Guerre économique : Les citoyens vont payer

Nouvelle hausse de 12,6% des tarifs réglementés du gaz dès le 1er octobre

Les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie vont une nouvelle fois bondir de 12,6% TTC au 1er octobre,  dans le sillage de la hausse des cours sur le marché, a annoncé le 27 septembre le régulateur. «Cette évolution résulte de la hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial qui se répercute sur les coûts d'approvisionnement du fournisseur de gaz Engie», explique la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Hors taxe, la hausse est de 13,9% et, dans le détail, de 4,5% pour les utilisateurs de gaz pour la cuisson, de 9,1% pour ceux qui ont un double usage (cuisson et eau chaude), et de 14,3% pour les foyers qui se chauffent au gaz, détaille la Commission.

Des augmentations répétées depuis le mois de juillet

Ces tarifs réglementés, remis à jour chaque mois, ont connu une série de fortes hausses récemment. Ils ont encore augmenté de 8,7% au 1er septembre, après plus de 5% en août et près de 10% en juillet.

Les cours du gaz sont à des niveaux très élevés en Europe en raison de divers facteurs : stockages bas, forte demande du gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie et incapacité de la Norvège et de la Russie d'augmenter leurs livraisons, souligne la CRE.

Néanmoins, la Russie estime de son côté  que la mise en service prochaine du gazoduc Nord Stream 2, conçu pour transporter quelque 55 milliards de mètres cubes de gaz par an depuis les champs gaziers sibériens en Russie à travers la mer Baltique vers l'Europe, devrait avoir une incidence positive sur les prix du gaz en Europe. «Il ne fait aucun doute que la mise en service la plus rapide possible de Nord Stream 2 équilibrera considérablement les paramètres de prix du gaz naturel en Europe», avait fait valoir le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un briefing téléphonique mi-septembre.

La demande est aussi tirée par la reprise économique mondiale, à la faveur de l'amélioration de la situation sur le front de la pandémie de Covid-19.

Les tarifs réglementés sont appliqués à environ trois millions de foyers, pour l'essentiel par Engie qui en détient le monopole sur la plus grande partie du territoire. Des entreprises locales de distribution (ELD) peuvent aussi en commercialiser dans certaines villes (Bordeaux, Grenoble, Strasbourg...). Leurs tarifs ont également été revus en hausse le 27 septembre.

Face à la forte hausse des prix du gaz -  mais aussi potentiellement de l'électricité l'an prochain - le gouvernement a récemment annoncé que près de six millions de ménages modestes bénéficieraient d'un chèque exceptionnel de 100 euros en décembre.

«Les prix de gros du gaz pour les produits futurs indiquent actuellement un maintien de ces niveaux de prix très élevés pendant l'automne 2021 et l'hiver 2021-2022, puis une baisse à partir du printemps et de l'été 2022, avant un retour à la normale pour l'année 2023», indique la CRE. Celle-ci dit travailler avec l'administration sur «des solutions pour passer l'hiver et profiter de la baisse des prix de gros prévue à partir du printemps».

 Lire aussi «Tout le monde en pâtit» : la prochaine hausse des prix de l'électricité irrite l'opposition

 francais.rt.com

 Commenter

Articles enfants plus récents en premier

Nouvelle hausse de 12,6% des tarifs réglementés du gaz dès le 1er octobre

Les prix explosent dans la bataille du gaz

par Manlio Dinucci.

L'explosion des prix du gaz frappe l'Europe au moment critique de la reprise économique, après les désastreux effets des confinements de 2020. L'explication selon quoi cela est dû à la croissance de la demande et à la chute de l'offre cache un cadre bien plus complexe, dans lequel des facteurs financiers, politiques et stratégiques jouent un rôle primaire.

Nouvelle hausse de 12,6% des tarifs réglementés du gaz dès le 1er octobre

Guerre mondiale du gaz : la fête ne fait que commencer !

Par Dmitry Orlov - Le 28 septembre 2021 - Source Club Orlov

Le prix au comptant du gaz naturel en Europe vient de franchir le seuil psychologiquement important de 1000 dollars par millier de mètres cubes, soit un dollar par mètre cube. Cela a déjà eu des conséquences importantes dans toute l'Europe. Au Royaume-Uni, les usines d'engrais ne peuvent pas fonctionner à de tels prix et ont fermé leurs portes.