieur, pourrissant sans mesure, avec à son bord des hommes affamés et pourtant faisant la queue aux chiottes car les toilettes sont devenues chiottes au rythme des appontages et des catapultages. Là aussi, c'est de la matière descendante.
Pour cette raison, je n'irais pas voir 'L'Odyssée', un film de Christopher Nolan, ré-interprétant et ré-ré-actualisant, comme font les "descendants" arrivés en modernité et comptables d'un conformisme de fer, l'un des joyaux fondateurs de ce qu'on nomme "civilisation" ; et je parle de l'écrit fondateur perçu comme un symbole bien plus que comme un écrit imposant la lecture avec ses couleurs diverses (deux mots également importants).
Non que je recule devant la fonction de critique en proclamant ma volonté de non-lecture comme une provocation qui permet d'en débattre, puisqu'en effet je suis dans ce rôle sous le nom de "Pseudo-PhG" dans le livre que j'écris en consultation avec l'IA qui vaut bien dix fois l'espèce humaine. Pour Nolan, il me suffit de lire la distribution, - non pas que je sois raciste, vision terrifiante, mais parce qu'on me la présente d'une manière hyper-raciste. Ce n'est pas le mot "raciste" qui me fait peur, c'est la profonde et incompétente stupidité de ceux qui le prononcent par pure obéissance au diktat du conformisme.
Ici, l'on s'arrête un peu pour verser quelques larmes sur vous-savez-quoi. Avant il y avait l'arrêt-pipi, aujourd'hui il y a l'arrêt-jérémiades qui marquent tous les regrets encombrants et rangés dans un désordre larmoyant de notre passé, dont toute l'espèce humaine, les blancs certes mais ceux de l'arc-en-ciel aussi, est chargée comme un mulet, - cette si brave bête qui nous regardent, tristement et avec le fatalisme de qui sait qu'on n'y peut rien, la charger de cargaisons et mystifications diverses utilisées dans le rapport changeant de nos histoires respectives remises au goût du jour.
Je parle de l'article (' Unz.com', repris sur ' euro-synergies.hautetfort.com'), de Hua Bin, du 16 août 2026 sur
"L'Odyssée et la futilité du faux universalisme culturel - Christopher Nolan a gâché un classique intemporel avec un symbolisme flagrant."
Hua Bin commence en rapportant en quelques mots ce que fut 'L'Odyssée' d'Homère et, aussitôt un mot m'arrête, qui n'est pas lecture ni d'intrigue, qui ne parle ni de couleurs de peau ni de diversités de cultures. L'aurez-vous tous reconnu, ce mot qui se suffit à lui-même pour symboliser notre tragédie sans fin que nous avons réussi à transformer en tragédie-bouffe ? Je le souligne de gras, tant vous en retrouverez des traces dans les abondantes archives de ce site qui continue son chemin comme un glacier défiant les multiples "crises climatiques" :
"L'épopée raconte le long et traumatisant voyage de retour d'Ulysse après la guerre de Troie.
Cette histoire a donné naissance au concept de nostos - le mot grec ancien pour retour au foyer, dont dérive le mot nostalgie..."
Puis défile la critique. Elle est tellement facile pour l'auteur de ces lignes qui n'en a pas lu une seule dans ce cas et selon le sens évoqué, pour qui Homère et Ulysse sont des symboles absolument intangibles et irréfragables de l'aventure humaine à ses débuts, - loin, si loin des babillages présents, des habiles tactiques de l'Hollywood de la modernité qui se débrouille pour peinturlurer en noir la blanche Hélène de Troie et ainsi de suite :
"Je ne parle pas de Robert Pattinson, l'acteur américain anglophone qui incarnait l'antagoniste Antinous - de façon très peu convaincante, d'ailleurs.
Je parle d'Hélène de Troie et d'Athéna, la déesse grecque de la sagesse et de la guerre. Deux personnages importants de toute cette histoire.
Hélène, décrite dans les livres d'Homère comme"aux bras blancs"et dont la beauté a poussé Pâris à la séduire et à l'enlever, ce qui a conduit à la désastreuse guerre de Troie, était interprétée par l'actrice noire Lupita Nyong'o.
Athéna, déesse de l'Olympe et fille préférée de Zeus, était interprétée par l'actrice métisse Zendaya, d'origine afro-américaine et germano-écossaise.
Ces choix d'actrices bouleversent complètement la façon dont les lecteurs, à travers les millénaires, imaginent Hélène et Athéna."
J'espère simplement que les noirs-de-peau et métis de l'Olympe ne sont pas trop fiers et heureux qu'on se foute ainsi délibérément de leurs fioles. Un empire qui bascule parce qu'il s'est déguisé en un glacier trop grand pour lui, cela fait des éclaboussures et des glou-glou-glou, mais ça ne vaut pas tripettes dans les simulacres qu'il met en scène pour avoir encore l'air d'un empire.
La tentative se heurte à de terribles torpilles hypersoniques et missiles de la même eau, qui sont la représentation moderne, - technologies triomphantes retournées contre leurs inspirateurs, à la Sun Tzu, - la représentation moderne, disais-je, des symboles "absolument intangibles et irréfragables" qu'ils prétendent récupérer pour boucler leurs sacs de milliards et trillions de dollars.
Alors, l'explication de "Nolan et du studio" est une occasion de bien en rire, dans sa naïveté, son goût irrésistible du simulacre, son sens presque mécanique et fasciné du mot vide de sens, son ignorance abyssale de ce qu'est le symbolisme d'un symbole et de sa puissance réelle et ainsi de suite. Hua Bin parle d'un "symbolisme à l'extrême" pour décrire keur "explication", mais c'est d'un symbolisme inverti, accouché d'une subversion dont il parle...
"Nolan et le studio ont défendu les décisions délibérées qui ont motivé ces choix de casting.
Ils affirment que l'intention de Nolan est de créer une version de l'épopée antique où les acteurs sont"représentatifs du monde"".
Cette "explication", extrêmement Woke comme on swingue et comme l'on est rock'n'roll, est complètement moderne et témoigne, comme le note Alastair Crooke à un autre propos qui est complètement différent et même objectivement contraire à celui que j'expose ici, de ceci qui caractérise l'état de l'esprit des Occidentaux transatlantiques confrontés à la véritable substance, ou non-substance plutôt, de leur destin tragico-bouffe :
"Mon argument... est que les modes de pensée occidentaux, séculiers et mécanistes, ne comprennent pas ces [réalités fondamentales]. L'Occident s'obstine à appliquer ses préceptes conceptuels occidentalisés à quelque chose - [le symbolisme et sa puissance créatrice] - qui échappe totalement au champ de conscience occidentale postmoderne. Nous comprenons bien la politique de puissance, mais l'eschatologie [symbolique] reste, dans une large mesure, un livre fermé pour la plupart des Occidentaux séculiers".
Moi qui n'ait pas lu 'L'Odyssée' d'Homère mais qui sait parfaitement, d'intuition et de nostalgie aidant, ce dont il s'agit, je laisse à votre connaissance et à votre sagacité ce qu'un spectateur critique en écrit. A mes descendants, je lègue la nostalgie d'une enfance baignée dans les eaux souvent plus froide qu'on ne croit à l'automne perdue de notre espèce, - de cette mer sacrée, cette Mare Nostrum de l'espèce humaine dont la sacralité doit tant à Homère et à Ulysse. Je vous jure que, dans le roulis des vagues et l'écume de leurs énergies, l'on entend dans cette Méditerranée des Anciens des voix venues de l'au-delà des mers, souligner des éclats de rire presqu'olympiens devant les effets et les conséquences des réalisations humaines.