
par Eric Montana
Cette affaire révoltante démontre encore une fois que le droit international est piétiné par les génocidaires et leurs complices. J'avais envie d'exprimer ma colère mais j'ai préféré dans un premier temps, aborder l'aspect politique et les conséquences géopolitiques de cette nouvelle agression américaine. Trump qui prétend au Prix Nobel de la Paix mérite largement le Prix Nobel de la Guerre. Cette marionnette sioniste obéit à ses maîtres donateurs...
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Affaire Maduro : quand l'annonce d'une arrestation extraterritoriale précipite une crise majeure du droit international
L'annonce publique faite par Donald Trump, affirmant que le président vénézuélien Nicola Maduro aurait été arrêté puis extradé vers les États-Unis, a provoqué un choc diplomatique mondial immédiat.
Qu'elle soit totalement, partiellement ou ultérieurement infirmée, cette déclaration marque déjà un basculement politique et symbolique majeur.
Car si un tel acte était confirmé, il constituerait une rupture sans précédent du droit international contemporain : l'arrestation unilatérale d'un chef d'État en exercice, hors de tout mandat international, hors de toute décision multilatérale, et en violation directe des principes fondamentaux de souveraineté.
Une remise en cause frontale des principes fondateurs du droit international.
Le droit international repose sur quelques piliers essentiels :
- l'égalité souveraine des États,
- la non-ingérence dans les affaires intérieures,
- l'immunité des chefs d'État en exercice,
- le règlement pacifique des différends.
Une arrestation extraterritoriale, décidée et exécutée par un seul État contre le dirigeant d'un autre État souverain, anéantirait ces principes et consacrerait un droit de capture fondé non plus sur la loi, mais sur la puissance.
Il ne s'agirait plus d'un ordre international fondé sur des règles, mais d'un système de justice asymétrique, où certains pays s'arrogent le droit de juger et de neutraliser les dirigeants d'autres nations.
La réaction de la Russie : une ligne rouge clairement tracée.
La Russie a immédiatement exigé la libération de Nicola Maduro, qualifiant l'opération annoncée d'illégale et assimilable à une politique d'enlèvement. Cette réaction dépasse largement le cadre du soutien bilatéral au Venezuela.
Elle exprime une position de principe : accepter un tel précédent reviendrait à admettre que plus aucun dirigeant n'est protégé par le droit international. Ce message est entendu bien au-delà de Moscou.
Analyse prospective : conséquences géopolitiques mondiales 1. La Chine : retenue diplomatique, inflexion stratégique
La Chine devrait éviter l'escalade verbale, tout en rejetant clairement toute juridiction extraterritoriale unilatérale.
Pour Pékin, ce précédent est dangereux : aujourd'hui Caracas, demain un partenaire africain, asiatique ou un dirigeant opposé aux intérêts occidentaux.
Cette affaire accélère la volonté chinoise de :
- renforcer un monde multipolaire,
- réduire la dépendance aux mécanismes juridiques internationaux,
- promouvoir des cadres alternatifs de règlement des différends.
2. Les BRICS : sortie progressive de l'ambiguïté
Les BRICS sont directement concernés.
Même les États traditionnellement prudents comprennent qu'un tel précédent menace tous les gouvernements non alignés.
Une condamnation collective, même mesurée, deviendrait un acte fondateur : celui d'un refus explicite de la justice de puissance.
3. L'Amérique latine : mémoire et inquiétude
Pour l'Amérique latine, cette annonce réveille une mémoire douloureuse : interventions, coups d'État, arrestations arbitraires, souverainetés piétinées.
L'arrestation annoncée d'un président en exercice alimente la crainte d'un retour assumé des méthodes impériales, au mépris des urnes et du droit.
source : Eric Montana