🦅 04/10/2026 reseauinternational.net  7min ⁑️ 5 #328762

 Élections au Brésil : Démocratie et multilatéralisme en péril

Élections au Brésil 2026, une bataille contre l'impérialisme

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par Vladimir Castillo Soto

Les grandes élections qui se tiendront le 4 octobre au Brésil, au cours desquelles seront élus le président, les gouverneurs et les législateurs, revêtent une importance stratégique pour notre Abya Yala et pour le monde entier. Le Brésil est le 5e pays le plus étendu, figure parmi les 10 plus grandes économies et occupe le septième rang mondial en termes de démographie.

D'autre part, le Brésil de Luiz Inácio Lula da Silva, du Parti des Travailleurs (PT), fait partie des BRICS, qui plaident pour un ordre mondial plus juste et plus équilibré ; son principal partenaire commercial est la Chine, avec une tendance à la croissance de leurs échanges commerciaux ; il a vivement critiqué l'entité sioniste qui, avec l'aide des États-Unis, exécute un génocide contre le peuple palestinien. Tout cela en fait la principale cible du président Trump dans l'hémisphère. Il a déjà imposé aux importations américaines en provenance du Brésil des tarifs douaniers allant de 12,5% à 50%, ce qui a fait chuter les exportations brésiliennes vers les États-Unis à leur plus bas niveau depuis 1997, affectant négativement son économie, ce qui se traduit par une faible croissance de son PIB en 2026.

Trump et son secrétaire d'État, Marco Rubio, se sont prononcés en faveur de la candidature de Flavio Bolsonaro et ont férocement critiqué le procès intenté à Jair Bolsonaro pour la tentative de coup d'État, allant jusqu'à prendre des mesures coercitives unilatérales contre le juge chargé de l'affaire.

L'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays est bien connue. Dans notre Amérique, ils ont renversé des dizaines de gouvernements et installé des dictatures militaires, déstabilisé des gouvernements légitimes, bloqué et imposé des mesures illégales et inhumaines contre des peuples entiers, et sont même allés jusqu'à violer la souveraineté de plusieurs pays par des agressions militaires directes : le Mexique, Cuba, Haïti, le Nicaragua, la République dominicaine, le Panama, la Grenade et le Venezuela en sont des exemples. Ils ont manipulé ouvertement les élections, les 18 derniers mois en offrant les exemples du Honduras, de l'Équateur, de la Colombie et du Pérou, où, de manière grotesque et effrontée, ils ont promu des candidats, menacé la population de bloquer l'envoi de fonds, intimidé les gouvernements et les entrepreneurs en augmentant les tarifs douaniers, et utilisé leurs mécanismes de manipulation et de désinformation contre de larges secteurs de la population, en recourant à des techniques telles que le Big Data, les algorithmes des réseaux sociaux et des moteurs de recherche, et la dernière tendance qu'est l'utilisation de l'intelligence artificielle comme l'un de ces néfastes outils.

L'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures de dizaines de pays a été consignée dans divers livres, tels que ceux de William Blum (2005) et (2006), Guenther Roppel (2005) et Luis Suárez Salazar (2006), entre autres. Dans le cas brésilien, dès 1960, les militaires, sous la pression de l'ambassade américaine, ont exigé et obtenu le départ du président Quadros, qui, quelques mois avant d'être destitué, avait décerné la plus haute distinction, pour autorités étrangères, au Che Guevara. En 1964, ils donneraient un coup d'État au président Joao Goulart, peu après l'annonce de l'expropriation et de la redistribution des terres privées et de la nationalisation des raffineries de pétrole, et parviendraient à la destitution de la présidente Dilma Rousseff du PT, par le biais d'une procédure de destitution, en 2016.

D'autre part, le candidat ayant le plus de chances de disputer la présidence à Lula est l'actuel sénateur du Parti Libéral (PL), Flávio Bolsonaro. Digne fils de son père, l'ancien président Jair Bolsonaro, il s'est rendu à Washington pour rencontrer le secrétaire d'État, afin de planifier la campagne contre Lula, ce qui a abouti à l'application de tarifs douaniers de 50% sur d'importants produits provenant du Brésil, visant à affecter tout le peuple brésilien, dans l'intention de lui retirer son soutien au gouvernement de Lula. Quelques jours après cette visite, Rubio est venu déclarer que "le Brésil n'est pas un ami des États-Unis", ce qui visait à générer du malaise et de l'angoisse dans les classes moyennes et supérieures du pays.

Flavio Bolsonaro a également visité Tel-Aviv, cherchant le soutien de Netanyahou et a proposé de transférer l'ambassade du Brésil à Jérusalem, en cas de victoire aux élections. Le soutien sioniste est très important, car ils entretiennent des relations très importantes avec les grands groupes économico-financiers qui gèrent l'économie brésilienne et mondiale. Ils constituent également un soutien important dans le domaine technologique, possédant des ressources très sophistiquées pour la manipulation de la population et pour l'espionnage de tout type.

