01/01/2026 reseauinternational.net  7min #300502

 Les États-Unis «poursuivent» un troisième pétrolier vénézuélien dans une série d'actes de piraterie dans les Caraïbes

Venezuela : Que sait-on de la soi-disant attaque des États-Unis mentionnée par Trump ?

par Resumen Latinoamericano

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré lundi soir (29 décembre) que son pays avait mené à bien sa première attaque terrestre contre le Venezuela après des mois d'intenses hostilités en attaquant soi-disant un port utilisé pour le trafic de drogue. Mais cette attaque n'a pas été confirmée au Venezuela où commencent à surgir des rapports qui contredisent les affirmations du magnat étasunien.

«Il y a eu une grande explosion dans la zone du quai sur lequel on charge les bateaux avec des drogues», a déclaré Trump. «Nous attaquons tous les bateaux, et maintenant, nous attaquons la zone qui est la zone de déploiement (...) et elle n'existe plus», a-t-il ajouté.

Trump n'a pas précisé s'il s'agissait d'une opération militaire ou d'une opération de la CIA, l'agence centrale du Renseignement ni où a eu lieu cette attaque. Il a seulement dit qu'elle a eu lieu «au large des côtes» du Venezuela qui ont quelques 2800 km de long (environ la distance entre les côtes du Rio Grande et du Sud et de Bahia).

Le président des États-Unis a abordé ce sujet quand on lui a demandé de commenter une interview radiodiffusée vendredi dernier (26 décembre) dans laquelle il semblait reconnaître pour la première fois une attaque terrestre contre les cartels de la drogue au Venezuela.

«Ils ont une grande usine, ou une grande installation, d'où ils envoient, tu le sais, déjà, d'où viennent les bateaux», a dit Trump à la chaîne WABC de New York.

Des sources citées par les médias étasuniens comme CNN, ou le New York Times affirment que la CIA a mené à une attaque avec des drones contre une installation portuaires. Selon certains rapports, ces attaques n'ont pas fait de victimes, car le lieu était vide.

On a demandé à Trump s'il avait parlé à nouveau avec Maduro après l'appel téléphonique de novembre et il a répondu qu'ils avaient parlé «très récemment» mais que le dialogue n'avait «rien donné de significatif». Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Trump plaide pour un changement de gouvernement à Caracas qu'il accuse de naco-terrorisme, une accusation rejetée par les experts.

Ces derniers mois, les États-Unis ont envoyé environ 10 000 soldats et de nombreux équipements militaires, y compris des porte-avions, en mer des Caraïbes, près des côtes du Venezuela. Les Étasuniens ont déjà tuées plus de 100 personnes, la plupart du temps sans les avoir identifiés, dans quelques 20 attaques de petits bateaux en alléguant qu'ils transportaient de la drogue.

Des experts en droit international affirment que ces opérations constituent des exécutions sommaires et que la confiscation, ces dernières semaines, de 3 pétroliers vénézuéliens constitue aussi un vol selon la législation en vigueur. Dans ce contexte, une attaque contre un pays souverain serait le dernier acte illégal commis par le gouvernement Trump.

Scepticisme au Venezuela

Mais est-ce que cela a réellement arrêté ainsi ? Le vice-ministre de la politique anti-blocus du Venezuela, William Castillo, a écrit sur X peu après les déclarations de Trump que tout cet imbroglio «semble faux» bien que Caracas soit en train d'enquêter sur cette possible attaque.

Il n'y a de confirmation officielle de cette attaque présumée ni par la Maison-Blanche ni par le département de la défense et aucun détail n'a été publié. Cette nuit-là, effectivement, un incendie s'est produit dans les installations d'une entreprise chimique privée dans l'État de Zulia, à l'ouest du Venezuela. Ce fut un incident mineur, rapidement contrôlé, et qui n'a pas fait de blessé. L'entreprise a émis un communiqué et poursuit ses opérations, a déclaré Castillo.

«Ils veulent assumer la responsabilité de l'incident mais n'osent pas l'admettre ? Sommes-nous en présence d'un vieux truc avec un nouveau récit quelque chose comme : nous avons détruit les installations nucléaires de l'Iran ?» se demande-t-il.

