📚 21/09/2026 reseauinternational.net  4min ⁑️ 4 #327405

Arabie saoudite : Trump a-t-il laissé tomber Mohammed ben Salmane ?

740px/431px - 100.36 Koreduce by 50%del

par Idriss Aberkane

Le prince sous la pince

Ce soir, en direct avec Romain Molina, on lit l'Arabie saoudite par l'angle de Pepe Escobar : Mohammed ben Salmane est-il fini ? Pas une chronique de palais. Une géographie. À l'est, le détroit d'Ormuz étranglé par la guerre entre Washington et Téhéran. Au sud, Ansarallah tient Mocha, Dhubab, l'île de Périm et serre Bab el-Mandeb. Au nord, un essaim de drones parti d'Irak a forcé la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest, Abqaiq-Yanbu, dernière voie de sortie quand Ormuz se ferme. Production officielle tombée à six virgule deux millions de barils par jour en août, plus bas depuis mille neuf cent quatre-vingt-dix. Le royaume n'exporte plus qu'une fraction de ce qu'il vendait. Vision deux mille trente reposait sur un seul pari : tenir la guerre à distance. Le pari a sauté.

Ce que dit Escobar

@RealPepeEscobar a tranché sans détour : "MbS : radioactive". Trois jours plus tôt : "MbS asked the death cult to help him fight against Yemen. That's all the Ummah needs to know" (MbS a demandé au culte de la mort de l'aider à lutter contre le Yémen. C'est tout ce que la Oumma a besoin de savoir). Dans sa chronique, il parle d'humiliation en quelques jours, vassal du syndicat Epstein, parallèle avec Kaboul. Chez Mario Nawfal, il avance le scénario qui fait mal : la décision de "jeter MBS sous le bus" aurait déjà été prise. Pas un souhait. Une lecture de l'abandon américain. Donald Trump a refusé les frappes que Riyad demandait contre les houthis et a lâché : un seul pays est mécontent, l'Arabie saoudite. Les milliards versés, les photos à la Maison Blanche, le football acheté, le fonds souverain : rien n'a acheté le bombardier. @RealPepeEscobar ajoute que Riyad a fait capoter la réunion d'Oman où l'Iran et le Golfe devaient parler d'un arrangement de navigation sur Ormuz. Qui tue la table tue aussi la sortie.

L'étau sur le pétrole

Sans Est-Ouest, Yanbu n'a plus que quelques jours de stocks. Les réparations se chiffrent en semaines. Si l'oléoduc reste fermé un mois et qu'Ormuz ne rouvre pas, des économistes du Golfe voient une contraction de trois virgule un à quatre virgule cinq pour cent cette année, pire que deux mille vingt. Le Brent a touché cent huit dollars. Ce n'est pas une aubaine pour Riyad : un baril cher qu'on n'arrive plus à charger ne paie ni Neom, ni les stades, ni le service de la dette intérieure. Ansarallah a prévenu : Ras Tanura, "tête du serpent pétrolier", entre dans la ligne de mire si Riyad s'engage à fond sur la côte ouest yéménite. @RealPepeEscobar : "History on a roll. BRICS, Yemen, Hormuz, China". Le péage de Bab el-Mandeb n'est plus une hypothèse d'analyste. C'est une porte que Sanaa peut fermer aux pavillons saoudiens.

Ce qui reste au palais

MBS est au Caire chez al-Sissi. Soutien verbal, coordination mer Rouge, rien qui rouvre un détroit. Il a vu le chef du Centcom. Il a, selon plusieurs sources diplomatiques, cherché une aide israélienne par le même canal. Escobar en fait le point de rupture avec l'Oumma. Au-dedans, le père est diminué, le prince a concentré comme jamais. Michael Rubin écrit que les couteaux sont sortis. Ce n'est pas une prédiction de putsch. C'est le rappel qu'un homme qui a tout misé sur Washington, sur le spectacle et sur une guerre au Yémen qu'il n'a pas su terminer, n'a plus de coussin. Alerte aérienne à Djeddah, à La Mecque, à Al-Ula : le tourisme de luxe et la ville sainte dans le même filet. Un drone intercepté au sud de La Mecque le seize septembre. Le décor de Vision deux mille trente prend l'eau.

Le direct de ce soir

Molina connaît le décor acheté : clubs, contrats, Ronaldo, vitrine. Escobar connaît le dessous : détroits, oléoducs, vassalité. La question n'est pas "MBS tombera-t-il demain matin". C'est : que vaut un prince quand son protecteur refuse le feu, quand son pétrole ne sort plus, quand Sanaa tient la porte des Larmes et que Téhéran tient Ormuz ? Un régime pétrolier sans sortie n'est plus un pivot. C'est une île. Ce soir on déroule la carte, les citations, les chiffres, et on laisse le palais répondre s'il peut encore.

source : Idriss Aberkane

 reseauinternational.net