Par contraste, il faut rappeler que Lula a été déclaré persona non grata en 2024 par le gouvernement sioniste et a retiré son ambassadeur de Tel-Aviv.

La question de Jérusalem touche également les églises protestantes, dont beaucoup sont financées par le sionisme et, par conséquent, sont directement influencées par le sionisme, ce qui influe sur des millions d'électeurs brésiliens. Comme si cela ne suffisait pas, un nombre important de cadres du PL et d'autres groupes politiques soutenant Flávio Bolsonaro sont définis et clairement partisans du fascisme, militants de droite et militaires négationnistes des assassinats, disparitions et tortures commis par les dictatures, allant jusqu'à se définir eux-mêmes comme fascistes.

Il est également obligatoire de rappeler que les peuples, surtout les plus humbles, se lassent des positions indéfinies. Vouloir être bien avec les puissants et aussi avec les démunis, vouloir être bien avec Dieu et avec le diable, ne laisse généralement pas un bon rendement électoral. Sa position de confrontation avec Trump lui a permis de récupérer une partie de l'électorat qui s'était éloigné. Le Brésil est l'un des pays les plus inégalitaires de la planète et le PT et Lula lui-même doivent revenir à leurs racines et affronter les oppresseurs, les grands propriétaires terriens, les entrepreneurs corrompus, et revenir de manière décidée et catégorique aux côtés des ouvriers, des paysans, des indigènes, des classes moyennes basses et des pauvres, et ils parviendront certainement à récupérer une très bonne partie de la plus grande masse d'électeurs.

Il faut reconnaître au président Lula qu'il a sorti des millions de citoyens brésiliens de la pauvreté, qu'il a une ascendance dans les classes populaires et chez les travailleurs organisés, parmi les indigènes et les paysans sans terre. On dit qu'il travaille maintenant les secteurs évangéliques populaires, ainsi que la jeunesse et les travailleurs les plus déprimés, qui représentent une bonne partie de l'électorat.

Il est très peu probable qu'un des candidats remporte l'élection au premier tour du 4 octobre, c'est pourquoi les soutiens pour le second tour sont vitaux. Les militants décents du soi-disant "centrão", les gens de gauche modérée qui sont désenchantés et l'ultra-gauche qui ne veut pas de Lula parce qu'il n'apporte pas de changements majeurs, doivent faire un effort pour aider à vaincre la droite fasciste, sioniste et pro-impérialiste, ils doivent écarter les considérations mesquines et personnalistes et aider Lula à gagner avec une plus grande marge.

Bien que Lula ait opposé son veto à l'entrée du Venezuela dans les BRICS, ait méconnu le président Maduro en 2024 et ait agi de manière excessivement tiède face à son enlèvement ; bien que Lula n'ait pas soutenu Cuba avec du carburant et du pétrole brut, des actions qui ne lui ont pas attiré de partisans, mais au contraire lui en ont retiré, ce qu'il est encore temps de corriger, en corrigeant sa position et en assumant sa responsabilité dans ces aspects.

Lula doit gagner. Le contraire signifierait un grand recul, surtout pour le Brésil, le continent et le monde. Le Brésil doit contenir l'avancée de la Doctrine Monroe et son corollaire Trump, qui implique un néocolonialisme et un impérialisme des plus brutaux. Le Brésil doit être une partie importante des pôles de pouvoir qui doivent se former dans notre Amérique. Le fascisme n'est pas démocratique, le néocolonialisme n'est pas démocratique, l'impérialisme est exploiteur, suprémaciste et ne veille qu'à ses propres intérêts et doit être contenu et vaincu.

Nous espérons que le peuple brésilien et ses acteurs politiques sauront choisir le meilleur destin pour tous ses habitants actuels et à venir.

Les peuples sont sages et courageux, le peuple brésilien et ses dirigeants sauront le démontrer lors du prochain processus électoral.

Références

  • Blum, William. 2005. Asesinando la esperanza. Intervenciones de la CIA y del ejército de los Estados Unidos desde la Segunda Guerra Mundial. Editorial Oriente, Santiago de Cuba.
  • Blum, William. 2006. El Estado agresor. La guerra de Washington contra el mundo. La esfera de los libros, S.L., Madrid.
  • Roppel, Guenther. 2005. Estados Unidos. Intervenciones del poder imperial en cuarenta países del mundo. Ediciones Aurora, Colombie.
  • Suárez, Luis. 2006. Un siglo de terror en América Latina. Crónica de crímenes de Estados Unidos contra la humanidad. Ocean Sur, Australie.

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