«Personne ne pense que c'est le résultat d'un attentat», a affirmé le ministre.

L'entreprise mentionnée par Castillo est Primazol, qui a nié dans un communiqué avoir subi attentat et a affirmé que le 24 décembre s'était produit un petit incendie dans l'une de ses boutiques dans la région de Maracaibo.

«L'incendie a été contrôlé sans faire de blessé et nous rejetons catégoriquement les rumeurs malicieuses qui circulent sur les réseaux sociaux».

Dans un second communiqué diffusé ce 29 décembre, Primazol a fermement rejeté les versions qui circulent sur les réseaux sociaux concernant une soi-disant attaque : «Nous rejetons catégoriquement les versions qui circulent sur les réseaux sociaux et qui cherchent à porter atteinte au prestige de notre fondateur et de notre organisation. Nous précisons de manière responsable que ces affirmations n'ont aucune relation avec l'incident survenu et ne correspondent ni à une information officielle ni à une information vérifiée».

Carmen Navas, chercheuse à l'institut tricontinental du Venezuela a déclaré à Brasil de Fato que le gouvernement de Maduro «n'a pas fait de communiqué officiel» et que, par conséquent, il n'y a pas de confirmation d'un attentat comme celui que rapportent certains médias.

Il faut signaler que Trump n'a pas été plus explicite. Il a mentionné qu'il y a eu des attaques avant Noël et qu'elles ont impliqué des drones, a-t-elle dit.

«Cela signifierait qu'il essaie d'être cohérent avec ce qu'il a indiqué il y a quelques mois sur le fait d'autoriser les attaques, d'autoriser les actions de la CIA et d'autres méthodes, mais il n'évoque certainement pas l'attaque terrestre que les grands médias ont déformés pendant des semaine».

«Le président Maduro a activé tous les mécanismes diplomatiques, de l'ONU à la convocation de mécanismes régionaux et a demandé un dialogue diplomatique basé sur le respect avec le gouvernement de Donald Trump», conclut Navas.

Pourquoi n'y a-t-il pas d'images ?

Ana Maldonado, de la direction du Front Francisco de Miranda, un collectif qui regroupe divers mouvements populaires vénézuéliens, à expliquer à la presse que les déclarations du président des États-Unis suivent un scénario connu.

«Tout d'abord, Trump dit quelque chose d'énorme comme «nous avons détruit les bunkers», «le pétrole est à nous», ou «nous bombardons un trafiquant de drogue». Ensuite, les agences du Gouvernement des États-Unis et leurs opérateurs dans les médias créent un récit qui soutient cette affirmation absurde», explique-t-elle.

CNN publie les «détails de l'opération», le problème est qu'ils sont tellement négligents (ou peut-être cela n'a pas d'importance) qu'ils se trompent dans les dates, les lieux et les scénarios. Il s'agit de créer des réalités découlant de la doctrine Monroe, du «destin manifeste» et de la responsabilité de «protéger», dit-elle.

Maldonado signale aussi que le Venezuela a plusieurs moyens pour enquêter sur cette attaque présumée comme «des activistes, des dirigeants sur le terrain et des porte-parole officiels».

«L'ambiance est une ambiance de paix, d'alerte et de très fortes, préparation», conclut-elle.

Selon le professeur vénézuélien Miguel Jaimes, spécialiste en géopolitique pétrolière, la pression narrative des États-Unis évoque aussi le contrôle de la région des Caraïbes et du pétrole qui passe par cette mer.

«Le Venezuela fait partie des vastes, glorieuses et profondes Caraïbes. Le Venezuela est né de cette océan, et pendant des siècles à livrer une lutte permanente et constante pour avoir une présence significative dans cette zone importante», a-t-il déclaré à Brasil de Fato.

Jaimes d'aussi de la véracité, de cette attaque, et affirme que «toute personne avec un téléphone portable aurait pu filmer l'événement».

«Jusqu'à présent, cela n'existe pas. Cela n'a fait le tour donc réseau social. Si cette attaque avait réellement eu lieu, le monde en verrait des images en ce moment même», affirme-t-il.

source :  Resumen Latinoamericano via  Bolivar Infos

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